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Le monde de Harry Potter vu par ses fans dix ans après, les livres, les films et leurs acteurs... Un blog principalement consacré aux fictions écrites sur le monde de JK. ROWLING et ses personnages.
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20-03-2010

Chapitre XXVIII. HARRY POTTER ET LE PACTE D'AMOUR.

Chapitre XXVIII. TOULOUSE





Une relation épistolaire s'en suivit entre les garçons et leur amoureuse mais aussi entre les deux garçons qui y faisaient de fréquentes allusions dans leurs missives à la belle. Les garçons revinrent à Toulouse pour le Noël suivant, puis pour les vacances de printemps. Ils étaient très complices et manifestement ça ne plaisait pas toujours à Ambre. Pierre-Marie et Ambre échangèrent leur premier baiser, puis leurs premières caresses décrites avec précision par la jeune fille qui découvrait le désir et les premiers émois... Vint le départ et Pierre-Marie ne s'était pas déclaré au grand dam de la damoiselle. Les derniers au revoir entre les deux garçons se passèrent en toute discrétion et Draco partit sans un regard pour la jeune fille.

La fin du mois d'avril arriva et avec elle, un grand malheur dans le castel rose du bord de Garonne. Le père de ses deux amies eut un accident de chasse et leur frère revint pour assister aux obsèques et mettre les affaires de la famille en ordre. Pierre-Marie accompagnait son meilleur ami. Pressé par son ami Michel de se déclarer, il offrit à la jeune fille une bague double qu'ils se passèrent mutuellement au doigt. Si il lui parla d'amour, il ne lui dit rien du pacte du même nom, comme Draco ne lui avait pas parlé de son serment sorcier de lui consacrer sa vie.

Les jeunes amoureux découvraient l'amour charnel et bientôt le pas du non retour fut franchi et le pacte consommé. Leur entourage parla autour d'eux, les anneaux furent identifiés et les parents moldus de la jeune fille prévenus non du pacte mais de l'inconduite de leur fille. Ils la fiancèrent au jeune homme enchantés qu'il veuille encore de celle qui s'était laissé souiller. Quand le jeune Black revint de Cambridge, tout était irrémédiablement accompli. Celui qui était devenu son amant deux mois auparavant et celle à laquelle il avait promis sa vie étaient unis jusqu'à la mort.



Jim referma le carnet en regardant Hermione pâle.

  • Il y a à la fois tant de points communs et tant de différences, murmura-t-elle.

  • ...

  • Quand Draco m'a passé l'anneau du pacte d'amour, il ne m'a pas dit que ça m'engageait jusqu'à la mort. Il a hésité, il s'en est voulu, mais il n'a rien dit. Il m'a expliqué qu'un lien nous lierait toute notre vie qu'il irait s'amplifiant ainsi que nos pouvoirs mais pas que si l'un des deux mourrait l'autre avait de grandes chances de le suivre.

  • Dray?

  • Oui! Mais contrairement à Ambre je savais. On ne m'appelle pas pour rien miss-je-sais-tout! J'avais étudié assez de magie noire et de magie ancienne que pour bien reconnaître les anneaux. Et c'est consciente de ce que je faisais que je me suis liée à lui. J'avais tellement peur de le perdre, lui que j'aimais, que j'attendais depuis deux ans, tellement! Mais il y avait Sylas. Lorsqu'il m'a dit qu'il m'aimait tout a changé, insidieusement. Il m'avait soutenue au milieu de ma tourmente, nous avions passé des moments ensemble qui m'étaient précieux entre tous... Lui non plus je ne voulais pas le perdre!

En déclarant son amour devant Draco, il me réclamait comme sienne et une partie de moi l'était irrémédiablement. J'aimais deux hommes à la fois d'un amour différent l'un avec passion, emportement, l'autre d'un amour immense, tranquille presque reposant. Ils s'équilibraient, ils m'équilibraient. Ils étaient toute ma vie et maintenant je les perds.

Hermione mordit sa lèvre inférieure dès qu'elle eut laissé échappé ses derniers mots. Jim osa saisir sa main doucement.

  • Tu ne les perds pas Mione. Dans l'amour il y a des hauts et des bas mais il est encore et toujours là. Tu vis avec chacun un amour différent, ils vivent ensemble aussi un amour différent et c'est ce que tu n'arrives pas à admettre. Ils t'aiment mais ils s'aiment. Ils ont du plaisir à être ensemble, à faire l'amour ensemble mais ils sentent ton rejet et ça les éloigne de toi. Tu leur demandes ce que tu es incapable de leur donner. C'est toi qui t'éloignes pas le contraire.

  • Je vois que tu as discuté avec eux.

  • Non, c'est inutile. C'est inscrit dans vos gestes et dans vos regards.

  • Je sais que c'est moi qui ai provoqué cette situation mais elle me dépasse.

  • Ne crois pas que c'est uniquement toi qui vous a menés là! On n'aime pas sans affinités, Mione. Il y avait à la base entre eux ce petit je ne sais quoi qui les attirait l'un vers l'autre. Ces atomes crochus que l'on sent et auxquels on ne peut résister même si on sait que ce n'est pas bien, même si on sait que c'est perdu d'avance... J'ai vu dans la pensine à Cambridge le souvenir que Harry avait de vous en train de soigner Sylas. Draco était déjà fou de lui, quelque chose me dit qu'à ce moment là tu le savais déjà et que tu n'as pas voulu le voir parce que ça te faisait peur.

  • ...

  • Vous avez la chance unique que votre amour soit partagé par les personnes que vous avez choisies! Plus ils avancent plus ils le réalisent, plus ils avancent plus tu l'oublies.

  • Que ressens-tu pour Harry?

  • Il est ma vie!

  • Un peu cliché tu ne trouves pas?

  • Peut-être, mais tellement vrai. Je suis tombé amoureux de son regard au premier coup d'œil, pas uniquement de ses émeraudes, de ce qu'il y a derrière. Vous m'avez dit qu'il était hétérosexuel et que je n'avais aucune chance, je l'ai pris pour argent content et j'ai ignoré les regards qu'il posait sur moi les attribuant à la curiosité. Quand nous sommes sortis avec George au Chemin-de-Traverse, nous sommes entrés ensemble dans cette boutique de bonbons. Il en a rempli un gros sachet, l'a payé puis l'a mis dans mes bras en me disant qu'il me donnait une partie de son enfance. Ça en était fait de moi, j'étais irrémédiablement amoureux fou. J'ai rendu les armes avant même de commencer le combat. J'attendais avec une impatience folle ses coups de fil, les occasions de le voir même si je croyais que ça ne mènerait à rien... Puis il y a eu cette dispute entre Draco et lui à Astor's Lodge où je lui ai fait comprendre que pour lui j'acceptais de rabrouer Draco, de perdre éventuellement son amitié naissante mais qu'il avait intérêt de son côté à respecter mes sentiments...

  • ...

  • A aucun moment, je ne l'ai regretté. Le chemin ne sera pas facile, je le sais mais il a besoin de moi pour l'affronter et j'ai besoin de lui pour vivre.

  • Tu estimes l'aimer plus que lui ne t'aime?

  • Non. Je ne sais pas pourquoi tout le monde veut toujours quantifier l'amour. Tu peux mesurer le tien?

  • Comment peux-tu être sûr?

  • On ne l'est jamais totalement. Il y a toujours une partie de nous qui doute, c'est cette incertitude qui nous pousse à séduire l'autre perpétuellement.

  • Tu as peur qu'il ne t'aime pas assez?

  • Non! Malgré la Loge sorcière, malgré les dires de Dean, malgré tout ce qui nous sépare, j'ai confiance en lui parce que c'est Harry, parce qu'il ne peut pas être autrement. Tous les jours il me le prouve. Il veut officialiser notre relation après la nomination de Lucius. C'est une idée à lui, je n'ai rien demandé.

  • Il a menti à Ginny. Il a menti à Mara.

  • Je ne suis pas d'accord avec toi. Il a aimé Ginny, différemment, autant qu'il pouvait aimer une femme c'est-à-dire sans être ému plus que ça par son corps. Il n'avait pas encore réalisé son inclination pour les hommes ou avait refusé de l'admettre...

Mara il n'y a rien eu entre eux, beaucoup en façade pour éloigner Ginny. Elle a fait le reste toute seule.

  • Qu'est-ce que la Loge sorcière?

  • Une société secrète qui veut rétablir la suprématie des sang-pur et d'une famille rejetée depuis plus de soixante ans mais dont, pas plus que Harry, je ne sais le nom.

  • Une famille rejetée depuis soixante ans? Je n'en vois qu'une et si c'est ça, c'est très sérieux Jim car c'est une famille qui a compté dans le monde sorcier! Il faudra en parler tantôt.

Ça te dit d'aller prendre un verre? Ils nous attendent à une terrasse du Paris sorcier.

  • Oui, juste le temps de me changer.

  • Moi aussi! On se retrouve ici dans dix minutes.





Un quart d'heure plus tard, ils atterrissaient au centre de transplanage du Paris sorcier. Hermione suivit les instructions de Draco et en dix minutes ils atteignirent la terrasse.

Jim posa brièvement sa main sur l'épaule de Harry en passant avant de s'asseoir à ses côtés. Mione s'installa entre son meilleur ami et Draco, Sylas jouait avec Teddy sur ses genoux .

  • Vous avez découvert des choses intéressantes?

  • Inattendues plutôt.

  • ...

  • C'est traumatisant au point de ne pas vouloir en parler.

  • Je crois que c'est à Mione d'expliquer.

  • Non! Vas-y.

  • Le plus perturbant à savoir ce sont les noms des alliés : la jeune Ambre de Noailles âgée de seize ans a conclu un pacte d'amour avec Pierre-Marie, sorcier de sang pur et futur comte de Saint-Maur et Draco Black sorcier de sang pur a fait le serment de la protéger toute sa vie.

Sylas et Draco se regardèrent ahuris de ce qu'ils venaient d'entendre.

  • Tu veux dire que l'histoire se répète trois siècles après?

  • Oui, à la fois semblable et différente. Nous avons fait un résumé du premier carnet.

  • TU as fait un résumé, rectifia Hermione.

  • Ce n'est pas moi qui ai pris les notes!

  • Non, c'est la plume à papote! s'exclama Hermione en riant.

Hermione esquissait en traits rapides l'histoire des trois amoureux. Jim sirotait son café les yeux dans le vague, rêveur. Le fait que Draco ait passé la bague du pacte d'amour à Mione sans lui dire à quoi ça l'engageait réellement l'avait profondément choqué. Ça ne correspondait ni à l'idée qu'il se faisait de celui qui devenait son ami et ni à celle de Sylas qui aimait celui qui avait piégé sa mie. Il avait envie d'en parler avec Harry.

  • Il y a un problème mon amour? lui souffla ce dernier.

  • Non! Juste quelque chose dont je voudrais discuter avec toi même si ça ne nous concerne pas.

  • D'accord. Tu essayes d'être avec nous pour le moment? Je n'aime pas quand tu t'éloignes comme ça, j'ai l'impression de ne plus exister pour toi.

Jim sourit à son amour qui faisait son possible pour lui livrer ses pensées comme il le lui avait demandé.

  • J'aimerais te prendre contre moi pour te prouver que je suis bien là, mais le monde sorcier parisien n'est ni Montmartre ni Saint-Germain des Prés, lui souffla-t-il un peu moqueur, et risquerait de s'en offusquer.

Il se tourna vers les autres pour suivre leur conversation. Ils auraient voulu dîner dans un restaurant mais n'ayant pas prévenu Françoise qui devait déjà avoir fait les préparatifs du repas, ils rentrèrent à l'hôtel.

Après le repas, ils se réunirent dans le petit salon pour se blottir dans les grands canapés modernes qui maintenant le meublaient. Harry avait vu un échange de regards entre Hermione et Jim qui semblait intimer un ordre à leur amie. Elle alla se lover contre Draco, attirant Sylas tout contre elle retrouvant ses gestes amoureux du début du pacte où c'était elle qui servait de trait d'union à ses deux hommes.

Jim sourit, il tira Harry vers le canape le plus proche de la cheminée, il s'y assit et attira Harry qui se retrouva couché la tête sur les genoux de son amant qui lui caressait les cheveux. Mione les regardait faire, elle se rappelait ses questions de l'après-midi et les réponses du garçon qui aimait l'Elu d'un monde qui n'était pas le sien et qui avançait pourtant serein, fort de son amour. Elle était persuadée qu'il lui avait répondu sincèrement.

Son ami avait tellement changé depuis qu'ils étaient ensemble. Jamais Ginny n'avait eu cette importance, cette influence sur lui. Dès que Jim n'était pas à ses côtés, il semblait le chercher, mais quand il était contre lui comme maintenant il affichait une plénitude indescriptible. Il n'arrivait pas à se passer de le toucher, comme si il ne réalisait pas que c'était bien lui que le jeune moldu aimait. Même elle n'avait jamais ressenti ça envers Draco ou Sylas.

Harry souriait intérieurement. Jim devait passer l'après-midi avec Hermione pour se rapprocher d'elle afin qu'elle ne soit plus jalouse de lui. Là il semblait que la conversation entre eux ne se soit pas cantonnée à des banalités, ils devaient avoir parlé de leurs amours. Que Jim avait-il dit d'eux? Il aurait aimé le savoir. Il commença avec lui une suite de chuchotements...

  • J'ai l'impression que vous avez beaucoup parlé Hermione et toi.

  • Non, mais on a dit des choses essentielles.

  • Tu as parlé de nous?

  • Oui, elle m'a demandé ce que tu étais pour moi.

  • ...

  • Je lui ai dit que tu étais ma vie, elle n'a pas accepté, elle m'a dit que j'utilisais un cliché... Alors je lui ai expliqué comment j'étais tombé amoureux de toi. Je crois qu'elle a accepté de croire que je t'aime.

  • Et elle a accepté que je t'aime plus que tout?

  • Nous n'en avons pas parlé, mais ça viendra...

  • De quoi voulais-tu me parler tantôt?

  • Du pacte d'amour et de Draco. Hermione m'a raconté qu'il ne lui avait pas tout dit avant de lui passer l'anneau au doigt et ça m'a choqué! Je ne le voyais pas comme ça.

  • Il n'est pas comme ça Jim. Il avait peur, tout a été si vite, il croyait devoir la conquérir, elle l'attendait et lui a donné bien plus qu'il ne demandait dès le jour de la rentrée. Après il avait peur de la perdre, pour la première fois de sa vie, il était heureux. Tu l'as entendu parler d'Azkaban, il en sortait, son père y était. Il était perdu. L'ordre du Phénix exigeait de fausses fiançailles pour une mission, il en a voulu des vraies... Il cherchait une bague, il est tombé sur les anneaux du pacte et instinctivement, il les a pris.

Je le connais mieux qu'il ne le croit. Je sais ses peurs nocturnes, je sentais l'odeur aigre de ses terreurs qui suintait de sa peau quand j'allais le réveiller le matin, je voyais ses yeux remplis d'orage. Hermione malgré tout son amour n'en a jamais rien deviné et lui n'en a jamais rien laissé paraître. Avant elle dormait blottie entre les deux, elle se plaint que Sylas et Draco se retrouvent toujours le matin dans les bras l'un de l'autre, même si ils ne la laissent jamais à l'écart l'un des deux dormant encore tout contre elle.

  • Sylas a compris...

  • Oui, je suis certain que c'est lui qui conjure les démons de Draco nuit après nuit. Depuis qu'il dort contre Sylas, je ne lui ai jamais plus vu cette expression tourmentée.

  • J'espère qu'Hermione ne le saura jamais.

  • Oui je sais que le fait qu'il partage ce secret tellement important à deux seulement...

  • Elle ne l'a jamais su à travers le lien?

  • Non... ou alors elle a cru à un simple cauchemar.

  • Il a parlé de prisonniers qui avaient tenu douze ans à Azkaban?

  • Il s'agit d'un prisonnier et c'était mon parrain, Sirius Black, mais à ce moment là les détraqueurs servaient de gardiens, c'était l'enfer... Tu te rappelles, je t'en ai parlé... Je suis un des seuls à savoir comment il a tenu, Sirius était animagus, les détraqueurs perçoivent les choses mais ne les voient pas! Il se transformait en animal, ces immondes créatures percevaient sa présence mais ne pouvaient aspirer les sentiments d'espoir et d'amour qu'il avait.

Ne crois pas que Draco soit faible. Quant il est entré à Azkaban, il était déjà dans un sale état psychique. Il a très bien tenu le coup.

  • Tu l'aimes beaucoup...

  • Oui, tout comme Hermione et Sylas, bien que je me sente moins proche de ce dernier, mais je l'estime énormément. Il est le plus solide du trio.

  • ...

  • Jim?

  • ...

  • Tu es jaloux?

  • Un peu...

  • Il ne faut pas, c'est uniquement de l'amitié, fit Harry en attirant la main de Jim et en posant un tendre baiser au creux de sa paume provoquant un frisson dans tout le corps de son amant.

  • Ils feront un redoutable tandem en politique.

  • Oui! Dommage qu'ils veuillent tous les deux faire médicomagie. Il leur manquera beaucoup quand ils seront aux commandes de notre monde.

  • Peut-être devrais-tu leur parler.

  • Qui suis-je pour ça? Je me suis fait manipuler pendant des années pour le bien du monde sorcier! Il n'est pas question que j'aie ce manque de respect envers eux.



  • Harry?

  • Oui, Mione?

  • Jim m'a parlé de la Loge sorcière. Tu n'as pas jugé bon de nous mettre au courant?

  • En fait, c'est un peu prématuré car je ne sais pas grand chose. C'est Aymeric qui m'en a parlé en premier. Il a surpris une conversation entre son oncle et sa tante, il en ressort que le premier fait partie de cette Loge sorcière qui est censée rendre aux sang-pur la place qui soi-disant leur revient.

  • Qui est à la tête de ça?

  • Je n'en sais rien... je ne sais pas non plus si c'est la faction d'Ombrage ou une autre... Je me suis toujours dit qu'elle avait l'air très bien organisée et que pourtant lorsqu'elle était directrice de Poudlard en cinquième année, elle n'avait pas l'air particulièrement intelligente. L'idée qu'il y avait quelqu'un derrière tout ça m'est venue plusieurs fois.

  • Tu sais que la seule famille mise au ban de la société sorcière depuis soixante ans c'est celle de Grindelwald?

  • Il est mort l'année dernière, tué par Voldemort à Nurmengard.

  • Oui mais certainement pas ses descendants.

Tu as vu l'oncle d'Aymeric?

  • Non! Je lui ai demandé l'autorisation d'emmener le garçon à Pré-au-lard par hibou. J'avais l'intention d'aller le voir mais je n'ai pas encore eu le temps. Je le ferai cette semaine.

  • Tu n'iras pas seul te jeter dans la gueule du loup! fit Jim.

  • Tu viendras avec moi avec mon grand.

Hermione regarda son ami avec stupéfaction mais aussi appréhension, car elle savait qu'il allait peu apprécier son intervention.

  • Tu es sûr que tu dois emmener ton amant moldu chez un sang-pur qui lutte pour rétablir la suprématie de ceux-ci?

  • Hermione, je vais oublier avoir entendu cette phrase.

  • Tu es l'héritier de Salazar Serpentard.

  • Et? fit-il sèchement.

  • Tu ne dois pas le perdre de vue, il prônait lui aussi la supériorité des sang-pur.

  • Ce n'est pas mon cas, tout le monde le sait, d'ailleurs je suis moi-même un sang mêlé. Ça n'aurait pas de sens.

  • Ce sera considéré comme une provocation, tu n'obtiendras rien ainsi, ni renseignement, ni autorisation de t'occuper d'Aymeric.

  • Nous irons avec eux! intervint Draco, autant pour établir la légitimité de Harry que pour les protéger.

  • Vous ne comprenez pas ...

  • Ce n'est pas en se pliant aux anciennes utopies qu'on va faire avancer quoi que ce soit, intervint Sylas.

Hermione se voyant en minorité se tut. Les garçons avaient manifestement décidé de faire corps avec Harry.

  • Il faut aussi que j'aille voir Albus pour lui demander si Grindelwald a eu des enfants ou des descendants quelconques.

  • Tu crois que c'est une bonne idée d'aller lui demander si son grand amour de jeunesse a eu après lui une femme et une famille?

  • Mione? Tu as décidé de critiquer tout ce que je veux faire?

  • Mais je ne critique pas! On discute seulement.

  • Je crois que dans ce cas ci il faudra qu'il fasse abstraction de ses sentiments pour me parler de Gellert et de sa vie. Ça me semble assez important que pour troubler ses souvenirs.

  • Le fait qu'il n'ait jamais voulu en parler ne te gêne pas?

  • Si, Mione ça me gêne! Si! Et tu le sais! Il fut un temps où ça a fait plus que me gêner... Et ça aussi tu le sais! Tu as une autre solution?

  • ...

  • Alors on argumente pour rien! A part me faire culpabiliser, je ne vois pas le but de cette discussion.

Pour parler avec Hermione, il s'était redressé à côté de Jim. Celui-ci le sentait trembler contre lui. Doucement il passa son bras derrière lui, entoura sa taille, Harry se retrouva le dos appuyé contre le flanc et la poitrine de son amour qui avait posé sa joue contre ses cheveux. Il poussa un gros soupir.

  • Viens, fit-il à Jim tout en se levant et en le tirant vers la sortie.



  • Je ne te comprends pas Mia. Tu savais que pour Harry le sujet de Grindelwald et de ses idées était difficile, tu n'aurais pas pu éviter de mettre de l'huile sur le feu?

  • ...

  • Tu sais que ça a mis le doute dans son cœur en ce qui concernait Albus. Il ne faut pas perdre de vue que Grindelwald n'avait que seize ans alors que son amant en avait dix-huit, je ne suis pas sûr que ce soit le premier qui ai entraîné le second. Harry croyait Albus parfait et à travers son amour pour Gellert il l'a trouvé vil. Il a demandé à Harry dès ses onze ans de ne jamais faire d'erreur de jugement, alors que lui à dix-huit faisait les mêmes que les mangemorts... Il a compris qu'il s'était laissé manipuler par Albus depuis des années. Si il n'a pas douté de son idéal, il s'est retrouvé orphelin une fois de plus et tu sais qu'il en a eu de la peine, tu étais avec lui. Moi-même quand je vous ai vu au manoir lors de votre chasse aux horcruxes, j'ai su qu'il y avait un gros problème. Le mal que j'ai lu dans ses yeux ce jour là m'a hanté...

  • Mais vous étiez ennemis! Je ne comprendrai jamais le lien qui vous unit... Je ne sais plus si c'est de la haine ou déjà de l'amour!

  • Ce n'est ni l'un ni l'autre, soupira Draco, c'est beaucoup mieux que ça. C'est un sentiment d'amitié, de respect mutuel qui s'est forgé au fur et à mesure des années et de nos évolutions... Si nous ne pouvions pas nous comprendre il y a huit ans, là nous sommes frères. Nous nous connaissons tellement bien. Nous avons vécu des choses bien plus semblables qu'il n'y parait. Une chose est sûre c'est l'importance que nous avons pour l'autre.

  • Je n'ai pas voulu le blesser.

  • Alors fais attention! Ta tirade sur son amant moldu n'était pas non plus agréable. Je ne l'ai jamais entendu te dire d'éviter de sortir avec le fils d'un mangemort, au contraire il a toujours tout fait pour nous épauler.

  • ...

  • Tu as discuté avec Jim et je suis sûr que tu sais sa sincérité. Harry est heureux avec lui et ce bonheur il le mérite plus que n'importe qui!

Les yeux d'Hermione passèrent du visage enfiévré de Draco à celui de Sylas qui lui adressa un tendre sourire triste, manifestement il était d'accord avec Dray.

  • Oui j'ai discuté avec Jim, oui je sais qu'il l'aime... Mais il y a leur amour et il y a l'avenir du monde sorcier.

  • Il n'en a pas encore fait assez? Pour Voldemort, il y avait une prophétie qui disait qu'il était le seul à pouvoir le tuer, il n'a pas eu le choix, il a fait ce qu'on attendait de lui, allant jusqu'à se résigner à mourir. Il y en a une autre qui dit qu'il va devoir nous aider... Là encore, il n'a pas hésité. Mais vous attendez qu'il règle tous vos problèmes et lui, il devient quoi dans cette histoire? Pire que ça quand il s'en occupe parce qu'on ne lui a jamais appris que cela, se dévouer pour nous tous, vous vous permettez de critiquer ses décisions dès qu'il essaie de concilier sauvetages sorciers et vie privée.

  • Dray, fit Sylas doucement, calme-toi mon amour.

  • Il doit épouser une sang-pur et lui faire une tripotée de marmots et être malheureux le reste de sa vie pour répondre à l'image du Sauveur du monde sorcier? Hétéro cent pour cent, bon mari et bon père? Passant au mangenmagot le plus de temps possible pour ne plus affronter sa vie privée? C'est ça que tu veux pour ton ami, Mia?

  • Tu sais bien que non, Dray, soupira Hermione. J'aime Harry autant que toi.

  • Quand je t'entends parfois je me le demande.

  • J'ai juste donné mon avis. Que veux-tu de moi?

  • Que tu le soutiennes dans sa quête du bonheur comme lui le fait pour nous.

Sylas caressait le creux des reins de Dray d'un geste doux et sensuel, il savait comment l'apaiser. Pendant ce temps, il communiquait par le lien avec Mia. Il trouvait Dray un peu excessif mais quand il s'agissait de Harry c'était souvent le cas et Hermione lui semblait, pour le moment, un peu intransigeante dès qu'il s'agissait du même gryffondor. Lentement Sylas les conduisit vers la symbiose et l'aura lumineuse ne tarda pas à les entourer. Sa puissance de concentration était devenue telle qu'il suffisait seul à cette tâche. Ils restèrent là blottis dans leur cocon pendant plus d'une heure avant d'aller dormir.



Ils se levèrent le lendemain assez tard, quand ils descendirent déjeuner, il n'y avait pas trace de leurs amis et leurs couverts étaient déjà débarrassé.

  • Françoise?

  • Oui Monsieur le comte?

  • Où sont Messieurs Harry et Jim?

  • Ils sont partis il y a environ une heure, ils vous ont laissé un mot, répondit la gouvernante en prenant un parchemin sur la cheminée.

Sylas se mit à lire puis le tendit à Draco. Ils échangèrent un simple coup d'oeil, Draco tendit le rouleau à Mia.

  • Nous serons là dès que possible.

Hermione les entendit se précipiter à l'extérieur pour transplaner. Une demi-heure plus tard, ils donnaient le mot de passe en bas de l'escalier menant au bureau de la directrice. Harry était en grande discussion avec Albus dans son cadre. Minerva était absente.

  • Bonjour jeunes gens.

  • Bonjour Albus.

  • Donc en résumé Gellert à ma connaissance n'a pas de descendant direct. Il avait deux sœurs toutes les deux étaient restées en Allemagne. Tous les trois sont allés à Durmstrang mais je n'en sais pas plus. Gellert et moi avons correspondu pendant environ trois ans après qu'il soit parti. Au début je ne répondais pas à ses lettres mais il était tellement dépressif. Une de ses sœurs avait été promise à un sorcier sang-pur français, l'autre était plus jeune que lui. Elles ont arrêté tout contact avec lui lorsqu'il a été incarcéré à Nurmengard. Je crois savoir qu'il avait des neveux qui ne portent pas son nom et aussi un filleul. Pendant les cinquante trois ans qu'il est resté emprisonné il n'a jamais eu de visite. Les seules lettres qu'il ait envoyées m'étaient adressées et les seules qu'il ait reçues étaient les miennes. Si il a de la descendance quelque part elle ne porte plus le nom de Grindewald.

  • Merci, ça va nous aider beaucoup dans nos recherches.

  • Vous avez fini votre conversation ? Car voilà l'oncle d'Aymeric.

  • Juste encore une phrase Minerva!

    Albus, la personne qui pourrait être à la tête de cette Loge est ce sorcier, pouvez-vous l'observer?

    Draco, je n'ai pas besoin de te demander de te plonger dans les petits secrets de cet homme?

  • Je ferai de mon mieux.

  • Nous allons essayer de faire durer l'entretien le plus longtemps possible pour te laisser le temps.

  • Entrez Monsieur Mac Dowell, asseyez-vous.

Minerva introduisit un sorcier d'apparence plutôt chétive. Sa façon de se tenir voûté les épaules baissées renforçait cette impression. Vêtu d'une robe de sorcier noire classique de bonne facture mais sans personnalité, il n'était pas quelqu'un sur qui le regard s'arrêtait.

    Je vous présente Harry Potter, Draco Malefoy, Sylas Van Neeren et Jim Spencer.

  • J'ignorais que le fait de vous parler de mon neveu allait provoquer autant d'intérêt.

  • Je suis ici en tant qu'héritier de Serpentard, je m'intéresse à votre neveu, c'est un jeune sorcier qui promet.

  • Et vos amis?

  • Messieurs Malefoy et Van Neeren sont les plus sages et les plus âgés de la maison serpentard.

  • Et Monsieur Spencer?

  • C'est mon compagnon, fit Harry en fixant le sorcier.

  • Je vois.

    Madame la Directrice, je voudrais qu'Aymeric vienne avec moi aujourd'hui, je voudrais lui faire visiter Durmstrang, j'aimerais qu'il change d'école dès la rentrée prochaine.

  • Ne croyez-vous pas que l'intérêt de cet enfant déjà déstabilisé par la mort de ses parents est de rester dans un milieu qui lui convient, il a de très bon résultats ici. Il a la chance de parler couramment anglais et ...

  • Votre école est trop laxiste et trop encline à faire la part belle aux sang-mêlés et aux nés-moldus, je préfère une école plus rigoriste. Nombre de sorciers sang-pur vont suivre mon exemple.

  • C'est en effet une doctrine qui a fait ses preuves sous Voldemort, puisqu'elle nous a plongé dans la guerre civile pendant sept ans, intervint Harry railleur, quel dommage que ce sang-mêlé soit six pieds sous terre!

  • Les sorciers de serpentard y réfléchiront à deux fois avant de renier leur maison et son Héritier, fit Sylas, encore plus si celui-ci est aussi l'Elu.

  • Encore faut-il qu'il reconnaisse celui-ci en tant que tel! Un sang-mêlé et un Gryffondor!

  • Ils n'ont pas tellement le choix, la baguette d'ébène a choisi son sorcier et le nouvel héritier. Nul autre que lui ne peut s'en servir.

Harry posa sur le bureau, entre lui et Mac Dowell, la baguette d'ébène, regardant le sorcier au visage chafouin. La seule chose qui se ressortait de ce visage banal au nez camus était un paire d'yeux d'un bleu limpide, perçants, impérieux mais gâchés par l'expression cruelle qui les traversait par instants... En ce moment le sorcier sondait l'âme de Harry qui le regardait en face sans provocation mais fièrement.

  • Voulez-vous essayer?

  • C'est inutile, je n'ai aucune parenté avec Salazar Serpentard. Les maisons de Poudlard et leur histoire m'intéressent que peu j'ai fait mes études à Durmstrang.

  • Vous avez un léger accent, vous êtes originaire d'Europe du nord?

  • En effet.

  • Pourquoi avez-vous mis Aymeric à Poudlard dans ce cas?

  • Pour une question de facilité.

  • Et aussi parce qu'il n'est pas un sang pur, termina Sylas. Son grand père paternel est un noble français avec un nom prestigieux et une grosse fortune mais né-moldu. Votre sœur a épousé un sang mêlé.

Le sorcier lui lança un regard haineux.

  • Toujours est-il Monsieur Mac Dowell que je vous demande de surseoir à cette visite. Votre neveu est en ce moment à l'infirmerie souffrant d'un refroidissement, rien de grave mais il ne peut pas sortir et encore moins affronter le froid qui règne dans la région de Durmstrang. Je vous conduis près de lui si vous voulez?

  • C'est inutile, nous remettrons ça à la semaine prochaine.

  • Monsieur je voudrais que vous signez une autorisation permanente de sorties pour Aymeric afin qu'il puisse profiter des sorties organisées pour les élèves, demanda Sylas.

La directrice lui tendit un parchemin et une plume et le sorcier s'exécuta sans dire un mot au grand étonnement de la petite assemblée.

  • Je vous laisse à vos occupations et retourne aux miennes. Madame la Directrice, Messieurs...

Le sorcier sorti, ils se regardèrent avec une grimace, cet homme ne leur plaisait pas. Ses manières cauteleuses, ses paroles fausses rappelait Peter Pettigrow.

  • Albus? interrogea Harry.

  • Cet homme n'a rien de Gellert. Il avait les yeux aussi bleus, aussi limpides mais les éclairs qui les traversaient étaient espiègles et joyeux. Il avait des traits fins et un nez droit. Aucune de ses expressions faciales ne le rappelle.

  • Bien. Dray?

  • Minerva auriez-vous une pensine? J'ai beaucoup travaillé la force de concentration nécessaire pour transformer ce que je lisais dans les esprits en souvenirs vous permettant d'avoir accès comme moi aux pensées des sujets. On y va?

Il s'ensuivit un long moment sans commentaire. Harry fut le premier à rompre le silence en poussant un soupir désabusé.

  • Exceptionnelle ta méthode Dray! Une petite visite à ton père s'impose et des recherches sur la noblesse française aussi bien pour la famille de Noailles que celle de la branche cadette des Lauzun. Pourtant je me demande où nous allons, je ne suis pas sûr du tout que là soit ce qui est important.

  • Que veux-tu dire, Amour?

  • Quelle que soit la noblesse de la famille qui s'allie avec des familles de sorciers, seul le fait que ce soit des moldus modifie la donne du côté sorcier.

  • La mention des rois dans la prophétie semble pourtant prendre en compte ce fait.

  • Ça me laisse perplexe, j'ai peur que nous nous égarions...

  • Je vais continuer cet après-midi la lecture des carnets avec Mione, pendant que vous vous penchez sur les recherches.

  • Nous passons d'abord au manoir Malefoy voir ce que Lucius peut faire pour Aymeric et le tenir au courant pour cette Loge sorcière.

  • Merci Minerva. Albus je suis désolé d'avoir réveillé des souvenirs pénibles.

  • Ce n'est rien Harry, ils ne m'ont jamais quitté de toute façon.



  • Je crois qu'ils se sont beaucoup aimé, murmura Jim lorsqu'ils furent sortis tout en enlaçant ses doigts à ceux de Harry.

  • Autant que nous, tu crois?

  • Ça me paraît difficile, fit Jim en attirant Harry contre lui pour un tendre baiser qui comme souvent se transforma en baiser brûlant.

Sylas et Draco, la main sur la taille de l'autre, échangèrent un sourire complice en les regardant unis.



Ils prenaient un café dans le salon avec Narcissa et Lucius parlant de tout et de rien. Il y a longtemps que ce dernier avait compris que leur visite n'était pas tout à fait innocente mais il fallait d'abord faire acte de présence auprès de la maîtresse de maison avant de discuter "affaires". Enfin ils furent dans son bureau, une pensine devant eux. Harry prit le souvenir de la réunion du bout de la baguette d'ébène et le déposa dans le réceptacle, Draco en fit de même pour ce qu'il avait vu dans l'esprit de Mac Dowell. Lucius soupira.

  • Merci les enfants! Vous êtes venus me trouver dès le début de vos soupçons, c'est bien. La confiance s'installe, ça me touche.

  • Père, murmura Sylas.

  • Je sais Sylas, je sais. Mais Harry a plus de mal et je le comprends.

    Des bruits courent depuis peu au ministère au sujet de la Loge sorcière mais jusque maintenant sans rien pour les étayer. C'est le seul élément sérieux que nous ayons, le seul bout de piste... Je vais donc de mon côté contacter notre ami allemand qui a les appuis nécessaires du côté moldu. Si éventuellement, ils ont des espions au ministère, et si c'est la faction d'Ombrage c'est une chose acquise, ça paraîtra normal. Je vais envoyer aussi des aurors se renseigner sur le passé de cet homme en Allemagne sorcière.

    Quant au problème d'Aymeric, je vais voir comment refuser la demande de Mac Lowell, il ne suffit pas d'en assumer la responsabilité pour devenir un bon tuteur. Le changer d'école malgré les dernières volontés de ses parents qui le veulent à Poudlard n'est déjà pas un bon point, l'y laisser pendant les vacances non plus. Il y a beaucoup d'argent en jeu.

  • Selon les éléments découverts dans les carnets d'Ambre, nous irons peut-être passer le week-end prochain dans le château familial à Toulouse afin d'accomplir la prophétie.

  • Sy?

  • Tu sais que nous n'avons pas le choix, Dray. Ce n'est pas le bon moment mais nous ne pouvons éviter notre destin.

  • C'est à ce point, Dray? demanda Harry doucement.

  • Ce n'est tout simplement pas une conjoncture favorable pour faire des enfants alors que déjà comme ça nous ne sommes pas sur la même longueur d'ondes.

  • Elle vous aime pourtant, fit Jim, elle a tellement peur de vous perdre. Elle a l'impression que c'est inéluctable et que déjà vous êtes loin d'elle. Ce qu'il y a entre vous l'effraye et sa défense c'est l'attaque, rassurez la et ça ira mieux.

  • Des scènes comme celle d'hier soir avec Harry, je ne supporte plus. Elle se braque contre tous ceux que j'aime. Je suis heureux de vous voir tous les deux et de constater votre bonheur et votre entente, je ne sais pourquoi ça la perturbe. Elle refuse d'admettre que je puisse avoir des sentiments forts en dehors d'elle. Que va-t-elle faire quand nous aurons des enfants?

  • Elle n'a jamais été jalouse de Teddy, vous l'aimez à deux, lui fit Jim.

  • Nous l'aimons à trois, rectifia Draco.

  • Ton problème, c'est que tu en es arrivé à aimer plus Sylas que Mione, fit Harry avec un sourire.

  • Je me sens plus proche de lui.

  • Parce qu'il a une autre sensibilité qu'Hermione, parce qu'il s'est attaché à te découvrir, à aimer tes faiblesses autant que tes points forts. Hermione est plus instinctive, elle prend tout et ne cherche pas. Elle est plus égoïste en amour. Elle attend tout de toi, elle veut tout et elle donne ce qu'elle peut. Sylas donne avant tout, sans compter, sans limite, prend ce qu'on lui donne et quand il reçoit autant comme avec toi, il atteint la plénitude de son amour. C'est un amoureux et un amant idéal.

  • Hè là! Tu vas me rendre jaloux! fit Jim.

  • Chut, mon gros bêta! Je te l'ai déjà dit, tu es parfait pour moi!

    Mais Dray, tu as conclu un pacte d'alliance, vous ne pouvez être heureux qu'à trois! Je suppose que tu te rends compte que votre amour à tous les deux ne peut survivre en dehors du pacte.

  • Il n'est pas question de ça Harry. J'aime Mia mais pour le moment c'est difficile, c'est tout. J'aurais préféré attendre avant de faire des enfants qui changeront encore une fois les rapports que nous avons.

  • Peut-être est-ce votre chance, fils! Nous nous sommes encore plus rapprochés ta mère et moi quand elle a été enceinte. Tu sais toutes les femmes ne sont pas difficiles pendant leur grossesse. Ta mère était très épanouie et avait envie de faire l'amour matin, midi et soir!

  • Père! Épargne nous ce genre de détail! fit Draco mal à l'aise pendant que les autres souriaient de façon moqueuse.

  • C'est la première fois que je vois le prince des serpentards rougir!

  • Ça ne m'était plus arrivé depuis la sixième année à l'infirmerie!

Ils échangèrent un sourire narquois et complice. Depuis l'autre jour, Draco était sûr que c'était lui qui l'avait aidé cette nuit là! Son ennemi de toujours, celui qui venait de le blesser gravement, lui tenait la main assis sur son lit à l'infirmerie puis parce qu'il ne voulait pas par fierté appeler Pomfresh pour faire ses besoins dans son lit, le transportait dans ses bras comme une mariée aux toilettes et l'aidait tant bien que mal à faire ses besoins, avant de le déposer à nouveau dans son lit et de l'y border avec toute la tendresse d'un frère. Au matin, Harry avait disparu et Draco bien que persuadé que tout n'était pas qu'un rêve n'en avait jamais eu la certitude avant leur discussion dans le Poudlard Express.

  • Il est temps de rentrer intervint Jim, nous avons du travail cet après-midi.

Harry nota le ton sec de son compagnon avec un sourire intérieur. Il ne voulait pas le blesser, il fallait s'expliquer avec lui avant tout.

  • Tu as raison. Viens, on rentre à Paris. On se retrouve plus tard, nous allons déjeuner en amoureux.

Une fois à l'hôtel, il prévint Hermione avant de sortir avec Jim et de le faire transplaner dans les toilettes du restaurant où ils avaient été ensemble à plusieurs reprises. Une fois installés à la terrasse, ils commandèrent un apéritif.

  • Tu m'expliques ce que Draco a voulu dire sur l'infirmerie?

  • Ta jalousie te joue des mauvais tours, mon amour, lui fit tendrement Harry pendant que leur serveur habituel posait devant eux leurs verres tout en leur adressant un sourire complice.

Harry lui raconta d'abord leur altercation, les sorts lancés, le résultat, l'infirmerie et ce qui en avait découlé.

  • Voilà, mon aimé, c'est tout. Dray a eu confirmation il y a quelques jours que j'étais bien à l'infirmerie et tantôt il a voulu me faire comprendre qu'il n'avait rien oublié. Par contre il perd souvent de vue que nous n'avons pas de lien magique et que si Sylas suit de suite les pensées de son mari, ce n'est pas ton cas.

  • Je suis désolé, Harry.

  • Pas de problème, mon amour. Si tu n'étais pas jaloux de temps en temps, je me poserais des questions.

  • Si je vais dire deux mots au mec assis à la table de droite et qui te dévisage depuis que nous sommes arrivés, ça te rassurerait même si ça fait scandale? fit Jim avec espoir tout en faisant une moue contrite qui fit rire Harry.

  • Il y a des mois que je ne vois plus que toi, Jim, alors laisse tomber..., fit son amant avec tendresse tout en caressant doucement sa main posée sur la table affirmant ainsi leur relation.

  • Je t'aime.

Le serveur les regardait de loin. Ils étaient parmi ses clients préférés, peut-être parce qu'ils ne provoquaient pas comme d'autres mais ne cachaient pas leur amour non plus. Se moquant de l'opinion des gens autour d'eux, ils semblaient sereins.



Ambre de Saint-Maur raccompagnait les invités sur le départ, son fiancé à ses côtés. Draco Black les regardait de loin, il échangea un long regard brûlant avec son amant. Dès que le dernier fut parti, le trio se reforma. Puis la jeune fille, fatiguée par leurs fiançailles, les laissa en tête-à-tête. Ce ne fut pas des éclats de voix ou des injures qu'auraient pu entendre les serviteurs mais des soupirs et des cris de plaisir.

Septembre vint bien trop vite pour les amants, Draco retournait à Cambridge, Pierre-Marie en France. Ambre avait repris sa correspondance et se montrait plus amoureuse de son cousin par parchemin interposé, son absence avait toujours provoqué en elle un manque affectif que lui seul savait combler. Draco lui répondait des lettres enflammées. Pierre-Marie et son amant s'étaient revus deux fois en France et Ambre l'avait su par le lien. Pourtant, lorsqu'ils se revirent à Noël, elle ne dit rien, se contentant de profiter de leur amour. A deux reprises, pendant ces vacances, le cercle de lumière vint éclairer les deux fiancés et changea de couleur.

Ce n'est pourtant qu'un an plus tard que l'étape suivante fut franchie et que le pacte d'amour devint pacte d'alliance. Rien ne changea dans leur façon d'envisager leur amour, ils s'aimaient à trois ou à deux selon leurs envies préservant chacun un peu la relation qui les unissait avec chacun de leur partenaire. Ambre, libertine dans l'âme, ne se formalisait de rien et vivait leur amour pleinement.

Deux ans plus tard, leurs études finies, ils demandèrent la reconnaissance du pacte sorcier et s'installèrent ensemble à Paris dans l'hôtel familial des Saint-Maur. Le château de la Garonne les revit en été pour un long mois de vacances. Trois quarts d'année plus tard, Ambre accoucha d'une petite fille brune aux yeux bleus qui se révéla être l'enfant de Draco. Nulle jalousie de la part de Pierre-Marie qui avait attendu la délivrance de sa femme dans les bras de son mari. La petite Amélie avait trois mois lorsqu'ils retournèrent dans le château toulousain pour passer l'été. Neuf mois plus tard un petit Elias vint combler de joie son père, Pierre-Marie, sous l'oeil amoureux de Draco.

Le castel du bord de la Garonne ne les revit pas pendant deux ans. Ils avaient choisi d'aller passer les mois d'été en Suisse, le petit Elias étant délicat, les médecins avaient conseillé l'air de la montagne. L'été suivant la mère d'Ambre décéda d'une mauvaise pneumonie. Même si les circonstances étaient pénibles, ils retrouvèrent avec bonheur les lieux de leurs premières amours.

Un troisième enfant vint alors combler le trio. Les hommes ne voulaient pas en connaître le père biologique pourtant il devait porter le nom de son père, ce fut un nouveau Black appelé Sirius. Draco devint directeur du Mangenmagot et sa présence auprès de ses amours en souffrit. Ils le vécurent mal tous les trois, à tel point qu'il renonça à ses fonctions après quatre ans seulement. Il choisit d'enseigner l'anglais à l'université de Beaux-Bâtons. Désireux d'avoir encore un enfant et désespérant d'y arriver à Paris, ils descendirent vers le soleil et le castel toulousain dès les vacances. Des jumeaux conçus au bord la Garonne vinrent combler les deux pères.

Ambre avait écrit une phrase qui retint l'attention de Jim.

Nous sommes descendus à Toulouse pour concevoir un enfant, ce que nous ne semblons pas pouvoir faire ailleurs que dans le berceau de ma famille. Draco et Pierre-Marie étaient tellement désireux d'être le géniteur de cet enfant que nous voilà parents de jumelles dizygotes dont mes maris se partagent la paternité. Bienvenues à vous mes petits amours, Narcissa Black et Camelia de Saint-Maur. Soyez heureux mes maris chéris, je vous aime autant que vous m'aimez, autant que vous vous aimez.

  • Je crois qu'on va arrêter pour aujourd'hui. Qu'en penses-tu Mione? fit Jim. Je crois que le principal est dit, tu sais déjà que comme l'avait pressenti tes deux hommes que vous passerez le week-end prochain à Toulouse pour réaliser la prophétie.

  • Encore faut-il qu'ils veuillent de ces enfants...

  • Ce que raconte le journal d'Ambre ne t'éclaire pas sur certaines choses? Elle les a laissé s'aimer dès le départ, réalisant que leur amour leur était vital. Un peu plus expérimentés aux jeux du sexe, ils ont été les premiers amants de leur trio. Nous nous sommes arrêtés treize ans après le pacte d'alliance, ils sont toujours ensemble, aussi amoureux semble-t-il qu'aux premiers jours et parfaitement épanouis. Tu as pu voir que leurs disputes sont rares. Ambre est loin d'être dominée par ses hommes au contraire. La seule chose qui l'ennuie est son devoir de représentation dans le monde de l'aristocratie française, elle a horreur des mondanités.

  • Jim, je ne sais plus quoi faire...

  • Maîtriser ta langue en premier!

  • Me taire?

  • Arrêter de trouver des problèmes là où il n'y en a pas.

  • ...

  • Hier tu as fait de la peine à Harry et tu as mis Dray hors de lui à cause de ça. Ils sont des hommes, Mione, ce ne sont pas tes enfants. Accorde leur un minimum de confiance. Il y a des choses entre ces deux là où nous n'avons rien à faire. Tu vois bien que Sylas lui fait confiance, pourquoi ne pas en faire autant?

  • Harry semble te raconter beaucoup de choses sur eux deux...

  • C'est vrai, parce qu'il a peur de ma jalousie que je maîtrise mal encore, mais tu es avec Draco depuis longtemps.

  • ...

  • L'entretien avec Albus s'est très bien passé, le souvenir de Gellert ne l'a jamais quitté. Ils sont restés en contact épistolaire toute la durée de l'emprisonnement de celui-ci. Il se rappelle les traits de son amant, l'expression de son visage ou de ses yeux... ça a fait beaucoup de bien à Harry de constater à quel point ils s'étaient aimés, ils semblent être restés fidèles tous les deux à cet amour de jeunesse. Albus est redevenu humain à ses yeux, capable d'éprouver des sentiments et de les piétiner pour le bien.

    Pour le reste on va voir ce qu'ils ont trouvé sur les familles de Noailles et de Lauzun.

  • ...

  • Tu viens? fit Jim en lui tendant la main.

Hermione la prit, avant de se jeter contre Jim et de lui mouiller son tee-shirt de ses larmes. Le garçon hésita avant de refermer ses bras autour de ses épaules.





Dans la bibliothèque après bien des recherches, Sylas avait enfin découvert le grand registre des naissances des Saint-Maur, il était tenu à jour jusqu'à sa naissance. Il s'était plongé dedans trouvant sans peine Ambre et Pierre Marie et leurs enfants mais nulle trace de Draco et des siens.

  • Ils ont certainement utilisé un sort pour les cacher. Si on se focalisait d'abord sur les Noailles?

Après plus de trois heures de recherches sur internet, Harry gémit avec désespoir.

  • Jim dépêche-toi...

    Je parie qu'il sait où trouver tout ça! Il a déjà fait toutes les recherches sur les Saint-Maur.

  • Il va arriver, là il câline Hermione.

  • S'il te plaît? fit Harry sèchement.

  • J'ai dit : il console Hermione.

  • Oui c'est vrai, confirma Draco, je le sens aussi.

  • ...

  • Harry? fit doucement son ami. Tu es trop jaloux avec lui tu sais.

  • Non, ça va...

  • Mais ton premier réflexe a été la jalousie alors que tu sais qu'il est fou de toi et qu'Hermione nous aime.

  • ...

  • Tu es incorrigible! fit-il en riant avec tendresse.

La porte s'ouvrit sur Hermione et Jim.

  • Alors où en êtes vous?

  • Nulle part, fit Harry brusquement.

  • Vas sur le site de la Sorbonne, faculté d'histoire... Je vais chercher mon numéro d'accès dans la chambre.

  • Tu ne savais pas faire ça il y a trois heures? grogna son compagnon manifestement de mauvaise humeur.

Il jeta un coup d'œil vers Sylas impassible puis vers Dray qui manifestement avait envie de rire. Il quitta la pièce en soupirant non sans entendre au moment de refermer la porte, Sylas qui interpellait son amant.

  • Dray arrête de rire c'est pas marrant et toi musèle un peu ta jalousie, je t'ai dit qu'il la consolait pas qu'il la ...

Jim s'éloigna un sourire railleur aux lèvres. Chacun son tour, mon amour! Chacun son tour!

  • Voilà, fit-il, quelques minutes plus tard, en tendant une carte à Harry.

Il prit une chaise qu'il installa tout près de la sienne et se pencha vers lui pour regarder l'écran en même temps.

  • Tape Noailles généalogie, amour.

  • ...

  • Là regarde : Hugues Granger épousant Judith de Farnem, fille de Daniel de Farnem et de Anne de Noailles, soupira-t-il après une grosse demi-heure de recherches.

  • Mais c'était il y a deux cents ans!

  • Peu importe, ça fait une parenté avec Hermione.

    Tu sais la petite Ambre de Noailles c'était quelqu'un... Même si ça n'intéresse pas Mione, j'aimerais traduire les carnets. Là je ne fais qu'un résumé en anglais. Quand on aura mieux le temps, tu n'as pas envie de faire ça avec moi?

  • Si tu en as envie et avec l'autorisation de Sylas, on le fera mon amour.

  • On passe aux Lauzun maintenant?

  • Tu sais quoi sur eux?

  • Vieille noblesse du sud-ouest de la France. Péguilin de Lauzun était un des familiers de Louis XIV et demanda sa sœur en mariage...

  • Ça remonte un peu loin, non? Il nous faut chercher au milieu du vingtième siècle...

Après une pause pour le dîner et de nouveau plus de deux heures de recherche, ils abandonnèrent. Aucune trace du mariage d'une Mac Lowell avec un Lauzun! Le lendemain matin, ils rentraient à Poudlard, ils auraient voulu profiter des quelques heures qui restaient. Hermione était blottie dans les bras de Draco, Sylas appuyé contre l'épaule de son homme lisait les résumés de Jim. Ce dernier discutait à voix basse avec Harry, front contre front, mains enlacées...



Le trio fut le premier à regagner sa chambre. Hermione se plongea dans un bain parfumé pendant que les garçons discutaient des mesures à prendre pour leur séjour à Toulouse le week-end suivant. Sylas envoya un courrier express au château pour prévenir de l'arrivée de Françoise et Thibaut dès le jeudi matin. Ils prendraient Sylvain pour transplaner avec eux le vendredi soir.

Après un échange de regards, ils allèrent rejoindre Hermione dans le bain pour un câlin qu'ils voulaient à trois. Sylas avait persuadé Dray de faire des efforts pour retrouver une ambiance différente tout en n'acceptant pas de revenir à la situation précédente. C'est donc avec surprise qu'Hermione les yeux fermés dans son bain sentit un corps chaud puis un second se coller à elle. Leurs mains se balladaient sur sa peau, mettant le feu à ses sens. Depuis un moment, elle les avait tenus à distance pour ne pas les voir se cajoler. Elle n'avait fait que les pousser à le faire sans elle.

Draco se glissa derrière elle. Assise le dos contre sa poitrine, elle sentait ses mains titiller les bouts de ses seins déjà durcis d'envie pendant que ses lèvres parcouraient sa nuque. A genoux entre ses cuisses, Sylas l'embrassa... Sylas et ses baisers voluptueux, Sylas et ses baisers de feu... Il quitta sa bouche, elle mordilla, lécha son cou, le creux léger de l'épaule. Elle entendit Dray gémir et comprit que les lèvres de son ange caressaient maintenant les siennes, que sa langue explorait sa bouche, baiser de soie et de plaisir sensuel qui bien vite deviendrait passionné, brûlant sous la conduite de Dray...

Ce dernier la retourna vers lui, maintenant assise, ses genoux de part et d'autre de ses hanches, elle sentait la dureté de sa virilité, elle se frotta contre lui en geignant, impatiente. Sylas derrière elle, les lèvres dans son cou caressait le bas de ses reins, descendait sur ses fesses, entre celles-ci pour une caresse inconnue dont elle devinait la finalité. Draco se leva, la transportant sur leur lit, très vite rejoint par Sylas qui avait pris le temps de se sécher. Ils reprirent les caresses là où il les avaient interrompues... La nuit ne fut bientôt plus que gémissements, soupirs et cris de plaisir ou d'impatience puis mots d'amour...

Hermione blottie contre Draco enlacé par Sylas écoutait la respiration de ces deux hommes. Ils s'étaient voulu initiateurs, lui avaient fait découvrir une autre façon d'aimer, leur façon, leurs plaisirs... Ils l'avaient aimée mais s'étaient aimés aussi... Pourtant, pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait apaisée dans les bras de son mari, elle caressa doucement son flanc provoquant un mouvement de Dray et alertant Sylas qui resserra son étreinte.

  • Je t'aime, mon amour, dors tendre ami...

Hermione soupira.



Les deux premiers jours de la semaine furent consacrés à régler le problème d'Aymeric avec l'aide de la carte du maraudeur. Les élèves furent pris sur le fait par la préfète de la septième bis et Fabian le préfet des serpentards. Ils firent perdre cinquante point chacun à leur maison et durent s'accuser et s'excuser publiquement dans la grande salle. Ils furent hués par les cinq tablées, la plus violente étant la leur celle des griffondors qui venaient de perdre la coupe des quatre maisons.

Le mercredi fut un jour éprouvant pour Jim. Il avait cours à Cambridge le matin et eut l'impression que son homme était content de le laisser à l'université comme un paquet. Il vint le rechercher et après le repas pris dans la grande salle le laissa étudier seul dans la chambre sous prétexte d'un entraînement pour le prochain match de quidditch. C'est donc assez mécontent que Jim descendit dîner à la cinquième table, Harry l'y attendait, il l'embrassa tendrement dès qu'il arriva. Ils passèrent une grosse partie de la soirée dans leur salle commune avant de rentrer à Astor's Lodge. Le trio avait préféré resté à Poudlard.

Le lendemain, Harry transplana avec Jim dans ses bras à l'université. Depuis son réveil le matin, contrairement au jour précédent, il semblait très attentif aux désirs de Jim. Il avait commencé, lui qui n'était en général pas du matin, par lui faire l'amour. Il avait fait taire toute sa brusquerie, sa passion pour lui offrir un câlin tout en tendresse, en douce volupté, plein d'amour-toujours murmurés à son oreille...

Il vint le rechercher à onze heures pour assister au cours de potion, puis la journée se traîna jusqu'au dîner dans la grande salle. Jim semblait de plus en plus nerveux lançant de nombreux coups d'œil interrogatifs à son amour qui faisait semblant de ne rien voir. Il avait espéré un geste au moins, même si ce n'était pas un dîner en amoureux, mais Harry semblait avoir oublié. Là il le traînait vers leur tour pour faire leur devoir d'histoire de la magie. A la place de monter vers leur chambre, comme l'avait espéré Jim, il se dirigea vers la salle commune et Jim pensa que rien ne lui serait épargné. Allons bon , on n'entendait aucun son, elle semblait déserte.

La porte s'ouvrit sur un hurlement collectif : Bon anniversaire, Jim! Décorée en bleu et argent, la salle était transformée en piste de danse avec un buffet et un bar dans un coin. Jim regarda d'un air incertain, tous ces visage souriants. Harry encercla sa taille et attira son dos contre sa poitrine...

  • Bon anniversaire mon amour...

  • Merci à vous tous! Je ne m'y attendais pas!

Aymeric s'avança poussant une petite table roulante avec un gros gâteau garni de vingt trois bougies que Jim souffla d'un coup. Ses yeux brillaient de plaisir et quand il tourna la tête vers Harry celui-ci vit à quel point il était ému.

  • Merci, Amour.

  • Tu vois je n'avais pas oublié!

  • Je n'avais rien dit!

  • Non, mais tu l'avais pensé très fort! lui fit Harry tendrement.

La fête dura bien tard, la salle commune de la septième bis retentit de musiques sorcières et moldues mélangées. Ils se retrouvèrent ensemble dans la chambre de Harry. Bravant l'interdit de Minerva, il avait décidé que pour une fois ils passeraient la nuit à Poudlard. Jim posa ses cadeaux sur le bureau.

  • Je ne t'ai pas encore offert le mien, fit Harry en tendant la main sous son oreiller pour en tirer un petit écrin.

Il ouvrit celui-ci devant Jim assis sur le lit, lui dévoilant deux larges anneaux en or blanc rodié, l'un avec un saphir foncé, l'autre avec une émeraude, leur intérieur était gravé de runes elfiques.

  • J'ai bien réfléchi à ce que tu m'avais dit l'autre jour, je ne veux plus prendre de décision que pour moi-même. Mon amour, veux-tu m'épouser à la fin de nos études?

  • Oui, Harry, fit-il les yeux trop brillants.

Il prit la bague avec l'émeraude et la passa au doigt de Jim, qui ensuite passa celle avec le saphir sombre à l'annulaire de Harry.

Jim releva le visage de son amour, des larmes débordaient de ses yeux et roulaient sur son visage. Doucement du bout de la langue, il recueillit ces perles de joie et d'émotion avant de poser ses lèvres sur la bouche de son fiancé.

  • Te voir pleurer de joie est pour moi la plus merveilleuse des choses, chuchota-t-il tout contre sa bouche.

    J'ai reconnu les runes des elfes?

  • J'ai fait graver la même chose dans les deux "Toujours Toi" et la date d'aujourd'hui.

Jim coucha Harry sur le lit embrassant légèrement tout son visage, le déshabillant doucement à moitié endormi, brisé par la fatigue et les émotions. Il regardait sa moue encore enfantine, la gorge serrée d'émotion. Comme il l'aimait, son homme-enfant... Indicible attirance, passion dévorante, inéluctable amour...

Il l'attira dans ses bras, Harry nicha son visage dans son cou à sa place habituelle... Douce habitude chérie! Qu'il était bon d'être aimé...



Le vendredi matin, la septième bis manquait à l'appel. Les deux premiers cours du matin furent désertés par la totalité des élèves. Bill qui les avait ensuite en défense contre les forces du mal vint aux nouvelles. Il tomba dans une salle commune qui semblait avoir été dévastée par un troupeau d'hippogriffes. Le matériel de DJ, les cadavres de bièraubeurre, la disposition tout trahissait la fête qui s'était déroulée jusqu'aux petites heures. Avant d'en référer à la directrice, il se dirigea vers la chambre de Harry.

  • J'arrive, j'arrive.

  • Jim?

  • Bill? Quelle heure est-il?

  • Plus de dix heures et demi... L'heure de mon cours en fait!

  • Je suis désolé, on devait se lever tôt pour ranger la salle mais nous ne sommes pas réveillés... On va le faire Bill!

  • Montre fit-il en prenant la main de Jim. Il ne s'est pas moqué de toi! Superbe anneau sorcier!

Il lança un coup d'œil vers Harry notant son torse nu puis s'attardant sur sa main qui portait le même anneau...

  • Si je comprends c'est des fiançailles que vous fêtiez?

  • Non, c'était mon anniversaire.

  • Bill? Il y a un problème? fit Harry réveillé par la voix de son professeur.

  • Oui! Votre salle commune est un capharnaüm, il est bientôt onze heures et je n'ai pas un seul élève en classe. Ecoute Harry, tes petites fêtes privées tu les fais le week-end...

  • Le problème c'est que le week-end je le consacre une fois de plus à essayer de vous sauver les miches! Tu préfères que j'arrête tout et que je m'occupe de ma vie privée uniquement?

  • Ça va, Harry?

  • Ça va, Dray!

Draco et Sylas se faufilèrent dans la chambre pour faire face avec leurs deux amis à Bill.

  • Le fait d'être le Sauveur ne te dispense pas d'être poli avec tes professeurs.

  • Bill avant tu étais d'abord un ami avant d'être un professeur...

  • Rangez-moi tout ça et soyez à l'heure pour le cours suivant! fit-il en soupirant.

Ils se traînèrent le reste de la journée. Une fois de retour à Astor's Lodge, ils firent leur sac, passèrent à Paris chercher Sylvain avant de transplaner au bord de la Garonne. Le large fleuve coulait entre les deux rives herbeuses. Derrière eux la pente verte remontait doucement vers un château qui dressait fièrement ses tours roses et élancées vers le ciel. Ils admirèrent le paysage avant de rejoindre le chemin qui courait vers l'entrée du château.

Ils pénétrèrent dans la cour d'honneur. Gauthier et le couple des gardiens les y attendaient pour saluer le Comte et sa famille. Teddy échappant à la main de sa mère se précipita vers Gauthier...



Les mains de Draco couraient légèrement sur la peau satinée d'Hermione alanguie sur le lit. Il flatta la chute de rein de sa femme d'une caresse légère, remonta vers la chevelure brune qui cascadait le long de la nuque ployant sous son attouchement...

La bouche qui vint caresser son épaule et descendit vers son dos le fit soupirer d'aise, Sy.

La douce chaleur de ce soir de printemps exaltait le parfum des violettes qui tapissaient les talus autour du château. Il montait par bouffées au gré de la douce brise qui venait du fleuve vers leur terrasse et pénétrait dans leur chambre, complice sensuel de leurs ébats.









 


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20-03-2010, 11:01:36 Licorne
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12-03-2010

Chapitre XXVII. HARRY POTTER ET LE PACTE D'AMOUR.

Chapitre XXVII. LES CARNETS D'AMBRE




Finies la patience et la méfiance, on s'offre simplement avec l'écriture une renaissance
Le jour se lève et son glaive de lave nous lave des peines et douleurs du passé
Notre avenir est lancé, tu nous écouteras et diras franchement ce que t'en as pensé
Le jour se lève et la joie se livre, la soif se lit sur nos lèvres, tu devrais nous suivre
Si notre heure est brève, nous allons quand même la vivre, nous ne sommes pas bons élèves mais l'envie nous enivre
Alors a ton tour ouvre les yeux, approche toi et observe avec curiosité
Le souffle et l'enthousiasme d'une brigade de poètes sortis tout droit de l'obscurité
Ne prends pas ça pour de l'arrogance mais on sent que c'est notre heure et ça fait du bien
Notre passion va nous nourrir et je vais retrouver le sourire dans le regard de tous les miens
Le jour se lève, on le doit peut-être qu'a nous et quand je dis ça, c'est pas juste une
métaphore

Le jour se lève et si ça se trouve, c'est uniquement parce qu'on l'a espéré fort
Le jour se lève sur notre grisaille, sur les trottoirs de nos ruelles et sur nos tours
Le jour se lève sur notre envie de vous faire comprendre a tous que c'est a notre tour
Notre futur est incertain, c'est vrai que ces deux mots la vont toujours de paire
Mais notre jour s'est bien levé, dorénavant il sera difficile de nous faire taire.



ymusi01Le jour se lève.

Grand corps malade.



Assis sur les gradins, Jim attendait le début du match en compagnie des moldus, de Lucius, de Kingsley et des professeurs.

Justement, les deux équipes rejoignaient le centre du terrain avec Charlie. Comme d'habitude les joueurs de l'équipe de la septième bis avançait sur une seule ligne se tenant par les épaules. Harry était au milieu, le trio à sa droite, le deux serdaigles et Ginny à sa gauche. Ils formèrent un cercle et s'accolèrent avant d'enfourcher leur balai et monter dans les airs au coup de sifflet de Charlie qui avait libérer les balles.

En ce doux après-midi de printemps, il était agréable de voler. Le match serait différent d'un engagement pour la coupe des quatre maisons, il n'y avait pas d'enjeu hormis celui de plaire au public. L'atmosphère était détendue, la rage de vaincre passait à l'arrière plan.

Draco et Harry avait décidé de partager le rôle d'attrapeur, chacun à leur tour ils occuperaient la place, Draco était le capitaine de leur équipe. Harry semblait faire corps avec son balai, dans son rôle de poursuiveur, il multipliait les figures compliquées. Jim regardait son amour, le plaisir de voler inscrivait sur son visage, comme lorsqu'ils faisaient l'amour, un plaisir brut et pur.

Pour une fois Madame Pomfresh pouvait regarder le match plus ou moins détendue, ses petits se blesseraient moins vite.

Les batteurs étaient moins agressifs et les poursuiveurs multipliaient les buts, les gardiens avaient donc fort à faire. Sylas faisait merveille comme d'habitude faisant de superbes arrêts et son nom résonnait souvent dans le stade scandé par les spectateurs nombreux dans les tribunes. C'est après trois heures de jeu et un score de 120 à 105 que Draco attrapa le vif d'or de justesse devant l'attrapeur de serdaigle ce qui porta le score à 270 pour l'équipe victorieuse. On vit des spectateurs de toutes les maisons acclamer les deux équipes qui avaient assuré un spectacle de qualité.

Après avoir salué leur public, les joueurs se dirigèrent vers les vestiaires. Au passage, Harry accrocha les yeux de son amant, Jim lui rendit son sourire.

  • Quel sport! fit le politicien néerlandais.

  • Aujourd'hui, le jeu n'était pas violent, commenta Jim, lorsque c'est un match pour la coupe, c'est bien plus agressif. Il est rare de voir un match sans blessé. Lors du dernier auquel j'ai assisté il y en a eu cinq dont Sylas et Ginny de notre équipe.

  • Votre équipe? Interrogea Sir Spencer moqueur.

  • Bien sûr, je suis un inconditionnel de l'équipe de la septième bis, ils ont un attrapeur brun aux yeux verts très séduisant, se moqua Jim.

Le néerlandais lui lança un sourire complice, avant de se lever pour suivre tout le monde qui rentrait au château. Jim resta assis attendant son homme.

  • Tu as aimé le match?

  • Dean? Qu'est-ce que tu fais là?

  • Je n'allais pas te laisser attendre tout seul.

  • Ben voyons! Surtout que Harry va être ravi de te trouver avec moi et que tu le sais très bien! fit Jim railleur.

    Je n'ai jamais vu Harry en colère mais ça ne doit pas être triste...

  • Pour l'avoir vu en rage après Malefoy, c'est vrai qu'il est plutôt effrayant dans ces cas là et que, si il décide de se servir de sa baguette, je ne fais pas le poids, mais ça vaut le coup.

  • Non ça n'en vaut pas la peine, j'aime Harry, je suis fidèle et la dernière chose que je veux c'est provoquer sa jalousie.

  • Quand on est possessif et jaloux comme lui, on ne sort pas avec un mec canon, on prend un moche au moins on est sûr de le garder.

  • Charmant raisonnement! Tu joues un petit jeu très dangereux, fit Jim sèchement. Je croyais que tu avais compris depuis le match précédent. Je ne suis pas intéressé et je ne le serai jamais, finit-il en se levant.

Dean l'arrêta en le saisissant par le poignet.

  • Tu crois que le Sauveur va sortir longtemps avec un moldu? Tu es naïf! Il est bien trop sorcier pour ça!

  • Lâche moi, Dean.

  • Et si même ça durait, Harry ne vit que pour son monde, tu passeras toujours après. Tu te contenteras de la seconde place?

  • Il ne me viendrait pas à l'idée de me mettre en concurrence avec le monde sorcier! Je suis pleinement satisfait de celle que j'occupe! Harry n'est pas censé être ton ami? fit-il rageur en se libérant de la main encombrante.

  • A la base, j'étais juste venu te parler, c'est toi qui a amené la conversation sur Harry et votre relation. Je ne ferai rien tant que tu es avec lui, mais j'attendrai...

  • Laisse tomber Dean! Nous vivons ensemble et Harry compte officialiser notre relation dès le mois de juin.

En bas des gradins, près de la sortie des vestiaires Harry regardait Jim discuter avec Dean. La discussion avait l'air animée. Quand il vit Dean le prendre par le poignet, il sursauta et fit un pas en avant pour intervenir.

  • Qu'est-ce que tu fais? Reste là Harry. Jim est un grand garçon, il n'a pas besoin que tu interviennes, fais lui un peu confiance, fit la voix de Draco à côté de lui.

Dean regardait maintenant Jim avec une expression d'infinie surprise, enfin il se détourna du jeune moldu et s'achemina vers la sortie du stade. Il passa non loin de Draco et Harry lançant à ce dernier un regard sans équivoque.

  • Wow! Il a l'air en colère! constata Draco d'un air moqueur en suivant le jeune noir des yeux. Je ne sais pas ce que Jim lui a dit, mais ça ne lui a pas plu.

Il attira contre lui Sylas qui sortait des vestiaires posant ses lèvres sur les siennes, devant deux serdaigles qui sortaient à ce moment là dont un leur adressa un coup d'oeil dégoûté alors que le second rougissait comme une pucelle effarouchée. Draco eut un sourire railleur, il caressa le visage de son amant repoussant sa mèche encore humide pour voir ses yeux, accrochant son regard et s'y perdant. Harry suivit d'un œil impassible les deux joueurs de l'équipe adverse pour ensuite reporter son attention vers ses amis et le regard amoureux qu'ils échangeaient.

Avant même qu'il dise quoi que ce soit, il sentit la présence de Jim derrière lui. Il se retourna, l'attira tout contre lui et blottit son visage dans son cou retrouvant cette odeur qui bouleversait ses sens. Jim eut un sourire tendrement moqueur pour son renifleur. Il mêla leurs doigts, posant leurs deux mains enlacées dans le creux du dos de Harry pour l'attirer tout contre lui, appuyant son front contre le sien. Le sentir contre lui faisait disparaître la colère et toutes les interrogations que la conversation avec Dean avait créées.

Hermione sortit enfin des vestiaires avec Ginny. Elles jetèrent toutes les deux un regard agacé vers le couple enlacé. Hermione rejoignit ses deux hommes qui l'attirèrent entre eux. Ils prirent tous le chemin de l'école. La grande salle avait été transformée pour les besoins de la soirée qu'avaient imaginée le professeur Mac Gonagall et les préfets. Les trois tables du milieu avaient été disposées le long des murs et étaient recouvertes de mets divers, les deux tables restantes avaient été allongées pour permettre aux invités et aux élèves de s'y asseoir. Le milieu de la salle laissé vide servirait de piste de danse et un DJ moldu finissait d'installer son matériel. Les joueurs se hâtèrent vers leur chambre pour se changer.

  • Tu me racontes ta petite discussion avec Dean?

  • Il n'y a pas grand chose à en dire, j'ai mis les choses au point c'est tout.

  • Pourquoi avait-il l'air aussi furieux?

  • Il ne voulait pas comprendre, soupira Jim, alors je lui ai dit qu'on vivait ensemble et que tu comptais officialiser notre relation.

  • ...

  • Harry? Tu as changé d'avis?

  • Non! Bien sûr que non! Je me demande seulement ce qu'il t'a dit pour que tu en arrives à lui dire ça.

  • ...

  • Jim?

  • Il m'a dit simplement que le Survivant ne sortirait pas longtemps avec un moldu et que même si c'était le cas je passerais toujours après le monde sorcier...

  • Et après la loge sorcière et ce que t'avait dit George, ça faisait beaucoup... termina Harry en soupirant.

  • ...

  • Tu crois que je vais te laisser après cette conférence?

  • Non! Tu ne t'afficherais pas avec moi si c'était le cas.

  • Tu as l'impression de passer en second?

  • Non.

  • Je suis conscient de tout ce à quoi tu renonces pour moi, ta carrière diplomatique et politique, des enfants bien à toi, une vie de luxe et de voyages...

  • Harry, je t'arrête tout de suite. Je ne renonce à rien du tout! Ma vie c'est toi! Et être le diplomate entre nos deux mondes, c'est un rôle qui me plait énormément, bien plus qu'être dans une ambassade quelconque au bout du monde moldu.

  • Et je suis sûr que tu as envie d'enseigner à l'université sorcière et de reprendre trois années d'études alors que tu avais fini?

  • Je serai avec toi, mon amour. Ça vaut bien trois années en plus dans les amphithéâtres. Viens ici, fit-il en attirant Harry contre lui, et arrête de te tracasser pour ça! Tant que tu es dans mes bras rien d'autre n'est important.

Doucement Jim passa sa main dans les cheveux indisciplinés pour s'arrêter dans la nuque et s'y agripper, il attira le visage de Harry vers lui, posant ses lèvres sur la sienne pour explorer sa bouche avec toute la douceur, tout l'amour qu'il ressentait pour son jeune amant. Harry referma ses bras autour de sa taille approfondissant le baiser qui devint passionné, sa main s'égara dans le creux des reins de Jim tandis que la seconde fourrageait dans les boucles courtes. Il frotta lascivement son bassin contre le corps de son compagnon ne faisant pas mystère de l'envie qu'il ressentait.

  • On doit descendre mon amour, la soirée va commencer, il faut que tu y sois.

  • Je sais, se plaignit Harry. Il est temps que cette conférence finisse, moi qui me plaignait que nous ne faisions pas l'amour assez, nous sommes tellement fatigués que nous ne le faisons plus du tout.

  • On a terminé et même on a réussi dans les meilleures conditions possibles à ce qu'il me semble. On pourra se rattraper dès cette nuit...

  • Là je me pose des questions tu vois, après la soirée il faut rentrer à Haultepenne en transplanage. On dit toujours que les jeunes ne sont jamais fatigués, mais je trouve que nos politiciens tiennent plutôt bien le coup dans ce marathon et mieux que nous en tout cas! Je te parie qu'on ne va pas rentrer tôt.

  • Ils ont l'habitude et ils ne préparent pas chaque soir pendant plusieurs heures les entretiens du lendemain!

Harry essayait de discipliner ses cheveux rebelles. Il avait revêtu comme Jim des vêtements moldus, pantalons tailles basses noirs, chemises foncées en soie vert émeraude pour lui, bleu nattier pour Jim.

  • Tu es prêt?

  • Oui on peut y aller.

Ils frappèrent à la chambre du trio. Draco et Sylas avait eux joué sur les opposés, le blond portait un pantalon beige et une chemise noire et Sylas un pantalon noir et une chemise beige. Hermione portait une robe très légère à fines bretelles et en mousseline à ramages beiges et noirs et des sandalettes noires à talon. Jim la prit par la main, la faisant tourner sur elle-même...

  • Très féminine Mione! Ils vont devoir te surveiller de près ce soir!

Jim surprit un éclair noir dans les yeux de Harry qui le fit sourire. Il n'avait pas vraiment besoin de se tracasser pour l'amour que lui portait ou non son amant, sa jalousie parlait pour lui. En lui disant qu'il aimait aussi le corps des femmes il avait malheureusement mis Harry en concurrence avec celles-ci et bien entendu il devait penser qu'étant homme, il ne pouvait forcément pas rivaliser. Il faudrait qu'il revienne sur ce sujet délicat. Il n'était pas question ce soir d'en serrer une de trop près si il ne voulait pas se disputer avec lui. Ne pas danser du tout serait une meilleure solution encore... mais...

Il n'y avait pas encore beaucoup de monde dans la grande salle. Près du bar improvisé, ils dégustèrent une bièraubeurre avant de s'asseoir près des politiciens. Les plus jeunes occupaient l'immense table du fond. Les préfets s'occupaient de les surveiller pendant qu'ils se servaient au buffet. Sylvain et Aymeric, devenus inséparables, avaient assisté au match et vinrent tout excités faire part de leurs impressions à Harry et Jim.

Le repas fut placé sous le signe de la détente et de la bonne humeur. Les grandes lignes de l'accord avait été définies en début d'après-midi et approuvées par douze voix contre trois. Ils avaient rendu le projet au président allemand et lui avait confirmé la date de leur prochaine rencontre le samedi 8 mai à l'hôtel Saint-Maur. C'est donc l'esprit nettement plus détendu qu'ils abordaient cette dernière soirée avec les politiciens.

Le DJ ne tarda pas à faire chauffer les platines. Le château millénaire retentit pour la première fois de sons moldus poussés au maximum. Les jeunes sorciers se mélangèrent aux moldus pour se déhancher sur des musiques à la mode dans les boîtes londoniennes. Il n'y avait plus de sorciers, de professeurs, de politiciens, de gardes du corps, de traductrices ou secrétaires... plus que des danseurs...

Le survivant remorqua son amant au milieu de la surface de danse avant de se laisser emporter par la musique. Jim le voyait danser pour la première fois en dehors de la soirée très formelle de Cambridge et les soirées sorcières entre-eux. Les yeux rétrécis par le désir, il regardait les gestes sensuels de son petit ami qui avait fermé les yeux pour mieux percevoir les rythmes. Il constata qu'il n'était pas le seul à le regarder, la soirée promettait d'être chaude et longue. Il aimait lui aussi danser, il adorait ça même, mais si il devait surveiller Harry...

  • Si tu lui faisais confiance, tu serais plus à l'aise, lui souffla une chevelure blonde qui lui chatouilla la joue. Personne n'osera y toucher à l'Elu ... de ton cœur.

  • Tu es sûr de ce que tu dis, Dray? railla Jim, lui montrant une jeune fille de serdaigle qui posait ses mains sur la poitrine de son homme et se déhanchait tout contre lui frottant son corps contre le sien sans aucune retenue.

Harry ouvrit les yeux et repoussa la jeune fille d'un geste brusque cherchant son compagnon. Une main se posa sur sa taille. Jim passé derrière dansait avec lui. Pour ne pas paraître provocant, il avait laissé une certaine distance entre eux, mais leurs corps complices faisaient les mêmes mouvements en parfaite harmonie. Harry n'avait pas eu besoin de se retourner pour reconnaître les doigts qui le serraient doucement. Un autre corps s'approcha de face se mettant à danser en symbiose avec eux sans même les toucher. Un sourire étira ses lèvres. Quelques minutes plus tard, il tourna le dos à Sylas, sachant que celui-ci danseur exceptionnel se remettrait au diapason quasi instantanément, pour danser face à face avec Jim, jamais il ne l'avait vu aussi beau, aussi charnel.

Le trio attirait de nombreux regards. Draco qui dansait avec Mia voyait les coups d'œil curieux, envieux ou scandalisés. Il nota que les moldus par contre, bien que plus âgés, regardaient les trois jeunes gens avec beaucoup d'indulgence, certains en souriant. Quand vint une série de slows ils se précipitèrent sur le bar pour étancher leur soif.

Si trois des maisons s'étaient mélangées aux tables, la septième bis restait groupée non loin de l'Elu, tout comme la maison serpentard menée par ses préfets Lea et Fabian se tenait non loin de son héritier et de son prince. La septième bis était donc toute proche des enfants des mangemorts qu'elle avait combattus. Ils occupaient toute une partie de table vers le buffet. C'est là que se laissèrent tomber les cinq amis. Comme il n'y avait que trois places, ils s'en accommodèrent, Hermione sur les genoux de Sylas et Harry sur ceux de Jim.

  • Tu as remarqué comme Harry a changé depuis qu'il connaît Jim? Lui si timide est maintenant extraverti et se moque bien de l'opinion des autres, il vit son envie du moment. On est loin du gamin timoré et maladroit qui n'osait pas danser au bal de quatrième année et le résultat est plutôt pas mal.

  • Oui, répondit Sylas, mais c'est valable pour Jim aussi. Rappelle toi, il n'osait pas danser avec un garçon ni reconnaître sa bissexualité, il regardait "les yeux verts magnifiques" de loin. Là il se lâche, notre beau moldu.

  • Oui, d'ailleurs si tu pouvais arrêter de les mater quand ils dansent, je serais plus tranquille.

Sylas éclata de rire, rassurant son homme par le lien.

Lorsque les rythmes syncopés reprirent, Harry tira Jim sur la piste.

  • C'est valable pour toi aussi, tendre ami, ajouta Sy.

  • Je n'y arrive pas, fit Draco en riant et en adressant un clin d'œil à son amant.

  • Tu sais maintenant ce qu'ils ressentent quand tu danses les rythmes latinos...

  • Si on m'avait dit qu'un jour je regarderais les fesses du balafré en le trouvant sexy!

Hermione, blottie dans les bras de Sylas, écoutait ses hommes fantasmer en riant sur leurs amis, complices jusque dans leurs délires sans savoir comment réagir. Elle sentait qu'ils jouaient mais elle n'arrivait pas à se mettre au diapason. Elle regardait vers Harry et Jim, elle ne savait pourquoi mais elle était mal à l'aise comme si elle avait quelque chose à se reprocher. Cette fois c'est Fabian, Erwin, Jimmy et une jeune fille de serpentard appelée Lea qui s'étaient joints à eux.

  • Fabian est aux anges, lui qui admirait déjà le Survivant, le voilà en train de danser avec l'Héritier de Serpentard.

  • Il a pourtant intérêt à se tenir loin... railla Draco en montrant Jim qui n'avait pas l'air d'apprécier que Fabian parle tout bas dans l'oreille de Harry.

  • Ils sont aussi jaloux l'un que l'autre! Et tout aussi transparents!

  • Si tu avais vu Harry tantôt quand Jim était en train de discuter avec Dean.

  • Mia tu viens danser? fit Sylas en la tirant pendant que Draco rejoignait le groupe.

Les yeux de Harry et de Jim s'étaient à nouveau trouvés, ils se déconnectaient peu à peu du reste de leur entourage pour ne plus voir que l'autre. Quand des rythmes latinos retentirent, Sylas se retrouva en train de danser avec Draco, Erwin avec Hermione et Jim n'était pas prêt à lacher Harry. Ces derniers se retrouvèrent bientôt à leur table regardant le Prince des serpentards faire monter encore d'un cran l'érotisme que dégageait leur coin. Malgré qu'il y avait des sièges libres, Jim s'était assis sur les genoux de Harry, il cherchait la position la plus confortable et c'est tout à fait par hasard que ses fesses et son bassin frottaient sur la partie la plus sensible du corps de son amant.

  • Arrête Jim, fit Harry d'une voix rauque.

  • Je ne vois pas de quoi tu parles...

  • Vraiment, fit Harry avec un air narquois. Tu ne verras pas d'inconvénient alors à ce que j'aille danser avec Fabian ou Lea?

  • Comme ça?

  • Je ne vois pas de quoi tu parles...

  • Tu m'en diras tant, fit Jim en déposant un bisou tendre sur le nez de son amant.

  • Si on allait faire un tour dans le parc? Il fait si chaud ici, on aura un peu de fraîcheur.

  • Tu veux m'emmener sur les bords du lac?

  • Je veux juste éviter de choquer les âmes sensibles en te sautant dessus devant tout le monde, lui souffla-t-il à voix tellement basse que Jim ne fut pas sûr de ce qu'il avait entendu.



  • Où sont Jim et Harry?

  • Sortis prendre l'air, ils étouffaient, leur répondit Fabian. Je les ai entendu parler de fraîcheur et du bord du lac.

Draco, Sylas et même Hermione éclatèrent de rire.



Harry n'avait pas emmené Jim sur les abords de l'eau calme, après les réflexions de ses amis à ce sujet y associant des conquêtes précédentes, il savait qu'il n'apprécierait pas. Ils étaient assis l'un contre l'autre au pied de la cinquième tour, regardant vers la forêt interdite. Le bras de Harry autour de lui, la tête posée sur son épaule, Jim profitait de ce moment calme avant de retourner dans la foule et le bruit.

  • Tu aimes?

  • Ce moment ou la soirée?

  • Les deux...

  • J'aime les deux. J'aime danser et ça faisait longtemps que je ne l'avais fait, avant j'allais en boîte pratiquement tous les week-ends. Et j'adore être blotti ainsi contre toi avant de rentrer danser et surveiller que personne ne mette ses mains sur toi!

  • Tu me surveilles? fit Harry amusé.

  • Oui.

  • Tu ne me fais pas confiance?

  • Si, mais ça ne m'empêche pas d'avoir eu envie de rappeler à l'ordre la serdaigle qui s'est collée à toi en début de soirée ou Fabian qui a toujours un prétexte pour te frôler.

  • Fabian?

  • Tu ne vois jamais rien, voilà le problème, soupira Jim.

  • Et toi tu es trop jaloux.

  • Je sens que je vais aller danser avec Dean moi...

  • Si jamais tu fais ça, je ...

  • Tu?

  • Rien!

  • Je vois, fit Jim en riant moqueusement.

Il poussa doucement Harry dans l'herbe derrière eux, se pencha vers lui pour prendre ses lèvres en un baiser voluptueux qui fit gémir son amant et lui fit désirer plus. Ses mains errèrent sur le corps de Jim, s'attardèrent dans le creux de ses reins puis sur ses fesses avec un grognement d'envie. Il fit basculer Jim sous lui et sa bouche se mit à le mordiller à le lécher dans le cou pendant que ses mains exploraient son corps. Quand il voulut ouvrir les boutons de la chemise de Jim...

  • Pas comme ça, Harry. Il n'est pas question qu'on fasse l'amour pratiquement aux yeux de tous, je suis désolé mais je n'aime pas ça.

  • C'est la deuxième fois aujourd'hui que tu me ...

  • Chut, mon amour. J'en ai autant envie que toi!

  • ...

  • Si tu veux ce genre de relation, tu as mal choisi ton partenaire...

  • Non! C'est toi que je veux, Jim, je suis désolé. Tu sais bien que si ce que je cherche est uniquement du sexe la tour de la septième bis est vide et ma chambre à notre disposition. Tu ne vas pas me reprocher d'avoir envie de te faire l'amour... Viens on rentre danser, mon grand, fit Harry en posant ses lèvres doucement sur celles de son amant.

    Et je te promets de rester à moins d'un mètre de toi pour que tu ne sois pas obligé de me surveiller! termina-t-il avec un sourire moqueur.

Pour rentrer dans la cohue des danseurs, Jim saisit la main de Harry. Ils se faufilaient tant bien que mal vers leur bout de table. Harry sentait Jim énervé et s'en voulait, il savait le garçon très pudique. Il se rappelait ses propres réticences quand au début de leur relation, Jim voulait l'embrasser devant son père. Doucement il le tira, le faisant dévier vers le bar. Les plus jeunes avaient dû regagner leurs dortoirs et les alcools plus forts avaient fait leur apparition. Jim hésita pour finalement choisir un whisky pur feu tandis que Harry se contentai d'une bièraubeurre. Ils s'assirent côte à côte à leur bout de table. Doucement en dessous de la table, il posa sa main sur la cuisse de Jim, qui mêla sa main à la sienne. D'un regard, il interrogea son partenaire qui lui sourit, après avoir fini leur verre, ils se dirigèrent vers la foule des danseurs main dans la main.



  • Ouf! Je n'en peux plus! fit Hermione.

  • Nous ne sommes pourtant qu'au début de la nuit, ma mie.

  • Et je ne crois pas que les moldus soient pressés d'aller dormir, ils ont l'air de savoir s'amuser.

  • Ils semblent bien supporter l'alcool en tout cas, même le père de Jim!

  • Tu as remarqué la façon dont ils vous couvaient des yeux Jim, Harry et toi quand vous dansiez? Ils avaient l'air tout à fait indulgents vis-à-vis de votre "débauche"! Sauf nos méditerranéens bien entendu. Bien plus en tout cas que certains jeunes sorciers. Si les serpentards ont l'air de bien s'en accommoder, il n'en est pas de même des autres maisons.

  • Ce n'est pas une question de maison, Dray, mais une question d'éducation plutôt, intervint Hermione. Et dans toutes les maisons certains élèves ont été élevés par des parents rejetant l'homosexualité pourtant fréquente dans l'histoire sorcière.

    Comme d'habitude Harry a foncé tête première sans se rendre compte de ce qu'il allait provoquer, maintenant il ne lui reste plus qu'à supporter.

  • Harry a parfaitement pesé le pour et le contre avant de sortir avec Jim. En le faisant, il savait qu'il devrait peut-être renoncer à sa carrière politique. Il savait que pour avoir des enfants, il devrait passer par le mariage homosexuel et l'adoption. Tout comme Jim a renoncé dès à présent à sa carrière diplomatique alors qu'il est le premier de sa promotion et que toutes les portes lui sont ouvertes. Il va faire trois années d'études à l'université sorcière pour devenir le premier diplomate du monde sorcier, tout ça pour les beaux yeux de son petit ami. Il ne faut pas voir qu'un côté des choses, ma mie.

  • Si tu as remarqué ils sont fous l'un de l'autre et ils sont très bien ensemble! Et c'est la première fois que je vois mon frère ennemi vraiment heureux. C'est vrai qu'il pourrait peut-être être plus discret mais ce n'est pas dans son caractère de dissimuler. Tu devrais être ravie de voir son bonheur comme lui a accepté le pacte d'amour puis le pacte d'alliance pour le tien. Il a même accepté, ma douce, que prise par ton bonheur tu le négliges quand lui se sentait mal de quitter Ginny.



Les deux garçons revenaient justement à la table main dans la main. Harry se laissa tomber sur une chaise attirant Jim sur ses genoux. La salle se vidaient seuls les élèves de septième année des quatre maisons et la septième bis étaient autorisés à rester.



  • Tu vas repartir?

  • Oui, Aymeric, je dois reconduire les représentants en Belgique mais je serai là dans la journée de demain, jusque là tu fais attention à toi. Fabian de toute façon s'occupera de toi. Tu t'es bien entendu avec Sylvain?

  • Oui. Il y a beaucoup de choses qu'il ne sait pas sur notre monde.

  • Je te l'avais dit mais il veut apprendre et il est courageux.

  • Oui! Certainement un futur griffondor, grimaça Aymeric.

  • Et? fit Harry en se marrant.

  • ...

  • Les quatre maisons se complètent, Aymeric. Bon, Fabian t'attend. Dis au revoir à Sylvain, tu le reverras bientôt ne te tracasse pas.

Sylvain était blotti contre Jim qui le consolait. Manifestement la vie à Poudlard lui plaisait et il était triste de quitter son nouvel ami.

  • Sylvain quant à nous on se reverra à l'hôtel Saint-Maur.

Sylvain passa dans divers bras avant de repartir, avec Gauthier, par le réseau de cheminettes.



Que ce soit en boîte ou en soirée tout le monde connait ce moment où il ne reste plus qu'une partie de participants, les plus passionnés, ceux du bout de la nuit... Ce moment où les plus timorés se laissent aller, où les plus timides cherchent une compagne ou un compagnon pour une heure, pour le reste de la nuit, pour un bout de vie...

Ce sont les moldus qui vinrent s'asseoir à la table des jeunes sorciers. Il s'en suivit une seconde soirée où tout le monde dansait avec tout le monde. Harry se retrouva menant la salsa avec la représentante grecque, Jim avec le néerlandais, Draco avec la finlandaise, le père de Jim avec Hermione, tandis que Sylas conduisait une des traductrices. Les gardes du corps n'étaient pas en reste cotoyant les jeunes sorciers et les aurors avec lesquels ils s'étaient plus liés.

Si toute cette compagnie s'entendait et se mélangeait, l'alcool aidait les plus intravertis et les poussait à des extravagances qu'ils n'auraient pas commises en temps normal, des regards brûlants s'échangeaient, des mains s'enlaçaient, brèves rencontres sans lendemain, désillusions des bras redevenus vides...

Jim cherchait des yeux son amant sans le trouver, il sentait pourtant un regard sur lui. Depuis un moment, il passait d'une ou d'un à l'autre pour le plaisir de la danse mais ça faisait un moment que ses bras lui manquaient, il avait froid de lui.

Harry était appuyé à la table qui servait de bar et regardait Jim danser dans les bras de Dean. Rien d'équivoque dans son attitude, pourtant il n'avait pas compris qu'il accepte de danser avec le gryffondor après la scène du stade. Jim avait bu beaucoup, beaucoup trop pour sa tranquillité. Il soupira, il irait le chercher dès la fin de cette danse.

  • Désolé Dean, je reprends ma place.

Ses bras enfin! Jim se blottit tout contre lui avec un soupir de plaisir qui fit sourire Harry et lui fit oublier son mécontentement.



  • Regarde Jim danse avec Dean. Comment peut-il faire ça à Harry.

  • Doucement ma mie, c'est étonnant c'est vrai, mais il n'y a rien à reprocher dans son attitude.

  • Ça ne se fait pas et Harry n'a pas l'air content, ajouta Mia désignant du regard Harry.

  • Laisse les faire, soupira Draco. Ne t'en mêle surtout pas.

  • ...

  • Regarde, ils sont de nouveau ensemble et manifestement Jim fait très bien la différence entre les bras de Dean et ceux de notre ami.

    Si tu t'occupais un peu des deux apollons qui sont dans ta vie?

  • Deux apollons vraiment? les taquina la jeune fille.

  • Tu n'en es pas persuadée? Après tous les regards lubriques posés sur notre plastique pendant cette soirée? Toutes les mains qui nous ont frôlés aussi bien masculines que féminines? Tous les corps qui nous ont effleurés tout à fait par mégarde bien sûr? Mia tu es désespérante, soupira Dray.

  • C'est à cause du whisky pur feu toutes ces attentions...

  • Oh oh! Tu entends Sy, elle est déjà lasse de nos corps.

  • Nous allons devoir trouver une remplaçante! Quel ennui! Que penserais-tu de Lea?

  • Trop maigre!

  • Nadia?

  • Trop blonde!

  • Luna?

  • Trop terre à terre.

  • Parvati?

  • Les jumelles? Intéressant! Mais trop gryffondor!

  • Lavande?

  • Trop bavarde!

  • Il n'y en a qu'une qui est faite pour nous... qu'en penses-tu?

  • La petite Hermione, la miss-je-sais-tout avec sa crinière brune?

  • Celle-là même! Mais elle n'est pas déjà prise?

  • Si, elle est même mariée à deux crétins de serpentard... Faut-il être bête pour multiplier les problèmes par deux?

Draco avait pris sa femme sur ses genoux et Sylas tout contre lui avait enlacé ses mains aux siennes. Hermione, retrouvant l'atmosphère légère et douillette de leurs flirts amoureux, riait. Elle se laissa aller dans leur cocon de tendresse nichant sa tête dans le creux de l'épaule de Draco qui échangea un coup d'œil entendu avec son homme.



  • Tes bras me manquaient! Où étais tu?

  • Je n'étais pas loin, je te regardais danser, mon amour.

  • Embrasse-moi, chuchota Jim.

  • Toi demain matin tu vas regretter d'avoir bu autant, fit Harry posant un doux baiser sur les lèvres de son petit ami.

Mais Jim ne l'entendait pas comme ça, il attira le visage de Harry vers le sien, pour un baiser plein de volupté et de désir, il le prolongeait, explorait la bouche de son amant d'une langue indiscrète et experte qui donna à Harry une envie de gémir de plaisir. Il rompit le baiser, prit Jim par la main et le ramena vers leur table.

Draco lui lança un regard surpris.

  • C'était un peu provocant non?

    Ce n'était surtout pas voulu, soupira Harry, regardant Jim qui revenait du bar avec un whisky et une bièraubeurre.

  • Je vois, se marra son ami. Tu ne te plains pas trop quand même, je suppose.

  • Non, mais je me serais bien passé de faire encore l'objet des potins de Poudlard.

  • Tu devrais être habitué depuis sept ans.

  • Je ne m'y suis jamais fait!

  • Dray? Tu ferais l'amour dans le parc toi? demanda Jim pendant que Harry levait les yeux au ciel.

  • Heu... Tout dépend des circonstances mon beau! La nuit si le parc est désert pourquoi pas? Ce ne serait pas la première fois! répondit Draco prudent. Le faire dans les dortoirs communs ce n'est pas évident, mais si j'en avais eu la possibilité j'aurais choisi le confort d'une chambre douillette loin du regard possible des autres. Pourquoi?

  • Comme ça, répondit Jim avec un air satisfait.

  • Harry? Jim?

  • Oui Papa?

  • Je crois que tout le monde commence à être fatigué. Il serait peut-être temps de rentrer. Nous devons encore rentrer à nos hôtels respectifs et demain certains ont déjà des rendez-vous.

  • Nous y allons dès que vous le voulez.

  • Merci Harry.

  • Harry j'ai fait relier la cheminée de Haultepenne à celle de cette grande salle, intervint Minerva, ce sera plus facile surtout que quelques uns ont bu un peu trop et auraient difficile de transplaner correctement.

  • Bien, nous allons donc passer par là!



Une heure plus tard, tout le monde avait voyagé dans le réseau de cheminette. Les politiciens étaient repartis vers leurs hôtels après échange de coordonnées et le châtelain, Lucius, Kingsley, les aurors et les jeunes sorciers aspiraient à leur lit. Les aurors restaient à Haultepenne jusqu'au départ de leurs protégés, les escortant dans le monde sorcier.



Harry poussa Jim dans la douche, il l'aida à se laver, à s'essuyer puis le poussa vers leur lit. Jim s'y laissa tomber avec un soupir de satisfaction.

  • Tu viens?

  • J'arrive, mon grand. Deux petites minutes.

Il prit Jim dans ses bras. Un léger grognement de bien-être répondit à son geste, amenant sur le visage de l'Elu du monde sorcier un sourire plein de tendresse pour le jeune moldu déjà endormi contre lui.



Mon Dieu... Depuis quand est-ce que mon lit est situé à côté des rails de chemin de fer? Pourtant, je suis dans ses bras! Misère! Hier! La soirée! Pourvu que je n'aie pas fait de bêtises! Qu'est-ce qu'il m'a pris de boire? Au secours! J'ai tout un troupeau d'hippogriffes dans la tête dirait mon chéri! J'espère que je ne lui ai pas fait honte! Bon! salle de bain d'abord! Tiens, un petit mot! "Prends ça pour ton mal de crâne, mon amour, ça ira mieux après!" Il a pensé à moi, il ne doit pas être trop fâché! Beûrk, c'est dégoûtant comme goût! Une douche! J'ai l'impression d'en avoir pris une hier soir mais dans l'état où j'étais, j'ai dû rêver... C'était mauvais mais je n'ai déjà presque plus rien! Encore une potion à Draco sûrement! Dray? J'ai rêvé ou je lui ai demandé si il ferait l'amour dans le parc? Ensuite mes dents! Des tonnes de dentifrice, ça enlèvera ce goût en même temps! Mione qui me fait déjà la tête depuis la tour de l'astronomie, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs, ça ne va pas arranger les choses! Qu'est-ce que je fais? Je retourne dormir? Je ne suis pas pressé de me retrouver face à mes idioties! Je suis désolé mon tendre amour... Oui, serre moi fort, je ne suis pas sûr que tu seras de la même humeur quand tu seras réveillé! Mais que je suis con! Mais que je suis con!



Harry ouvrit les yeux, le soleil entrait en flots lumineux par les hautes fenêtres à petits meneaux, il avait envie de s'étirer comme un chat dans sa chaleur. Le corps tiède blotti contre lui renforçait cette impression...

Jim... Qui avait un peu trop bu la veille, qui l'embrassait passionnément devant tous, qui demandait à Draco si il ferait l'amour dans le jardin de Poudlard... et qui dormait dans ses bras avec une moue enfantine, le soleil jouant dans ses boucles blondes. Il caressa doucement sa joue du dos de la main, provoquant un geste du dormeur et un murmure : Harry...

Il sourit...

  • Je suis là mon tout beau, je suis là, souffla-t-il.

Il caressa le corps moite de sommeil, posa ses lèvres à la base du cou, remontant doucement jusque derrière l'oreille, sa langue redescendit en traçant un sillon humide jusqu'à l'épaule. Sa main insista sur le torse, pinçant les tetons, descendit jusqu'à l'élastique du boxer qu'il taquina sans toutefois l'ôter. Il remonta pour prendre le visage de Jim dans sa main et le tourner vers lui, il y déposa des baisers légers avant d'effleurer ses lèvres de coups de langues mutins. Le gémissement qui lui parvint le fit sourire, il savait qu'il ne dormait plus depuis un moment, son souffle avait changé se faisant erratique.

Doucement il força le passage et explora avec volupté sa bouche, elle avait une saveur unique, douce et sucrée qui bouleversait ses sens. Il passa la main sur la bosse que dévoilait indiscrètement le boxer pour effleurer le sexe dur. Le mouvement des hanches qui vint en réponse le fit frémir d'impatience mais il voulait y aller doucement, Jim n'était jamais le dominé. Aujourd'hui pour la première fois il voulait lui faire l'amour.

Le baiser se fit passionné, emporté, presque violent. Les mains de Jim parcouraient son dos et le bas de ses reins provoquant des frissons de plaisir. Sa langue descendit vers le boxer qu'il maltraitait depuis tantôt, ultime barrière avant la nudité de son ange blond. Il effleura au passage le nombril le gratifiant de quelques légères traces humides pour arriver au but, le sous-vêtement gênant. Peu à peu d'une main il fit reculer celui-ci pendant que sa bouche possédait au fur et à mesure le terrain dévoilé, Jim souleva doucement le bassin et Harry fit glisser l'indésirable.

Il lécha sur toute la longueur de la virilité dénudée, aspirant les gouttes de plaisir qui perlaient déjà au bout du gland, il saisit celui-ci de façon avide, accompagnant sa caresse de celle de ses doigts sur la hampe. Jim geignait son plaisir. La seconde main palpait fermement les bourses gonflées, les faisant rouler sous ses doigts. Il remonta doucement le long de son corps, se couchant sur lui, sexe durci contre sexe durci. Bloquant ses mains de chaque côté de sa tête, il se frotta lascivement contre son corps avec une lenteur insupportable, investissant sa bouche avec passion. Il lâcha un de ses poignets pour lécher ses doigts devant Jim de la façon la plus érotique possible sans quitter son regard, le faisant grogner d'impatience.

  • Tu as décidé de me rendre fou...?

La main de son amour qui caressait sa virilité gonflée jusqu'à la douleur avait tendance à lui faire oublier son but. Il se perdait dans les yeux bleus assombris de désir qui suivaient ses gestes. Il s'arracha à ces sensations enivrantes pour redescendre vers la hampe la léchant de nouveau pendant qu'il effleurait l'intérieur de ses cuisses puis il caressa la barrière de son intimité du bout des doigts la massant doucement pour la distendre, il y introduisit l'index. Changeant de position il délaissa le sexe pour pouvoir remplacer l'index par sa langue, provoquant chez Jim un râle rauque de plaisir.

  • Viens, viens...

  • Chut, laisse moi faire! fit son amant en mouillant à nouveau ses doigts, en introduisant cette fois deux et reprenant ses caresses le long de la virilité gonflée.

Il reprit son sexe en bouche lorsqu'il introduisit un troisième lui faisant oublier l'intrusion un peu douloureuse. Harry allait le plus loin possible arrachant à Jim des gémissements rauques tout en créant des va-et-vient avec ses doigts dans l'intimité chaude de son amant dont le bassin devançait les mouvements pour les amplifier.

  • Harry, je te veux toi...

Harry plaça les jambes de Jim sur ses épaules et se positionna à l'entrée de la barrière distendue puis força doucement le barrage, plongeant lentement dans le fourreau brûlant et serré avec un râle de volupté. Jim d'un mouvement des hanches vint au devant de lui dans un cri de félicité. Harry commença des va-et-vient d'une lenteur exaspérante, approfondissant le contact, cherchant la bonne position pour atteindre le centre du plaisir de son amour. Quand enfin il le toucha, il vit les yeux de Jim s'agrandir de volupté, il mordait ses lèvres pour ne pas crier. Il pressa le mouvement, martellant autant qu'il le pouvait la prostate, quand il se sentit proche de la jouissance, il prit en main le sexe de son amant pour que son bien-être soit complet, le caressant en de longs aller et retour.

Jim avait renoncé à se taire et gémissait, les mains crispées sur les draps. Harry guettait la montée de la volupté sur le visage aimé, quand il sentit celle-ci pulser dans le membre érigé et la semence en jaillir dans sa main, il se laissa aller à la délivrance dans un grand cri tandis que l'anneau se resserrait autour de son membre augmentant encore l'extase qui le faisait défaillir. Il fit encore deux ou trois mouvements lents pour limiter ce sentiment d'abandon, de vide ressenti quand l'autre se retire, jeta un sort de nettoyage avant de se laisser aller contre lui, goûtant à sa bouche cette sensualité lascive, ce don de soi d'après l'amour, moment de douce félicité inégalable.

  • Merci, mon amour.

  • Pourquoi merci? Jamais je n'ai eu autant de plaisir.

  • Pour ce don de toi, je sais que tu n'as jamais voulu être dominé.

  • Comme je n'avais jamais aimé. Si j'ai commencé par être dominant, c'était pour te guider. Je savais que dans notre relation amoureuse, ça ne durerait pas et que nous allions partager les rôles et c'est très bien comme ça.

    Dis?

  • Hmm?

  • Hier, j'ai fait des bêtises?

  • Des bêtises? Comme quoi? se marra tendrement Harry.

  • ...

  • Comme de m'embrasser avec passion en te collant à moi toute le long d'une danse, tes mains dans mes reins?

  • Mon dieu...

  • Comme de demander à Draco si lui ferait l'amour dans le parc de Poudlard?

  • Ça je m'en souviens.

  • Comme de danser dans les bras de Dean devant moi alors que tout le monde sait qu'il veut sortir avec toi?

  • Je n'ai pas fait ça?

  • Mais si mon amour.

  • ...

  • Ne fais pas cette tête, tu étais adorable avec tes yeux un peu dans le vague et tes mains entreprenantes...

  • Adorable? Comment peux-tu penser ça? gémit-il.

  • Tu as dansé avec Dean c'est vrai mais même en ayant trop bu tu l'as gardé à distance, j'ai pris sa place dès la fin de la danse et tu t'es blotti de suite dans mes bras. Pour moi c'est le principal.

  • ...

  • Tu es parfait pour moi, Jim. Je t'aime.

  • Je t'aime aussi, fit-il avec un soupir de bien-être, pensant que jamais il ne pourrait l'aimer plus qu'en cet instant.

    On rentre à Poudlard aujourd'hui?

  • Oui, je vais essayer de négocier avec Minerva le fait que tu dormes avec moi à la septième bis tout en moins en semaine, si ce n'est pas le cas on rentrera à Astor's Lodge tous les jours.

  • Et mes cours?

  • Je n'ai pas trouvé de solution. La seule chose que je puisse te proposer c'est de te faire transplaner tous les matins dans ton collège et venir te rechercher quand tu as fini, je m'arrangerai pour les horaires. Tu en as encore pour longtemps?

  • J'ai déjà passé des pré-sessions avec dispense pour 4 matières en février, j'ai un examen la semaine prochaine et les autres du 26 mai au 8 juin.

    Je devais faire un module spécial langue mais je ne suis plus sûr de son utilité, le master en sciences politiques internationales avec en finalité la diplomatie et la résolution des conflits devrait suffire. Je préfère si c'est possible, assister à certains cours à Poudlard en préparation des cours de l'université sorcière. Je voudrais suivre les runes, l'histoire de la magie, l'arithmancie, les potions et l'étude des moldus.

  • Les potions? L'étude des moldus?

  • Les potions par curiosité, par goût...

    L'étude des moldus car je veux savoir comment ils sont présentés aux jeunes sorciers.

  • Bon, on va aller arranger tout ça!

    On va d'abord voir si les autres sont réveillés.

    Ne fais pas cette tête, ce n'est pas grave! La dernière fois que nous sommes sortis en boîte ensemble c'est moi qui ai pris la potion gueule de bois.

  • Déjà que Mione me fait la tête et que je ne sais pas pourquoi...

  • Tout simplement parce qu'elle a toujours occupé la première place dans ma vie et dans mon cœur... Maintenant elle doit te la céder et partager la seconde avec Draco! Elle est intelligente, elle va réfléchir et changer sa façon de voir les choses, c'est une question de temps.

    Viens, fit Harry en l'attirant par la main posant un baiser tendre sur ses lèvres au passage.

  • Vous êtes les premiers levés jeunes gens! Un café, Jim? Et vous Harry?

  • Un café aussi. Merci.

  • Alors, êtes vous content du résultat de cette conférence?

  • Tout à fait et nous vous remercions de votre accueil.

  • Ce fut un plaisir, la découverte de votre monde fut un enchantement.

  • Il ne tient qu'à vous de renouveler l'expérience, il vous suffit d'un simple coups de fil.

  • Je n'y manquerai pas. Avant que vous partiez, j'aimerais vous dire que ce que j'ai préféré dans tout ce que j'ai vu c'est l'amour qui tous vous unit, vous motive, il nous a beaucoup ému. L'amour entre vous deux, l'amour envers vos amis, entre vos amis, envers votre monde, envers Sylvain... Dites-vous bien que c'est grâce à cet amour que cette conférence se termine aussi bien!

  • Merci, ça nous touche beaucoup.





Ils étaient réunis dans la grande chambre du trio attendant le retour de Harry parti discuter avec Minerva. Son absence trop longue annonçait des difficultés.

La porte poussée d'une main rageuse confirma de suite les appréhensions de Jim. Harry lui lança un regard perdu qui le fit tressaillir. Il lui tendit la main et il vint se réfugier contre lui sous l'oeil étonné de leurs amis qui avaient l'habitude de le voir fort, alors que là il semblait s'en remettre à Jim.

  • Explique, demanda ce dernier.

  • Elle a refusé pour Poudlard, ça c'était du domaine du possible, on le savait... C'est dommage car j'aurais voulu mieux tenir les serpentards. Elle a par contre accepté que tu suives les matières que tu as choisies mais uniquement avec la septième bis, ce qui veut dire que tu dois te plier à nos horaires même si ça te pose des problèmes avec Cambridge.

    Si nous voulons vivre ensemble sur le campus de l'université sorcière, nous devrons conclure un mariage sorcier avant. Pour ce qui est des cours que tu donneras et dont tu discuteras avec elle, elle voudrait que tu donnes cinq heures de cours de politique et cinq d'histoire de politique moldue par semaine, ainsi que trois ici à Poudlard. C'est sa condition pour ton inscription en première année à l'université. Si tu veux tu peux aussi prendre le poste de professeur d'étude des moldus pour les trois dernières années à la rentrée. Quant à moi, je devrai enseigner la défense contre les forces du mal dix heures par semaine.

  • Mais pourquoi t'imposer des conditions d'acceptation, tu as des résultats nettement supérieurs à ce qui est exigé pour entrer à l'université? s'exclama Hermione.

  • Ce ne sont pas des conditions pour ton acceptation mais pour la mienne, c'est ça? Tu dois, toi aussi, payer de ta personne pour qu'elle accepte ton amant moldu...

  • Oui.

Jim, posant son front contre celui d'Harry, ferma les yeux.

  • Pourquoi ne vous mariez-vous pas?

  • Ça lierait Jim à notre monde, je ne peux pas lui imposer ça Draco. Il n'y a pas de divorce au mariage sorcier.

  • Tu ne crois pas que c'est à lui de décider?

  • Je t'ai donné à un moment l'impression que j'hésitais à te suivre?

  • Non, jamais, mais je ne veux pas que tu te sentes piégé et que ça mine notre relation.

  • Vous avez encore quatre mois pour réfléchir...

  • Elle veut la réponse d'ici la fin du mois pour ta pré-inscription. C'est valable d'ailleurs pour l'inscription de tous, vous allez recevoir vos hiboux demain. Elle veut avoir une idée de ce à quoi elle va devoir faire face. La demande de logement dans le campus doit être rentrée en même temps.

  • Je vois, elle a l'air ravie de m'accueillir.

  • Je crois plutôt qu'elle ne veut pas créer de précédent qui ferait dire si elle refusait ensuite une inscription dans les mêmes circonstances, que l'Elu a bénéficié de faveurs spéciales, intervint Sylas. Pourquoi ne prenez vous pas un appartement à Cambridge?

  • On va réfléchir ensemble à une solution, fit Jim. Si nous devons prendre un appartement à Cambridge, je suis obligé de prendre le poste de professeur d'étude des moldus. Ça me fera un temps plein étudiant et plus qu'un mi-temps en tant que professeur. En multipliant les heures de cours à donner sur deux sites aussi distants elle ne me facilite pas les choses.

  • Tiens voilà ton horaire pour les cours que tu as choisis. Je n'ai pas étude des runes, tu seras avec Mione et Draco ni arithmancie tu seras avec Mione. Il est temps d'aller en histoire de la magie d'ailleurs, finit-il en l'entraînant par la main.

Si son intégration dans la septième bis se fit sans problème, les commentaires allèrent bon train dans la grande salle quand la présence de Jim au repas du soir interpella les élèves des différentes maisons. Le trio entourait les deux amis. Hermione semblait avoir oublié sa jalousie devant le désarroi du couple.

La soirée se passa à discuter dans la salle commune des projets pour l'AD, déterminer les dates des entraînements que devaient donner Harry et le trio. Jim se trouva réquisitionné pour enseigner les rudiments du close combat. Il jetait des coups d'œil discrets vers Harry, il le connaissait assez maintenant pour savoir que celui-ci culpabilisait de l'avoir entraîné dans cette situation. Son humeur n'avait pas l'air de s'arranger au fil des heures. Quand ils quittèrent l'école pour retrouver Astor's Lodge, elle était carrément sombre. Jim retrouva avec plaisir la machine à café et s'empressa d'en faire deux tasses. Harry appuyé contre le plan de travail de la cuisine le regardait faire. Il enlaça le bougon, l'attira dans ses bras même si il sentait son humeur peu coopérative...

  • Arrête de te tracasser mon amour. Le principal pour moi c'est que nous soyons ensemble et il n'est pas question que je renonce à nous, le parcours serait-il dix fois plus compliqué que ce qui nous attend.

    Parle-moi du mariage sorcier...

  • Pour se marier, il faut être deux! Et je ne veux pas t'épouser!

  • Tu ne m'aimes pas assez pour ça? demanda Jim en soupirant.

Harry sursauta tout en le regardant comme le dernier des demeurés.

  • Tu as décidé de me faire tourner en bourrique?

  • Je cherche une explication rationnelle.

  • Jim, tu la connais, alors ne me fais pas ça, veux-tu? Je t'aime et si ce n'était que moi... mais tu vas y perdre tellement! Tu te rappelles la première fois à Cambridge, tu as dit que nous avions des responsabilités dont tu ne voudrais pas, même en ayant cinq ans de plus. Je suis déjà en train de t'impliquer dans un monde, dans un affrontement qui ne sont pas les tiens. Là on parle de créer un serment indéfectible et je ne veux pas de ça.

  • Et si moi j'en veux? Je ne suis pas un enfant que tu dois protéger, j'ai mon libre arbitre. Tu as dit que tu avais réfléchi avant de te lancer dans une relation homosexuelle, tu as parlé à mon père de mariage, d'adoption... Tu ne le pensais pas?

  • Je pensais chaque mot que j'ai dit. Un mariage moldu il y a le divorce, un mariage sorcier non. Si la situation te semble trop lourde, si tu ne t'habitues pas, si un jour tu ne m'aimes plus, tu ne pourras pas faire demi-tour et je veux que tu sois heureux même si ça veut dire sans moi.

  • ...

  • Le mariage traditionnel sorcier c'est un serment à vie et quand un des deux est moldu c'est un bannissement du monde sorcier si il rompt son engagement, ses biens restent à son conjoint et les enfants issus du mariage aussi. Il n'a plus aucun droit dessus même plus celui de les voir, il dépend pour ça du bon vouloir de son ancien époux.

  • Ça te fait peur?

  • Oui! J'ai peur de te perdre si tu te sens piégé. J'ai peur que tu ne sois pas heureux.

  • Je ne l'avais jamais été avant toi et je ne veux pas que tu doutes de moi. Penses-y, si tu veux de ce mariage je suis d'accord. Je crois que de toute façon on y arrivera alors pourquoi attendre? Tu sais très bien que si tu exerces une fonction publique tu ne pourras pas te permettre d'être en dehors de la légalité.



Le lendemain, ils suivirent les cours toute la journée. Jim ayant deux heures non occupées en profita pour aller à la bibliothèque. Il en ressortit en sachant tout sur le mariage sorcier. Dès les cours finis, ils transplanèrent à Astor's Lodge, se changèrent puis avec le trio et Erwin, se rendirent au Manoir Malefoy où Teddy attendait avec impatience ses parents et son parrain. Ils y retrouvèrent Kingsley, Liam, Arthur et Molly, Ginny, Charlie et Sylvain que Lucius avait été chercher. Jimmy devait venir les rejoindre dès qu'il aurait fini.

Le dîner se passa dans une atmosphère bon enfant. La réussite de la conférence, les contacts noués avec les diplomates moldus avaient encouragé les indécis dans le chemin du rapprochement et les yeux, ce soir là, brillaient de contentement.

Lucius avait posé à plusieurs reprises son regard sur Harry et son compagnon, manifestement ils n'étaient pas à l'unisson de la joie ambiante. Draco devait savoir ce qu'il en était. Justement celui-ci essayait d'attirer son attention et lui faisait passer un message, il opina, se leva et se dirigea vers son bureau, ils avaient un bon quart d'heure avant le café. Il ne fallu pas deux minutes à son fils pour le rejoindre. Quand il revint Draco avait un grand sourire et ses yeux ne se posèrent ni sur Mia ni sur Sy, ses amours mais sur son frère ennemi.

Un gros gâteau avec une bougie allumée lévita jusqu'à Teddy qui souffla cette dernière sous les applaudissements et le crépitement des flashes. Les cadeaux apparurent devant le petit garçon tout excité qui arracha les papiers aidé de Sylvain.



  • Harry, Jim, je voudrais vous parler tous les deux. Si vous pouvez me suivre dans mon bureau.

    Je vous sers un petit whisky? Jim? taquina Lucius avec un petit rire moqueur.

  • ...

    C'est dommage, il est meilleur que celui de Poudlard, fit-il avec humour.

    Draco m'a raconté votre problème avec Minerva. Je ne peux intervenir dans la gestion de l'université et du campus mais les professeurs eux dépendent du ministère ainsi que les logements qui leur sont attribués. Comme tu vas enseigner à l'université ainsi qu'à Poudlard, Jim, je peux vous attribuer un appartement de fonction dans la partie très calme réservée aux professeurs. Je suis certain que les elfes vous soigneront tout particulièrement. Vous pourrez au choix prendre vos repas au restaurant des professeurs ou dans votre logis. Toutefois, il faut que tu négocies avec elle le fait d'enseigner au moins vingt heures et pas treize comme elle semble l'avoir prévu.

    En ce qui concerne le mariage sorcier, je pense que ce serait une bonne chose, mais vous aurez ainsi la possibilité de décider de vous unir ou pas sans pression sur les épaules.

    Ça va mieux? termina-t-il en regardant Harry qui opina seulement, la gorge nouée par l'émotion.

  • Merci Lucius.

  • Ce n'est rien Jim, nous vous attendons avec impatience au ministère, je tiens à ce que vous vous consacriez à vos études sans soucis supplémentaires.

    De toute façon, vous le méritez bien tous les deux. Si l'université est réouverte c'est en partie grâce à vous et si nous avons eu ce résultat lors de la conférence avec les représentants du conseil de l'Europe c'est encore à vous que nous le devons en grande partie, Minerva semble l'avoir oublié.

  • Merci Lucius. Dire qu'il va falloir que je remercie un ami de ses indiscrétions! fit Harry en souriant.

  • Draco vous aime beaucoup. Je crois qu'il ferait beaucoup pour vous voir heureux même demander un service à son père.

Dray regardait son fils jouer avec un petit train en bois qu'il venait de recevoir pour son anniversaire, lorsque ses deux amis l'entourèrent en souriant et lui posèrent en même temps chacun sur une joue un gros bisou bruyant. Il referma ses bras autour d'eux et les serra très fort contre lui .



Après la fête d'anniversaire de Teddy, ils rejoignirent l'hôtel Saint-Maur par le réseau de cheminette sécurisé.

Harry retrouva avec émotion le haut lit à baldaquins qui avait accueilli leurs transports, leurs premières jouissances se promettant d'en connaître très bientôt d'autres...ce qui ne sembla pas déplaire à Jim.



Draco s'éveilla le premier, pourtant il garda les yeux fermés. Dès qu'il les ouvrirait, la journée commencerait. Là encore un peu perdu dans les replis du sommeil, il repoussait loin de lui l'instant où il lui faudrait affronter la lumière. Il goûtait ce moment de paresse voluptueuse blotti aux creux des draps de soie, il fuyait le froid humide, le bruit de la houle, le lever brutal par les gardiens... mais cette fuite était encore une souvenance.

Un seul savait ses terreurs, un seul savait les lui faire oublier. Il savait toujours! Qu'il dorme ou qu'il soit en cours, qu'il se réveille ou s'endorme, il savait encore et toujours. Comme ce matin! Sa main déjà l'attirait vers son corps élancé qui se couchait tout contre lui et l'enlaçait, sa voix chaude lui murmurait des mots d'amour rassurants apportant autant de pierres chaudes à l'édifice qui le dissimulait aux autres.

Etait-ce le lien? Non! Pas que lui! Mia n'avait jamais su ses peurs, ne les avait même jamais soupçonnées. Nul ne savait sauf lui qui avait tout compris sans que rien ne soit dit! Sylas son amour!

Et peut-être son frère ennemi aussi qui le devinait si bien... Depuis qu'il était avec Jim, il faisait preuve d'une nouvelle sensibilité que lui avait apportée la découverte de l'amour. Il lui avait promis de changer tout cela et il était certain qu'à ce moment là son âme était nue devant le regard pénétrant, mais peu importe elle était en de bonnes mains. Il le croyait et l'amitié de cet homme était un bien précieux entre tous.

Les bras de Sy l'entouraient, forts et tendres à la fois. De plus en plus souvent, il changeait de place au petit matin, délaissant sa mie pour venir le rassurer. Depuis le rejet de ses parents, parfois, c'était lui qui au milieu de la nuit cherchait son réconfort. La journée, ils entouraient, câlinaient, aimaient Mia, ils riaient à trois, décidaient à trois, faisaient l'amour à trois, mais ils avaient peur à deux!

  • On se lève, tendre ami, pour déjeuner ensemble?

  • Encore quelques minutes, mon amour, fit Draco emmêlant ses jambes à celles de Sy, caressant son dos juste en dessous de la taille là où il le savait sensible.

  • Hmm... Si tu continues...

  • Viens... fit Dray en s'asseyant au bord du lit avant de se lever.

  • Dray?

  • Je n'ai pas envie de la réveiller maintenant... Je ne supporte plus ses humeurs, Sy. J'en ai assez de l'entendre critiquer Jim toute la journée alors que tout ce qu'elle a à lui reprocher c'est que Harry l'aime. Ça devient de l'obsession. Il n'y a pas plus gentil que ce garçon et il adore Harry.

  • Elle a été mal pourtant quand elle a vu leur découragement au sujet de l'université.

  • Mal mais pour son ami et elle a fini par trouver que si il n'y avait pas eu Jim, il n'y aurait pas eu de problème.

  • J'ai une idée pour les rapprocher, fais-moi confiance, mais pour ça il va falloir un peu éloigner Harry et ça ne va pas être facile, ils sont très fusionnels.

  • Je me charge de notre ami.

  • Viens on va prendre notre douche.

  • Sy...

  • Viens...



Ils descendirent prendre leur petit déjeuner une heure plus tard, se tenant par la taille, les yeux brillants et avec un sourire apaisé. Jim les contempla, ils étaient superbes dans cet éclat d'après l'amour. Il était loin de soupçonner que ses vis-à-vis en pensaient autant d'eux. Deux tasses de café et quelques croissants plus tard, Sylas malgré leur plan décida de jouer franc jeu.

  • Nous avons un problème avec Hermione et vous pourriez nous aider à le résoudre. Draco en est venu à ne plus supporter sa présence pour le moment et je dois avouer que je n'en suis pas loin. Cet état de chose vous concerne.

  • ...

  • Arrêtez d'échanger ces regards idiots. Ce n'est pas évident à dire.

  • Tu veux parler de la jalousie de Mione envers Jim depuis le jour où je me suis senti mal?

  • Je vois que ça ne t'a pas échappé! fit Draco amèrement. C'est devenu une obsession et rien n'y fait!

  • Je la connais. J'en ai même parlé avec Jim il y a deux jours. En plus, elle ne supporte que difficilement notre rapprochement Dray.

  • Je sais, soupira ce dernier.

  • Vous voulez quoi? intervint Jim.

  • Que tu étudies avec elle les carnets noirs d'Ambre de Saint-Maur pendant que Harry, Sylas et moi sortons faire des courses.

  • Bien entendu c'est elle qui te le proposera, ça j'en fais mon affaire. De toute façon, je suis persuadé qu'au stade où nous en sommes, il n'y a plus de hasard. Ces carnets nous apporteront une réponse aux interrogations que nous avons encore sur la prophétie. La fête de Beltane c'est le week-end prochain.

Les deux amants échangèrent un regard ne voulant pas répondre sans l'assentiment de l'autre mais les deux demandeurs savaient à l'avance que la réponse serait positive.

  • Pas de problème, Dray, répondit Jim.

  • Je sais que ce n'est peut-être pas ce que vous aviez attendu de votre week-end mais...

  • Ne te tracasse pas, de toute façon ce sera peut-être intéressant.

  • Monsieur Harry, vous venez de recevoir un courrier urgent, mais le grand-duc ne se laisse pas approcher.

  • J'arrive Gauthier.

  • Je suis désolé de te demander ça Jim.

  • Laisse tomber Dray. Le pacte d'alliance c'est jusqu'à la mort et c'est à trois que ça se fait.

  • Je l'aime toujours autant Jim et Sy aussi.

  • Oui mais vous en êtes arrivés à la fuir pour être ensemble et à faire l'amour à deux.

  • Ah!

  • Oui, c'était évident quand vous êtes arrivés. Vous étiez magnifiques de sensualité satisfaite.

Draco et Sylas échangèrent un regard complice et moqueur.

  • C'est ce que nous avons pensé en vous voyant Harry et toi.

  • ...

  • Tu ne trouves plus rien à répondre? Le futur diplomate du monde sorcier déstabilisé par une simple remarque! Arrête de rougir, si Harry revient maintenant il va croire que je t'ai fait des avances! Quand on parle du loup... Alors c'était quoi?

  • Ron a été transféré à Azkaban par les soins du crapaud rose, son procès est prévu pour le 6 mai. J'ai prévenu ton père à lui de jouer. J'espère qu'il a assez d'influence que pour qu'il reste à l'ombre un moment.

  • Il fallait bien ça en plus! soupira Jim.

  • Je sais ce que tu penses, j'avais promis de trouver une solution pour que tu puisses aller aux cours en toute sécurité...

  • Non tu ne sais pas ce que je pense! Ma sécurité n'a jamais été ma préoccupation première! Je ne suis pas un pauvre être fragile que tu dois protéger, fit Jim en se levant hors de lui.

  • Mais... fit vainement Harry en regardant la porte qui se refermait sur son amour.

  • Harry, tu ne te rends pas compte parfois de ce que tu dis. Jim est un homme et il a sa fierté. Toi, tu te dis que n'étant pas sorcier il ne peut résister à un traquenard monté par le crapaud. Lui ne le voit pas comme ça et il a raison. Il est un karatéka rompu au combat, un homme en pleine possession de ses moyens, il est ton aîné et c'est toi qui le considère comme la chose à protéger. A chaque fois que nous avons été en mission, il a tenu son rôle sans faiblesse, il t'a sauvé la vie à Sainte Mangouste...

  • ...

  • Pourquoi le crois-tu faible? A cause de l'étendue de son amour pour toi?

  • Non l'amour ne rend pas faible, l'amour rend fort. Et je ne le considère pas comme fragile, au contraire... Mais c'est à cause de moi qu'il est dans cette situation, c'est donc à moi à l'en sortir tout simplement et je le lui avais promis.

  • Je comprends pourquoi te marier ne t'arrangeait pas, fit Sylas. Tu n'es pas prêt à accepter le principe du mariage. Le partage du meilleur et du pire pour toute la durée de la vie commune, c'est pas ton genre, trop gryffi l'amoureux! C'est moi qui donne et toi tu reçois et tu te tais, c'est ta vision des choses!

Harry darda son regard devenu presque noir sur son ami puis sorti sans un mot les poings serrés.

  • Tu l'as vraiment mis en colère, hein!

  • Je sais, c'était voulu.

  • J'avais compris, mais tu sais qu'Harry ne fait jamais les choses comme tout le monde.

  • C'est ça où ils vont rester fâchés un moment et tu te rappelles la dernière fois qu'ils se sont disputés au début de leur relation? Nous avions des zombies comme amis.



Harry s'était réfugié sur le banc dans le jardin dont la pelouse avait été ensemencée. Les yeux dans le vague il se remémorait le bref échange de paroles entre Jim et lui après la réception du message.

Bon, il s'était montré trop protecteur mais pourquoi cette explosion de rage? Ça n'en valait pas la peine. Oui, ce n'était pas la première fois qu'ils avaient ce genre de conversation. Oui, il avait dit à Jim qu'il l'accompagnerait à l'université le matin et viendrait le rechercher mais c'était pour le faire transplaner... Quant au mariage il ne demandait que ça, si il s'était montré réticent c'est qu'il voulait protéger Jim... ah! Oui encore! Bon! Tout compte fait, il n'avait peut-être pas tout à fait tort... Est-ce que lui supporterait cette attitude? Non! Définitivement non!

Sans s'en rendre compte, il eut un gémissement, il allait lui en vouloir et ça il ne le supportait pas! Il allait devoir s'excuser, reconnaître ses torts...



Il le trouva couché dans les courtines fermées. Il se faufila contre lui sans qu'il bouge.

  • Jim je suis désolé, c'est toi qui as raison. J'ai réfléchi, ce n'est pas la première fois que je fais cette erreur. Je sais que c'est de l'égoïsme, j'ai tellement peur de te perdre. Je ne vais pas t'implorer ou me mettre à genoux, ce n'est pas moi. Pardonne-moi.

  • Je ne t'en veux pas, je sais que tu as toujours été amené à avoir cette attitude autour de toi, je sais que c'est ce qu'on a attendu de toi depuis que tu as onze ans et qui plus est de la part d'adultes, que tu as toujours tout fait pour répondre à leur attente, mais moi, ce n'est pas ce que je veux, mon amour, je désire un compagnon de vie, avec qui tout partager.

  • ...

  • Je ne t'ai vu montrer un moment de faiblesse que quand tu es revenu du bureau de Minerva et hier lors de l'entretien avec Lucius. Je sais que je ne te verrai certainement jamais pleurer mais j'aimerais que tu te laisses aller parfois, que tu te donnes... et pas seulement quand nous faisons l'amour. Fais moi confiance, sois toi-même!



Le trio était réuni autour de la table du déjeuner et attendait leurs convives. Ils entrèrent main dans la main. Draco lança un regard moqueur à Jim qui rougit en levant les yeux au ciel, ce qui accentua le sourire que le serpentard arborait.

Le repas délicieux était presque terminé quand Hermione s'adressa à Jim.

  • J'aimerais jeter un coup d'œil au carnets d'Ambre de Saint-Maur, tu crois que tu pourrais m'aider cet après-midi?

Jim tourna la tête vers Harry avec une interrogation dans le regard.

  • J'en profiterai pour aller faire une courses avec Dray et Sylas, j'ai besoin de leur avis pour un achat.

  • Comme tu vois Hermione, je suis tout à toi.

  • Hè là! le taquina tendrement Harry.

Jim se contenta de lui adresser un sourire victorieux. Quelque chose avait changé entre ces deux là...



  • Je me demande si ça vaut la peine de commencer par son enfance?

  • On peut jeter un coup d'œil sur ceux intitulés le pacte d'alliance, on reviendra en arrière dans le temps si c'est nécessaire.

    C'est quoi?

  • On appelle ça une plume à papote, tu vas voir c'est plus pratique qu'un dictaphone!



Jim se mit à lire le carnet n'hésitant pratiquement pas, la plume écrivait au même rythme.

Ambre de Noailles alors âgée de seize ans était très amoureuse d'un lointain cousin dont le seul défaut était d'être anglais et de suivre des études dans une mystérieuse école dans la profonde Ecosse. Elle contait son amour pour lui avec une grande tendresse et beaucoup d'humour. A plusieurs reprises il lui avait fait le serment de l'aimer et de la servir toujours. Ils avaient même mélangé leur sang et Ambre avait trouvé ça très romantique.

Pourtant bien vite le carnet parla un autre amour. Ambre avait suivi ses parents dans un voyage dans le sud-ouest. Après plusieurs jours en carrosse, les voyageurs étaient arrivés fourbus dans le château ancestral situé en bordure de la Garonne, à côté de Toulouse. Ambre s'était liée avec deux jeunes filles, filles d'un hobereau voisin, dont le castel rose était voisin. Les deux damoiselles faisaient partie de ce qu'elles appelaient le cercle des filles. Lorsque vint la fête du solstice d'été, elle initièrent Ambre et d'autres jeunes filles à leurs rituels sorciers, sautèrent au dessus des feux de la Saint-Jean et demandèrent à la jeune Ambre de se lier à elles par un serment. Ambre ne pourrait dévoiler les pratiques qu'elle voyait. Lorsque ses parents firent un déplacement chez une cousine dans l'arrière pays, ils laissèrent Ambre chez ses amies. Elle découvrit le monde sorcier.

Jim sourit souvent aux évocations de la jeune fille, il y retrouvait ses interrogations, ses observations parfois ses étonnements.

Leur frère et le meilleur ami de celui-ci, en vacances, vinrent séjourner eux aussi dans le castel rose. Ambre eut le coup de foudre pour le jeune Pierre-Marie de Saint-Maur, jeune sorcier brillant, beau, riche et noble. Tout pour éblouir une jeune fille de seize ans. Mais la vie est parfois bien faite et l'amour fut réciproque, bientôt les jeunes gens furent inséparables. Le lointain cousin ne tarda pas à les rejoindre. Il comprit très vite la relation qui unissait les deux amoureux, loin d'en être jaloux, il en devint complice. Pierre-Marie lui plaisait autant que sa cousine.

L'été s'enfuit et en septembre, Pierre-Marie rentra à Paris continuer des études dans une obscure université appelée Beaux-Bâtons, quant au cousin Draco Black, il rentra en Angleterre suivre ses propres études à l'université de Cambridge.

Jim s'arrêta pour faire le point avec Hermione. Ils se regardèrent tétanisés.

  • Draco? C'est un hasard?

  • Non! La mère de Dray est une Black.

  • Et Sylas un Saint-Maur. Tu as un rapport avec la famille de Noailles?

  • Pas que je sache!

  • Je ne crois pas que ce soit un hasard si vous avez conclu à votre tour un pacte d'alliance. L'histoire semble se reproduire. Deux sorciers de sang-purs des mêmes familles avec une moldue ou une née moldue. Bien que les rôles des sorciers semblent inversés.

    Il y a combien de cahiers sur le pacte?

  • Trois.

  • Nous avons fini presque le premier. On va aller jusqu'au bout, nous ferons le point après.

 

 

 

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12-03-2010, 21:51:46 Licorne
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05-03-2010

Chapitre XXVI. HARRY POTTER ET LE PACTE D'AMOUR.



Chapitre XXVI.  La boîte de Pandorre





Entends-tu le monde s'essoufler?

Entends-tu le monde parler?

Tous les jours on en parle
A quoi bon s'étonner ?
Passer du rire aux larmes
Ca ne fera rien changer

Entends-tu le vacarme
De ce monde égaré ?
Est-ce que notre idéal
C'est déjà du passé ?

Crois-tu qu'il faut se taire
Et ne pas y penser ?
J'aime trop cette Terre
Pour ne pas regarder

Entends-tu le monde s'essouffler ?
Entends-tu le monde te parler ?

Allons viens, n'aie pas peur

Donnons à l'univers

L'espoir d'un jour meilleur

Il n'y a pas mieux à faire

Je veux croire en l'avenir
Oublier le passé

Entends-tu le vacarme
De ce monde égaré ?
Est-ce que notre idéal
C'est déjà du passé ?

Entends-tu le monde s'essouffler ?
Entends-tu le monde te parler ?


ymusi01  Entends-Tu le monde?

Tina Arena.








Le Poudlard Express roulait dans les campagnes anglaises vers l'Ecosse et l'école sorcière. C'était leur dernier voyage dans ce sens.

Les jeunes s'étaient réfugiés dans le même compartiment laissant les politiciens, les services de sécurité, Lucius, Kingsley, Liam et Charlie se répartir dans les compartiments voisins. Sylvain quant à lui faisait la navette. Harry entendit en passant un des représentants établir une comparaison avec le mythique Orient-Express, ça le fit sourire.

Draco et Hermione se rappelaient le voyage de ce début d'année celui où tout avait commencé pour eux. Erwin et Sylas évoquaient leur tout premier trajet, là où, amis depuis leur plus jeune âge, ils étaient deux pour affronter l'inconnu alors que les autres étaient seuls. Jimmy le bras passé autour de la taille de son amour les écoutait parler de leur enfance un sourire aux lèvres.

Harry contrairement à ses habitudes et au grand étonnement de Jim s'était blotti contre lui, la tête posée sur son épaule. Il passa son bras autour de ses épaules et la tête de son amant vint se nicher dans son cou, respirant son odeur comme d'habitude. Il sentait sa nervosité mais en ignorait la raison. Il attira doucement son visage vers lui, posant un tendre baiser sur ses lèvres.

  • Tu m'expliques pourquoi tu es si inquiet?

  • Je ne sais pas ce qu'il faut leur montrer ou pas. J'ai peur de leur donner des envies de possession si je leur en fais découvrir trop.

  • Ne montre rien de plus que ce qui peut être utile à remporter leur acceptation. Oublie tout ce qui est la forêt interdite, tout ce qui pourrait donner aux scientifiques divers l'envie d'étudier votre monde de plus près. Passe sous silence les animaux mythiques des moldus, phénix, licornes, dragons, basilics et même le calamar géant. Cache les sirènes, les fées, les centaures et les lycans. Contente toi des hiboux et des chauve-souris, tu vas déjà avoir le problème des fantômes qui se promènent dans toute l'école, des tableaux qui parlent, des escaliers qui bougent...

    Tu as prévu quelque chose de particulier?

  • Je me suis arrangé avec Bill pour qu'il organise demain une séance du club de duels et avec Minerva pour organiser le jour suivant un match de démonstration de quidditch entre la septième bis et la maison serdaigle.

    Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu as encore plus peur que moi?

  • Tu sais bien que les moldus veulent toujours tout expliquer, ils veulent du concret, du rationel et le monde sorcier c'est tout sauf ça! Alors oui j'ai peur, Amour, je sais à quel point tu aimes ton monde. Ce que j'en ai vu me donne envie de le découvrir et toi, tu me donnes envie de l'aimer...

Jim s'interrompit la voix cassée. Harry regardait les yeux trop brillants de son compagnon la gorge serrée par l'émotion. La boule d'angoisse qu'il traînait dans sa poitrine depuis plusieurs jours venait enfin de lâcher prise. Il n'était pas rassuré loin de là mais il n'était pas seul, il pouvait affronter ça avec Jim. Il se rendait compte que depuis qu'il était dans sa vie son amant avait consacré la sienne à une seule chose, l'aimer. Il plongea dans les lacs qui se penchaient vers son âme inquiète et échangea avec lui un long message d'amour.

Hermione qui voulait lui rappeler un de leurs souvenirs tourna la tête vers eux et resta stupéfaite de l'intensité de leur regard. Draco suivit les yeux de sa femme et sourit sereinement.

  • Que je suis content qu'il soit enfin heureux, mon frère ennemi, murmura-t-il.

Sylas qui sentit l'émotion de ses deux amours ne tarda pas à rejoindre leur regard suivi de près par Erwin et Jimmy. Celui qui serait entré à cet instant dans leur compartiment aurait vu un sourire un peu niais sur les lèvres des cinq jeunes combattants du monde sorcier devant l'amour que se criaient silencieusement les deux garçons.

Jim doucement attira le visage de Harry pour poser sur ses paupières un baiser aussi léger qu'un souffle. Une galopade dans le couloir du train leur annonça l'approche de Sylvain. Harry quitta les bras de Jim se contentant de prendre et serrer étroitement sa main.

  • Harry, je peux acheter des bonbons?

Le jeune homme fouilla ses poches à la recherche de monnaie, c'est Jim qui lui en tendit en souriant. Le gamin disparu aussitôt.

  • Qu'est ce que tu fais? interrogea Harry en voyant qu'il continuait à chercher.

  • Je sais que tu vas vouloir acheter la même chose pour Aymeric, se moqua-t-il tendrement.

  • Tu commences à trop bien me connaître, fit Harry en éclatant de rire, mais on va aller à Pré-au-Lard, je lui en achèterai à ce moment là.

  • Parle moi de Pré-au-Lard.

  • C'est le seul village uniquement sorcier de notre monde. Il est situé juste à côté de Poudlard... Il y a quelques boutiques, deux tavernes, un salon de thé et la cabane hurlante! C'est là que mon parrain en fuite s'était réfugié. C'est nettement plus petit que le Chemin de Traverse. Les trois commerces les plus fréquentés par les élèves sont Honey Dukes, le marchand de confiseries, Zonko, le marchand de farces et attrapes, et la taverne Les Trois Balais. Il y a plusieurs passages souterrains qui relient l'école à Pré-au-Lard.

Harry prit un parchemin dans sa poche et le toucha de sa baguette.

  • Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.

Jim regardait son homme intrigué, il avait l'air d'un petit garçon espiègle qui s'apprête à partager son grand secret. Il se pencha vers le parchemin qui se remplissait petit à petit de couloirs dessinés, d'escaliers, de classes et de petits points qui bougeaient... Jim regardait avec curiosité la carte qui se dessinait devant lui. Les petits points qui se déplaçaient portaient des noms, il repéra la directrice, Charlie et Bill. Il chercha la tour de la septième bis et y vit les points de Neville, Seamus et Dean.

  • Stupéfiant!

  • Regarde ici tu as les différents souterrains qui mènent à Pré-au Lard...

  • Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu les as fréquentés?

  • Je ne vois pas ce que tu veux dire!

  • Tu es sûr? railla Jim.

  • Sûr, répondit Harry en lui volant malicieusement un tendre baiser.

  • Menteur! intervint Draco.

  • Faux frère!

  • Tu crois que j'ai oublié l'histoire des boules de neige et de la cabane hurlante.

  • Je suis sûr que tu t'en souviens très bien, fit Harry se moquant ouvertement de son ami. En tout cas moi, j'en ai un très bon souvenir. Te voir les quatre fers en l'air dans la neige c'était infiniment jouissif!

  • Tais-toi, le balafré! Sinon je te fais ravaler tes paroles illico presto, fit Draco d'une voix trainante, méprisante, le visage impassible et dur.

  • Fous moi la paix la fouine! Retourne près de tes deux cerbères, tu ne sais que te cacher derrière eux! répondit Harry d'une voix pleine de rancœur.

  • Ta gueule, Potty. Va rejoindre ta sang de bourbe et Weasmoche et laisse les gens de bonne compagnie ensemble, aboya Draco.

Puis ils éclatèrent de rire tous les deux, ils n'arrivaient plus à s'arrêter. Les quatre autres souriaient complices.

  • Tu sais, le pire c'est que c'était comme ça tous les jours, expliqua Mione à Jim. Ils en arrivaient parfois aux mains ou aux sorts. Le pire c'était dans les cachots pour le cours de potions de Severus. Il ne supportait pas les griffons et Harry encore moins et il avantageait honteusement les serpents surtout Draco. Il n'arrêtait pas de rabaisser Harry dès qu'il le pouvait et les serpentards menés par leur prince ne rataient pas l'occasion de se moquer. Harry en blêmissait de rage à chaque cours. Pourtant c'est en sixième que ça a failli tourner vraiment mal.

Jim sentit la main de Harry se crisper. Il avait l'air mal à l'aise et peu enclin à continuer la discussion. Draco quant à lui paraissait au contraire assez intéressé par la suite. Apparemment, il y avait encore des non-dits entre ces deux là.

  • Harry n'arrêtait pas de surveiller Draco sur la carte des maraudeurs, c'était devenu une véritable obsession, tout passait après... Même nous ses amis, il nous délaissait. Il était persuadé que Draco portait la marque et manigançait quelque chose malgré que nous lui disions que Voldemort n'avait que faire dans ses rangs d'un Malefoy de seize ans. Je n'ai jamais su si ce qui l'effrayait le plus c'est que Draco soit devenu mangemort et soit manipulé par un maître aussi implacable que Voldemort ou ce qu'il était censé accomplir pour le mage noir. C'est devenu une telle angoisse pour lui qu'il le suivait dès qu'il pouvait et un jour ils ont failli s'entretuer avec des sorts impardonnables.

  • En effet, j'ai bien cru y passer, admit le serpentard.

  • Tu te rappelles que c'est toi qui m'a lancé le premier impardonnable?

  • Oui, mais les gentils ne sont pas censés faire la même chose que les méchants et là tu as failli me tuer, railla son ami.

  • Je sais, je m'en suis voulu assez après. J'ai compris ce jour là que la frontière entre la haine et la folie était très mince. Je n'ai jamais eu l'intention de te tuer. J'avais trouvé ce sort dans un manuel de potion, le même manuel qui m'a permis cette année là d'être le meilleur en cette matière. Il était marqué "Pour les ennemis" et la formule... J'étais tellement en colère après toi et depuis tant de jours, que c'est venu comme ça, je t'ai lancé un sort que je ne connaissais même pas.

  • C'est bien toi ça! Te laisser aller à utiliser un sortilège inconnu! Je ne sais pas qui a le plus paniqué de nous deux, tu étais livide.

  • C'est vrai que j'ai eu peur quand je t'ai vu étendu là perdant ton sang, tu ne peux pas savoir à quel point.

  • Au point de te faufiler dans l'infirmerie voir comment ton ennemi allait? C'était bien toi cette nuit là?

  • Tu es allé à l'infirmerie voir Draco? interrogea Hermione surprise.

  • Oui.

Draco fixait Harry visiblement embarrassé. Il sourit.

  • Tu sais ça a changé beaucoup de choses pour moi cette visite! Pas immédiatement! Au moment même je t'ai trouvé stupide et pitoyable, mais à Azkaban, je me suis souvenu. Tu ne peux pas savoir comme on se raccroche à la plus petite chose quand on a ses pensées pour unique dérivatif. C'est pour ça que je t'ai tendu la main une seconde fois dans ce train, début de l'année. Sans cette visite, je ne l'aurais probablement pas fait et nous ne serions peut-être pas là ensemble aujourd'hui. Stupide gryffondor! acheva Draco avec tendresse.

Harry serrait la main de Jim de toutes ses forces, manifestement le sujet était encore sensible. Doucement Jim dénoua ses doigts et passa sa main derrière son dos pour l'attirer possessivement par la taille contre son flanc.

  • J'aurais dû te parler ce soir là mais j'étais encore trop en colère contre toi mais aussi contre moi. J'aurais dû te convaincre de nous rejoindre.

  • Je ne t'aurais pas écouté. J'avais bien trop peur, pour moi mais aussi pour mes parents. J'étais perdu et prêt à tout.

  • Non! Tu n'étais pas prêt à tout, même sachant ce que ça pouvait te coûter et à tes parents aussi, tu as baissé ta baguette et tu as même hésité à nous rejoindre. Je t'ai vu Draco, tu n'avais rien d'un assassin.

  • Comment se fait-il que tu étais là et que tu ne sois pas intervenu?

  • Albus m'avait lancé un stupéfix et mis sous ma cape d'invisibilité, j'ai assisté à sa mort impuissant, incapable de bouger même un cil. Je vous en ai voulu à tous, toi, Rogue et à lui encore plus. Après j'ai su qu'il avait demandé à Severus de le tuer à ta place, il ne voulait pas que tu deviennes un assassin. Il croyait en toi.

Manifestement Draco en attendait plus. Harry soupira.

  • Il m'a fallu du temps, j'avais trop mal de sa mort. J'ai commencé à me poser des questions pendant la chasse aux horcruxes quand je me suis aperçu que je m'étais fait manipuler par Albus sans même m'en apercevoir et qu'il avait fait dans sa jeunesse des choses pas toujours très jolies. Grindewald était son ami et même plus que ça je crois, tu connais ses convictions et son histoire. Albus n'était que mon mentor et je l'avais suivi aveuglément sans me poser une seule question. Ton mentor à toi c'était ton père, tu ne pouvais éviter tout cela. J'ai enfin tout compris lors de la mort de Severus. Tant de raisons qui ont fait que je suis allé réclamer ta liberté au mangenmagot. Tu es quelqu'un d'exceptionnel, mon ami, n'en doute jamais.

  • ...

Harry sourit nullement vexé de ne pas recevoir de réponse. Les yeux de son vis-à-vis parlaient pour lui. La main de Sylas se posa sur celle de son amant rejoignant celle d'Hermione qui s'y trouvait déjà.

  • Merci, souffla-t-il enfin en levant son regard sur son ami.



Harry se laissa aller contre Jim. Quand la porte du compartiment s'ouvrit, il ne bougea même pas.

  • Liam demande si on va à Pré-au-lard aujourd'hui ou demain? demanda Ginny.

  • Dis lui que les calèches nous attendent, nous allons à Poudlard directement. La directrice a prévu une visite de l'école avant le dîner.

  • On va dormir où? interrogea Sylvain se faufilant devant Ginny.

  • Je ne sais pas ce qui est prévu pour toi. Je suppose que tu dormiras avec ton grand-père. Je vais voir si tu peux dormir dans la maison serpentard pour t'habituer.

  • Tu veux le mettre avec Aymeric? se moqua Jim, ça ne va pas être une nuit de tout repos.

  • Aymeric est français, ils pourront discuter ensemble et je suis sûr qu'il aura à cœur de bien s'occuper de Sylvain.

  • Oui mais comment? Ils vont nous faire les quatre cents coups.

  • Inquiet? railla Harry.

  • Toi non?

  • ...

  • Tiens donc!

  • Il ne peut rien leur arriver à l'intérieur de l'école, fit Harry en haussant les épaules.



    Jim se pencha pour parler tout bas à son amant qui lui répondit en souriant.

  • Promis.

  • On va arriver, les interrompit Hermione.

Harry fit léviter leur sac commun et ils se dirigèrent vers le compartiment de tête. Bientôt ils arrivaient devant les calèches tirées par les sombrals.

  • Quels étranges animaux, ils sont à la fois effrayants et impressionnants de prestance, murmura Jim.

  • Qui as-tu vu mourir, mon grand?

  • Comment...

  • Ils ne sont visibles que pour les personnes ayant vu la mort. Rares sont les élèves qui les voient.

  • Sauf ceux de la septième bis, intervint Draco, nous les voyons tous.

  • Etant enfant, j'avais dix ans, j'ai vu mourir ma grand-mère, nous avons eu un accident de voiture sur l'autoroute, j'ai attendu plus de deux heures que les pompiers me sorte de cet amas de tôle froissée. Elle est morte après une heure.

Harry ne savait quoi répondre, il posa sa main doucement sur son épaule continuant à faire léviter le sac sans baguette. Il attendit que tous soient arrivés près d'eux pour leur expliquer ce qu'étaient les sombrals. Il s'avança vers Tenebrus, le plus ancien de la horde, resta à quelques pas et le salua sans le quitter des yeux. L'animal lui rendit son salut en baissant la tête, Harry s'approcha et mit sa main sur son museau.

  • Bonjour Harry.

  • Hagrid! s'exclama Harry. Content de vous voir, fit-il en disparaissant dans les bras du semi-géant qui le serrait contre lui.

Hagrid s'occupa de répartir les visiteurs dans les calèches et une heure plus tard tout le monde pénétrait dans le hall de Poudlard.

La directrice les attendait. Elle conduisit d'abord tout le monde aux appartements préparés tout spécialement pour les visiteurs afin qu'ils y déposent leur sac de voyage avant la visite des lieux. Les représentants étaient trois par chambre alors que les gardes du corps et les aurors occupaient un même dortoir. Gauthier, Sylvain et Jim avaient été regroupés dans la même chambre.

Jim sursauta et lança un coup d'œil à son amant qui lui adressa un sourire rassurant. Il n'avait pas l'intention de passer la nuit sans lui, plus jamais. Il voulait même négocier avec Minerva la possibilité que Jim emménage dans sa chambre pour les deux mois de cours restants. Il ne resterait sur place la nuit qu'à cette condition. Si la directrice lui opposait un refus ils continueraient à vivre à Astor's Lodge. Il adressa un signe discret à son homme qui le suivit vers la sortie et quelques minutes plus tard ils arrivaient dans la salle commune de la septième bis.

La première silhouette qui se dressa devant eux était bien petite pour un élève de dix-huit ans. Avec un sourire espiègle qui retroussait son nez et illuminait ses yeux noisette semés de points verts, Aymeric était devant eux. Harry pensa qu'il n'était pas près de se débarrasser du gamin, mais en avait-il envie? Il se retrouvait en cet orphelin qui considérait Poudlard comme sa maison.

  • Bonjour Aymeric, ça va? lui demanda-t-il gravement en le prenant tendrement contre lui.

  • Oui. Et vous cette conférence se déroule bien? lui répondit l'adolescent en passant dans les bras de Jim.

  • Ça va! Viens nous avons quelque chose pour toi.

Ils se dirigèrent vers la chambre d'Harry. Il prit dans leur sac le sachet rempli d'objets de la boutique de farces et attrapes et le lui tendit. Le gamin les regardait d'un air incertain, puis il prit le paquet en remerciant du bout des lèvres. Bien qu'étonné, Harry fit celui qui ne remarquait rien.

  • Nous t'avons ramené un compagnon de jeux pour deux jours. Il s'appelle Sylvain et est français comme toi, il a presque ton âge, il intégrera Poudlard ou Beaux-Bâtons à la rentrée de septembre. Je compte sur toi pour lui faire découvrir l'école et lui expliquer son fonctionnement. Il n'a pas été élevé dans un milieu sorcier, ce qu'il sait il l'a appris seul dans les livres donc sois patient avec lui. Il était avec nous dans la boutique des Weasley et a le même sachet que toi. Inutile de te dire que si vous faites des bêtises dans les couloirs de l'école je saurai que c'est vous.

  • C'est un sorcier?

  • Oui bien sûr! Autrement il n'irait pas dans une école de sorcellerie et si tu veux mon avis ce sera un bon sorcier.

  • ...

  • Aymeric?

  • Je ferais mon possible, fit le jeune garçon avec une moue boudeuse et un manque d'enthousiasme évident.

  • Autre chose, je voudrais rencontrer ton oncle.

  • Pourquoi?

  • Je te le dirais si ça se fait, inutile d'en parler avant.

  • Ce n'est pas quelqu'un de bien et il te déteste.

  • Il me déteste?

  • Il fait partie de la Loge sorcière.

  • C'est quoi encore ça? fit Harry.

  • Alors ça existe vraiment? interrogea Jim.

Harry regarda successivement son amant et l'adolescent.

  • Vous parlez trop tous les deux et j'aimerais bien avoir des explications cohérentes.

  • J'ai entendu mon oncle qui en parlait avec ma tante. Il disait que la Loge allait mettre à la tête de notre monde enfin un sang pur qui veillerait à leurs intérêts, que les anciens mangemorts verraient leurs droits rétablis, que nous protègerions notre monde des moldus. Mon oncle disait qu'enfin il serait à la place qui lui revenait alors que sa famille était au ban de la société depuis plus de soixante ans.

  • Moi je sais très peu de chose hormis le nom. Le soir où nous avons été visiter Stratford-upon-Avon tu m'as ramené à l'université tu t'en rappelles?

  • Oui.

  • George m'attendait caché près de mon collège.

Harry sursauta. Ses yeux foncèrent, signe que la colère ou la jalousie lui étreignait le cœur. Jim hésita à poursuivre pourtant il n'avait rien à se reprocher.

  • Dès que tu as transplané il est venu me parler. Il s'était rendu compte de mes sentiments envers toi et savait que je ne demandais qu'une chose : qu'ils se concrétisent. Nous nous sommes disputés et nous avons rompu. Pour me dissuader de t'aimer, il m'a parlé d'une soi-disant faction secrète appelée la Loge sorcière qui aurait pris contact avec lui et l'aurait mis en garde contre toi. Toi, l'hétéro, jouant la comédie de l'amour alors que tu n'aimais que les femmes, tu voulais sortir avec moi uniquement à cause de la position de mon père en tant que représentant européen et tu me laisserais dès que la conférence serait finie et que tu aurais obtenu ce que tu voulais.

    La sorcière qui avait pris contact avec lui voulait des renseignements sur toi et sur nous si je me décidais à sortir avec toi. J'ai pensé que George avait tout inventé pour m'éloigner de toi, maintenant je n'en suis plus si sûr.

  • Tu veux dire que tu doutes de mon amour? s'enquit Harry sèchement.

  • Non. Je veux dire qu'il avait vraiment été contacté par cette sorcière. Je sais tes sentiments, Amour, autant que les miens.

  • Je ne suis pas sûr qu'à ta place je ne me serais pas posé de question.

  • Je m'en suis posé à ce moment là mais je t'aimais déjà et déjà je ne concevais plus de vivre loin de toi alors j'ai choisi de te faire confiance.

  • La conférence touche à sa fin qui te dit que je ne vais pas te laisser?

  • Personne d'autre que toi, mais ça me suffit, répondit Jim plongeant dans les yeux assombris de son compagnon.

  • Tu es incroyable Jim! murmura-t-il. Tu as toutes les raisons maintenant de croire que je ne suis pas sincère.

  • Toutes? Pas celle du cœur, lui sourit Jim.

Ils échangèrent un tendre regard.

  • Je me demande maintenant si c'est la faction d'Ombrage ou une seconde parallèle comme nous l'avions déjà soupçonné. Nous voilà de nouveau devant une impasse.

  • Il est l'heure de manger. Il ne faut pas en oublier nos représentants de l'Europe pour autant.

Aymeric lança plusieurs sifflements de fourchelang. Harry lui sourit en retour.

  • Evite de parler fourchelang quand Jim est là, il ne comprend pas et pensera que tu veux lui cacher des choses.

  • Ben c'est le cas! fit l'impertinent.

  • Il a dit que j'avais beaucoup de chances d'être aimé comme ça et que c'est dommage que tu sois un moldu, se moqua doucement Harry en se retournant vers son petit-ami.

Aymeric rougit, lui lança un regard furieux et les précéda dans les couloirs. Harry enlaça ses doigts à ceux de Jim et c'est unis qu'ils entrèrent dans la grande salle. Le gryffondor chercha des yeux Sylvain qu'il appela. Il le confia ensuite au jeune serpentard avant de se diriger avec Jim vers la table de la septième bis. Le trio y était déjà. Ils mangèrent pratiquement en silence contents de se retrouver enfin entre eux sans les regards des moldus posés sur eux.

  • Je vais quelques minutes à la table des serpentards, tu m'accompagnes mon grand?

  • Je crois qu'il vaut mieux qu'ils s'habituent un peu à l'idée que tu as un moldu pour petit ami.

  • C'est un enfant, Amour, il n'a pas voulu te blesser.

  • Je le sais, mais ça ne change rien au fait qu'il a très certainement traduit l'opinion générale et des serpentards en particulier. Le Survivant, l'Elu, le Sauveur du monde sorcier, leur Héritier avec un moldu!

  • Je t'aime tel que tu es, Jim. Je me moque que tu sois sorcier ou pas, tu as une autre magie, tu as la magie du cœur, celle de l'amour, précieuse entre toutes. Tu es celui qui me permets d'avancer chaque jour. Viens.

Draco les voyant se lever et devinant leurs intentions, fit un petit geste à Sylas et ils suivirent tous les deux leurs amis vers la table de leur maison. Il y avait plus de couples gays à Poudlard qu'on ne le croyait mais aucun n'osait s'afficher. On en parlait à peu près librement dans les dortoirs mais à voix basse au cas où. Là s'avançaient vers la table des verts et argent, le Survivant, l'héritier de la maison des Salazar, la main posée sur la nuque de son amant moldu et leur Prince avec son mari, partenaires du pacte d'alliance avec une sang et or et déjà à travers ces simples gestes affichés publiquement, les quatre amis se posaient comme des frondeurs, des meneurs n'ayant aucune peur.

Dès leur approche, les élèves se décalèrent pour leur laisser de la place. Harry et Jim s'assirent aux côtés d'Aymeric et Draco et Sylas en face d'eux. Les serpents avaient, semblait-il, accepté Harry en tant que l'héritier de Serpentard malgré que les évènements passés l'aient déjà à plusieurs reprises désigné comme celui de gryffondor. Mais en bons stratèges avaient-ils le choix? Leur maison déforcée par l'association de son nom à celui de Voldemort avait bien besoin de redorer son image et pour cela, l'Elu était idéal.

Son charisme n'était pas négligeable et en imposait aux autres maisons. Slughorn directeur des verts et argent n'avait ni le prestige, ni la prestance de Rogue. Sa préférence affichée pour les gens célèbres était plutôt une caricature de l'ambition qui les caractérisait et manquait de noblesse ce qui aux yeux de certains serpents était redhibitoire. En acceptant Harry Potter comme l'héritier de Salazar, leur maison acquérait une nouvelle crédibilité et récupérait leur prince devenu son meilleur ami. Les verts n'avaient pas oublié d'être serpentards, somme toute, tout était en ordre.

Les quatre amis restèrent à discuter avec eux une bonne heure avant de se diriger avec Hermione vers la salle commune de la septième bis, non sans avoir précisé qu'elle était ouverte à tous. Aymeric et Sylvain ne se firent pas prier et les suivirent.

Les représentants quand à eux discutaient avec le corps professoral et leurs hôtes du monde sorcier. Une fois de plus le plafond de la grande salle avait impressionné les visiteurs ainsi que les plats apparaissant sur la table de façon magique. Ils dissertaient des matières enseignées avec les différents professeurs qui leur décrivaient chacun leurs cours. Les gardes du corps, les aurors et Joshua discutaient interventions, protection et armements.



La salle commune de la petite tour se remplissait. Ernie et Neville avait rejoint le trio, Harry et Jim. Ils discutaient à voix basse des nouveaux inscrits de l'AD, d'Aymeric devenu irritable et agressif alors qu'il était avant leur départ joyeux et espiègle, de la conférence.

  • Tu veux que je regarde ce qui tracasse le petit? demanda Draco.

  • C'est une bonne idée, tu es bien plus fort que moi à ce jeu.

    Aymeric, Sylvain, appela-t-il.

Les deux garçons qui s'étaient lancés dans une partie d'échecs version sorcier s'interrompirent.

  • Aimerais-tu dormir dans le dortoir des serpentards avec Aymeric? Si c'est le cas, il faudra te lever en même temps qu'eux demain matin pour aller déjeuner dans la grande salle et tu suivras les cours avec Aymeric pendant toute la matinée.

    Aymeric, je te remercie de t'occuper de lui. Demain je t'emmène avec nous à Pré-au-Lard, j'ai demandé et obtenu l'accord de ton oncle.

  • Merci mais je sais que tu es très occupé si tu n'as pas le temps ce n'est pas grave, fit le garçon les larmes aux yeux

  • Que se passe-t-il Aymeric? Tu n'as plus envie de voir la carte du maraudeur? le taquina Harry.

  • Je peux?

Harry sortit la carte, murmura la phrase qui activait le parchemin et laissa les deux garçons suivre les évolutions des petits points noirs et s'exclamer en reconnaissant leurs amis.

  • Pourquoi je ne suis pas dessus?

  • Parce que tu n'es pas encore un élève Sylvain.

  • Alors? demanda Harry dès que l'enfant se fut éloigné.

  • Alors? Il n'est pas toujours bon d'attirer les attentions du griffondor qui devient l'héritier serpentard! Comme on ne peut décemment pas affronter le Survivant, on s'attaque à plus petit, à plus faible, c'est une petite vengeance mesquine qui pourtant fait du mal à un gamin déjà marqué par la disparition de ses parents.

    Je suis désolé de tout ce que j'ai dit au sujet des tiens pendant ces années où j'étais un imbécile. Si j'avais pu lire la même tristesse dans ton esprit que celle que je viens de voir en lui, même l'enfoiré que j'étais se serait tu.

  • C'est du passé Dray! Arrête de t'en faire. Je ne t'en veux pas.

  • Dès qu'ils ont l'occasion de le serrer seul dans un coin, ils lui font sa fête. Comment veux-tu qu'un garçon de première année se défende contre une bande de cinq ou six garçons et filles de quatrième.

  • On va donc leur faire comprendre ce que c'est.

  • Je sais aussi qu'il t'aime beaucoup Harry, pour lui tu es un modèle. Il a attendu notre arrivée avec énormément d'impatience et là il pense que puisque tu es là tout va s'arranger.

  • Tu ne me mets pas du tout la pression là, fit Harry riant.

  • Tu vois les choses comment? fit Jim regardant "Harry le justicier" avec tendresse.

  • On a deux options soit on leur donne une bonne leçon en leur infligeant la même chose soit les préfets les punissent de façon classique. Il faut bien entendu qu'ils soient découverts par hasard pas question de laisser supposer qu'Aymeric s'est plaint. Avec la carte ce genre de manoeuvre est très facile à organiser. En attendant on ne va pas le lâcher d'une semelle.

Une heure plus tard, Harry et Jim reconduisaient les deux jeunes français aux cachots des serpentards. Harry eut une petite entrevue avec Fabian le préfet des serpentards à qui il expliqua la situation et lui demanda de vérifier que les deux enfants ne sortaient pas seuls du dortoir. Enfin, il prit Jim par la main le menant dans les couloirs interminables, prenant les escaliers capricieux pour arriver en haut de la tour d'astronomie.

Appuyé contre le mur son amour serré contre lui, il plongeait son regard dans les ombres de la forêt interdite. Le timbre voilé par l'émotion, il se mit à raconter la bataille finale. Il raconta le feudeymon dans la salle sur demande et Draco derrière lui sur le ballet, la ruse et le mensonge de Narcissa, le courage des membres de l'AD, la personnalité de Neville et sa témérité et le dernier duel. Jim touchait à travers la voix brisée de son amant, l'horreur des combats, la violence des affrontements, le désespoir devant la perte des êtres chers.

  • C'est seulement maintenant que j'acquiers de plus en plus de puissance mais sans l'aide des autres je n'y serais jamais arrivé. J'aurais voulu être plus fort pour que mon mentor et mon parrain soient toujours là, pour que Teddy ne soit pas orphelin, pour que les jumeaux soient toujours ensemble... J'ai eu beaucoup de chance jusque là et la bataille qui s'annonce me fait peur.

  • Tu ne pouvais avoir adolescent la puissance de l'homme que tu deviens.

  • ...

  • On ne choisit pas toujours son destin, mon amour. Certains te diront qu'on a toujours le choix mais quand on a une conscience il devient de suite nettement plus limité.

  • Jim, je ne veux pas que tu fasses un choix que tu regretterais plus tard, tu n'es pas obligé de défendre un monde qui n'est pas le tien.

  • Vraiment? Tu me laisses partir sans m'en vouloir?

Harry sentit un main de fer lui tordre l'âme.

  • Oui! Je veux que tu sois heureux.

  • Tu te moques de moi? Qu'est-ce que tu as ce soir? Que tu aies le cafard je veux bien, que tu te remettes en question aussi, mais que tu doutes de moi...

Jim inversa leurs positions, prit son petit-ami dans ses bras et tendrement se mit à l'embrasser avec tout l'amour qu'il pouvait mettre dans un seul baiser. Il le prolongea encore et encore jusqu'à ce qu'à sentir que son compagnon oubliait ses idées noires et lui répondait vraiment. Lorsqu'enfin il sentit des frissons le parcourir, il se détacha doucement de ses lèvres pour se plonger dans son regard et s'y perdit.

  • Mon amour... je ne te servirai peut-être pas à grand chose dans ce nouveau combat mais je serai à tes côtés, tu le sais. Comment as-tu pu supposer un seul instant que je te laisserais?

  • Je ne sais pas pourquoi mes souvenirs ont resurgi ainsi ce soir et avec eux la tristesse et le doute.

  • Viens, on retourne dans ta chambre.

  • Attends, Jim! J'étais venu ici pour une tout autre raison. La tour de l'astronomie, c'est aussi le lieu de rendez-vous des amoureux de l'école c'est pourquoi je voulais t'y amener et non pour parler de Voldemort et de la guerre. Excuse-moi, fit-il en reprenant le baiser interrompu.

De tendre et doux, le baiser devint passionné et c'est front contre front que les deux amants reprirent haleine. Ils tournèrent ensemble le regard vers la forêt puis vers le ciel étoilé.

  • C'est très beau, murmura Jim.





  • Où sont-ils passés?

  • Ma douce..., arrête de te tracasser, ils ne peuvent pas être loin.

  • J'ai vu le regard de Harry, j'ai vu ses démons resurgir, je ne sais pas si Jim peut gérer ça.

  • Ça lui arrive souvent? questionna Sylas.

  • Ce sont des passes, ça va durer quelques jours et ce n'était plus arrivé depuis les vacances. Dans ces cas-là, il doute de tout et surtout de lui-même.

  • Ce sont nos évocations dans le train qui l'ont conduit là je suppose, fit Draco s'en voulant un peu.

  • Il se sent coupable de tous les morts qui sont tombés...

  • Je suis sûr que Jim va lui faire oublier ça.

Sa femme le regarda comme si il ne comprenait rien à rien.

  • J'ai toujours été la seule à savoir lui remonter le moral dans ces cas là.

Ses deux hommes échangèrent un regard soucieux, devinant sans peine qu'ils pensaient la même chose, à savoir que depuis des mois elle avait négligé son ami faisant passer en premier leur amour ce dont eux ne se plaignaient nullement, Harry était lui aussi, passé à autre chose et Jim était devenu son confident, son ami, son amant, sa raison de vivre. Ne voulant pas la blesser, ils turent tout ça.

Ils restèrent dans la salle commune à attendre, blottis ensemble dans leur cocon d'énergie douce. Enfin ils entendirent la porte s'ouvrir, des pas qui s'approchaient, un rire tendre qui fusait, Harry rentrait la main de Jim passée autour de sa taille, les yeux plongés dans les lacs sombres de son compagnon. Il s'arrêta attirant Jim à lui pour lui voler un baiser puis réalisa la présence de ses amis qui le dévisageaient avec insistance.

  • Pas encore couchés?

  • Comme tu vois, répondit Sylas.

  • On t'attendait, compléta Mione.

  • Je vois, apprécia son ami, et je sais aussi pourquoi. Ne t'inquiète pas Mione, ça va.

  • Je sais que ça ne va pas, je l'ai vu tantôt.

  • J'en ai discuté avec Jim et, comme je te l'ai dit, ça va.

  • Tu en as discuté avec Jim? fit la jeune femme une lueur d'incompréhension dans le regard.

  • Mais oui comme toi tu le ferais avec Sylas ou Draco.

  • ...

  • Vous serez toujours mes meilleurs amis mais j'ai besoin d'abord d'en parler avec mon compagnon, c'est logique. Si un jour je me dispute avec lui, c'est promis, je viendrai pleurer sur ton épaule.

Jim éclata de rire en le serrant contre lui...

  • Et moi sur celle de Draco!

  • Nous voilà bien! fit ce dernier railleur. Nous serons obligés de prendre parti, nous nous disputerons nous aussi et on devra avoir recours à Sy comme médiateur.

  • Il est temps d'aller dormir si on veut être en forme pour piloter nos politiciens moldus demain.

    A ce propos, il faut leur en révéler le moins possible. Il faut préserver à tout prix nos mystères.

  • Que veux-tu dire par là?

  • Tout ce qui peuple leur fantastique, leurs mythologies par exemple... Ils auraient vite fait de tout détruire! Réfléchissez à tout ce qui pourrait provoquer leur convoitise et évitez d'en parler. Bonne nuit les amis, termina-t-il entraînant Jim avec lui.

Le trio se retrouva seul. Les deux serpentards contemplaient Hermione qui avait les yeux bien trop brillants.

  • Viens ma mie, allons dormir nous aussi.

Ce n'est que quand ils furent blottis tous les trois au creux des draps que ses larmes se mirent à couler.

  • Arrête de pleurer Mia. Tu sais très bien que Harry t'aime. Tu auras toujours une place particulière dans son cœur mais la première maintenant est prise par Jim et c'est normal puisqu'il est amoureux, argumenta Draco patiemment.

  • J'ai toujours eu la première place même quand il sortait avec Ginny ou Mara.

  • Je sais mais ce n'est pas le même lien, il aime Jim d'amour. Par contre tu as la première place dans nos cœurs à nous, fit Dray en attirant Sylas contre lui.

  • Vous vous aimez tellement tous les deux que je n'en suis pas si sûre que ça.

Si Sylas parut déstabilisé par le reproche, Draco s'y attendait depuis un moment et avait déjà la réponse toute prête.

  • Je t'aimais Mia, toi et toi seule, à la folie, jusqu'à la mort, mais toi tu aimais aussi Sylas et tu n'étais pas prête à l'oublier pour moi et ça malgré le pacte d'amour qui nous unissait. C'est vrai que j'aime Sylas et heureusement car si ce n'était pas le cas il n'y aurait pas d'alliance. Celle-ci implique que nous nous aimions. Peux-tu toi me dire qui tu aimes le plus? Sy ou moi?

  • ...

  • Tu vois. Il m'a bien fallu l'accepter. Longtemps tu as essayé de nous garder pour toi mais avec le pacte ça ne va pas comme ça. Je ressens votre amour à tous les deux, la moindre de vos humeurs, le moindre de vos chagrins, le moindre de vos bonheurs.

    Je sais que Sy tressaille de joie à chaque mot tendre que j'ai pour lui, que son cœur déborde d'amour dès que je suis triste et que lui comme moi sommes perdus dès que nous sommes loin l'un de l'autre.

    Je suis conscient du fait que tu nous aimes de la même façon possessive, que nous voir faire l'amour ensemble te perturbe parce que tu as l'impression de nous perdre. Tu nous as empêché de nous aimer pendant des mois par égoïsme, même si ça nous blessait tu intervenais à chaque fois en te glissant entre nous, j'osais à peine le toucher. Nous n'avons rien dit par amour pour toi. Notre relation est enfin normale dans et par le pacte. Je t'aime et j'aime Sy autant l'un que l'autre. Tu éprouves autant d'amour pour Sy que pour moi, murmura son mari.

  • Et moi j'aime autant Dray que toi, ma mie, et toi autant que lui... Je n'ai aucun reproche envers toi mais au départ c'est toi qui a créé cette situation même si je suis heureux plus que je ne pourrais le dire.

  • La mode semble être aux changements de sentiments! accusa Hermione.

  • Non! Je n'ai pas donné une partie de l'amour que j'avais pour toi à Sy, je l'ai aimé en plus car l'âme de l'homme a d'immenses ressources. Quand nous aurons des enfants, je les aimerais aussi et ce ne sera pas à votre détriment, j'ai aussi de la place en mon cœur pour mes parents, pour mes amis Harry, Jim,...

  • Oui vous avez l'air de plus en plus proches! reprocha une fois encore Hermione

  • Harry fait partie de ma vie depuis huit ans, c'est vrai qu'il était mon ennemi mais il a toujours été là. Depuis le sectum sempra un lien secret mais fort s'est créé qui nous a toujours unis. Il m'a fallu très longtemps pour admettre que je ne le haïssais plus et que j'avais pardonné son refus lorsque je lui avais tendu la main en première année, mais à partir de ce moment notre amitié a très vite évolué car il était loin d'être un inconnu pour moi. A force de l'épier, même le langage de ses yeux et de son corps je le connais. Je tenais tantôt à avoir la confirmation que c'était bien son inquiétude pour son ennemi qui l'avait poussé dans l'infirmerie cette nuit-là. Apparemment, la réciprocité est vraie, j'ai toujours été dans sa vie aussi.

    Jim est une partie de Harry maintenant et je le prends en tant que tel. L'important pour moi est qu'il le rende heureux. Indépendamment de cet amour, c'est un garçon fier, intelligent, courageux... J'ai beaucoup d'estime pour lui même si je le trouve trop protecteur, trop jaloux, bordélique et j'en passe, mais ce n'est pas mon petit-ami donc je m'en fous un peu. Dès que Harry aura terminé cette année, ils vont vivre ensemble, suivre les cours ensemble, travailler ensemble. Harry compte bien officialiser leur union à ce moment là.

  • ...

  • Qu'est-ce qu'il t'arrive Mia? Tu n'as jamais trouvé rien à redire quand Ron était le meilleur ami de Harry.

  • Je sais.

  • Dans un mois, selon la prédiction, tu porteras nos enfants, il serait temps que tu fasses le point sur tes sentiments et sur le fait que tu sois si possessive.

  • C'est tout à fait inutile. Je vous aime, vous êtes toute ma vie.

  • Et ta possessivité?

  • ...

  • Penses-y ma douce, fit Draco en l'embrassant avec tendresse.

Hermione se détourna et se blottit dans les bras de Sylas manifestant ainsi sa mauvaise humeur à son mari qui haussa les épaules. Il se leva sur le lit, l'enjamba, se lova contre le dos de son amant, passa son bras en dessous de lui au niveau de sa taille et nicha sa tête dans le creux de son cou avec un soupir de bien-être. Son autre main caressait doucement son flanc. Quand il fut certain que sa femme dormait, il murmura effleurant de son souffle l'oreille de Sy les mots qui le faisaient frissonner de plaisir. Si Mia voulait bouder, tant pis pour elle.





Le lendemain, ils se retrouvèrent dans la grande salle pour le petit déjeuner. La matinée, ils passèrent dans les différents cours avec les politiciens leur laissant le temps de comprendre en quoi consistait la matière donnée. Certains professeurs s'étaient donnés la peine de faire une leçon spéciale pour donner un aperçu le plus complet possible de leur enseignement.

Après le repas de midi, ils se rendirent avec les élèves de la septième bis dans la classe de défense contre les forces du mal. Chaque élève se retrouva en train de combattre sa plus grande frayeur que leur présentait un épouvantard. Sans surprise la peur des membres du trio était de perdre les deux autres. Les craintes des autres élèves étaient aussi variées qu'une invasion de cafards ou les araignées, le spectre de la mort, le ridicule ou la souffrance physique. Quand vint le tour de l'Elu tous les élèves curieux attendaient. Tous se rappelaient le détraqueur qu'il avait appris à affronter aidé de Remus Lupin apprenant à invoquer un patronus en troisième année.

L'épouvantard se démultiplia pour se changer en ses proches morts tout au long de sa quête contre Voldemort et qui lui reprochaient sa mort. Harry semblait tétanisé devant eux, Draco fit un pas en avant pour l'aider, mais l'Elu connaissait ses peurs et avait la parade toute prête, il pensa très fort à son bonheur futur avec Jim. Sans même utiliser sa baguette, il prononça le sort libérateur : riddikulus. Il avait fait rentrer l'épouvantard tellement vite dans sa penderie que personne n'eut le temps de voir sa transformation. Il ne voulait pas montrer son point faible, cela pouvait se révéler dangereux.

Après cette leçon ils se dirigèrent vers le local du club de duel. Les élèves des différentes septièmes se joignirent à eux. Les aurors et les gardes du corps avaient rejoint les politiciens assis devant la surface de combat. Bill et Abdelforth avaient décidé de choisir eux-mêmes les duellistes, les couplant pour présenter des combats de qualité mais différents. Les moldus regardaient avec surprise la variété des sorts échangés et le sérieux des engagements. Le plus beau fut sans nul doute celui de Sylas contre son ami d'enfance. Les deux combattants étaient très rapides, connaissant parfaitement l'autre, ils essayaient d'utiliser des sorts inconnus de leur partenaire et ceux-ci se succédaient. Erwin finit par l'emporter en utilisant en informulé et sans baguette un simple sort de désillusion sur lui-même couplé avec un déplacement rapide et un sort d'entrave. Ils furent très applaudis.

Il restait un seul duel annoncé. Bill l'avait gardé pour la fin, connaissant ses deux élèves, ils savaient qu'ils feraient le show. Draco et Harry s'avancèrent sur la surface de duel. Ils avaient l'intention de bien s'amuser et ça se lisait dans leurs yeux moqueurs. Jim les regardait en souriant, il attendait un spectacle plaisant, il ne fut pas déçu. Si les élèves avaient jusqu'à présent combattu très sérieusement, la joute entre les anciens ennemis fut tout autre.

Ils étaient tous les deux puissants mais l'affrontement se jouait plutôt au niveau de l'imagination. Un Draco à la chevelure rose faisait face à un Harry déshabillé par un sort de découpage fait à distance avec une précision surprenante. Torse nu et en pantalon, Harry le rire aux lèvres contemplait son ami se débattant maintenant avec une barbe du même rose agressif qui n'arrêtait pas de grandir et dans laquelle il se prenait les pieds. Déconcentré il ne put éviter un second sort de découpage et se retrouva en boxer sur la lice. Il pensa que là, il était temps de réagir avant de se retrouver dans la tenue d'Adam.

Draco avait enfin réussi à neutraliser le sort de pousse-poils et comptait bien en finir avec l'agaçant gryffondor quand il se retrouva avec une superbe poitrine de bimbo! Il lança un coup d'œil désespéré à son ami qui manifestement était en joie! Un Malefoy en travelo à cheveux roses! Il sentit à ce moment une irrésistible envie de danser et se retrouva en train de se tortiller la poitrine en avant. Harry était plié en deux des larmes de rire plein les yeux et il n'était pas le seul, même Lucius ne pouvait plus se retenir.

Le sort tarantallegra enfin neutralisé, le serpentard s'estima assez humilié comme ça et lança un sort de confusion avant de disparaître aux yeux de tous, utilisant la désillusion. Il enchaîna très rapidement avec un sort de chatouillis mais Harry concentré en fut à peine affecté. La puissance de sa magie lui permettait de localiser la forme de son ami, il lui lança un levis corpus puis l'amena devant lui grâce à un sort de locomotor, il posa un baiser moqueur sur son front avant de l'envoyer de l'autre côté de l'aire de duel où il le laissa tomber.

Toutefois trop confiant il ne vit pas un léger geste de Draco et se retrouva soumis à un petrificus totalus puis à un incarcerem. Il avait perdu. Le serpentard relâcha les sorts, lui tendit la main pour le relever puis l'accola sous les applaudissements. Comme l'avait pensé leurs professeurs, ils avaient préféré ne s'affronter qu'avec des sorts humoristiques pour faire le spectacle pourtant la puissance et la maîtrise des sorts, la rapidité d'exécution révélaient des sorciers redoutables.

Sur un signe de Harry, tous les jeunes combattants se tournèrent vers les politiciens baguette en main puis lancèrent le spero patronum. De superbes animaux fantomatiques s'élancèrent à travers la salle. Un cerf s'arrêta devant Jim qui tendit la main vers lui en souriant, la forme s'évanouit. Sir Spencer posa sa main sur le bras de son fils d'un air interrogatif.

  • C'est le patronus, chaque sorcier en a un, reflétant sa personnalité, ses liens... C'était celui de Harry.

  • Oui ça je m'en doutait.

  • Il a le même que son père, né de l'admiration qu'il porte à celui-ci. Son animagus est aussi un cerf qu'il a appelé Cornedrue comme James Potter.

  • Animagus?

  • Certains sorciers savent se changer en animaux. Chacun a une forme animale qui lui convient. Lorsque nous avons été à Antoing tu as vu Sylas en jaguar et Draco en aigle royal. Hermione se transforme en panthère noire, Jareth en gerfaut, Violaine en loup, Jimmy en grand duc, Erwin en moyen duc. Ils sont des animagi clandestins. Tout sorcier qui sait se transformer, et peu en sont capables, doit se déclarer au ministère auprès d'un service qui dépend d'Ombrage ils ne se sont donc aucun déclaré.

  • Je ne m'attendais pas à ce dernier duel. Je croyais que Harry allait nous faire une démonstration de sa puissance au lieu de cela il a joué comme un gosse.

  • Tu te trompes Papa. Les sorts qu'ils ont employés étaient puissants parfaitement exécutés, rapides. Tu ne sais pas la précision qu'il a fallu à Draco pour ne pas blesser Harry avec les sorts de découpage à distance. Tu n'as pas remarqué que Harry malgré le sort de désillusion que Draco s'était lancé à lui même ce qui est déjà un exploit, l'avait parfaitement localisé. C'est vrai que pour quelqu'un qui n'y connait rien en sorcellerie, ça peut passer inaperçu, moi je les ai déjà vu s'entraîner et je sais ce qu'ils recherchent jour après jour en puissance et en précision mais il y a beaucoup de choses que j'ignore encore et d'autres que je ne saurai jamais même si Harry fait tout pour m'apprendre. Tu as entendu les applaudissements des autres élèves il ont apprécié l'exploit réalisé.

Les représentants belge et néerlandais écoutaient attentivement ce que disait Jim. Ils avaient remarqué les applaudissements nourris et les avaient attribués à la popularité des deux jeunes sorciers.

  • Quel est le programme pour la suite?

  • Nous allons visiter Pré-au-lard c'est le seul village qui ne compte aucun moldu, que des sorciers. C'est là que les étudiants vont se distraire pendant sept années scolaires. Nous irons à pied c'est juste à côté. Demain matin, comme aujourd'hui, vous irez voir dans les classes les matières proposées et l'après-midi, vous assisterez à un match de quidditch.

  • Harry joue?

  • Oui bien sûr, Draco, Sylas, Hermione, Ginny et enfin Gaëtan et Corneille, deux élèves de la maison serdaigle, forment l'équipe de la septième bis. Ils sont en tête du championnat des maisons.

  • Tu en es fier de ton petit ami, soupira son père.

  • Oui bien sûr. J'en ai toutes les raisons et je serai plus fier encore de l'homme de demain. Dès qu'il a fini ses études à Poudlard, il veut officialiser notre relation. Il poursuivra des études de politique sorcière à l'université pour prendre plus tard sa place à la tête du mangenmagot. Il donnera des cours de défense contre les forces du mal à Poudlard selon son horaire de cours pour soulager un peu Bill, l'actuel professeur. Fleur, sa femme, est enceinte, il a besoin de plus de temps pour s'occuper de sa famille.

    Moi je donnerai les cours de politique moldue à l'université ce qui fait que je vais lui donner cours et en même temps je suivrai les mêmes études que Harry. Je suis attendu avec impatience au ministère de la magie en tant que diplomate du monde sorcier auprès du monde moldu et pour ça il faut que je connaisse parfaitement les deux côtés.

  • Vous êtes fous tous les deux.

  • Tu vois bien qu'ici nous ne sommes pas rejetés il y a pas mal de couples gays, même le fait que je sois moldu semble ne pas vraiment poser de problème. La réputation de Harry est telle qu'elle dépasse tout ça.

  • Et Draco Malefoy?

  • Aux dernières nouvelles, il voulait faire médicomagie. Il aime ça, particulièrement l'étude des potions. Voilà Harry tu devrais lui demander, il en sait peut-être plus que moi, Draco est son meilleur ami, ce n'est pas encore mon cas.

Harry en effet s'approchait. Jim lui rendit son sourire. L'arrivant se pencha pour poser sans aucune gêne un doux baiser sur ses lèvres avant de s'adresser aux moldus proches.

  • Nous allons visiter le village proche de l'école. Pouvez-vous former des petits groupes qui seront chacun escortés par plusieurs élèves? C'est plus facile à gérer.

  • Draco, Mia et moi nous prenons les méditerranéens dit Sylas avec un clin d'œil à son ami.



Une heure plus tard, ils déambulaient par un début de soirée doux dans le hameau. Le groupe que guidait Harry était composé de Sir Spencer, les délégués belge, néerlandais, français, les deux petits diables Sylvain et Aymeric, Jim. Trois jeunes sorciers s'étaient joints à eux, Dean, Ernie et Fabian le préfet de serpentard. Jim avait vu l'agacement de Harry en voyant Dean dans leur petite troupe mais il n'avait rien dit.



Après avoir fait des provisions de bonbons chez Honeydukes pour les deux plus jeunes, ils se retrouvèrent aux trois balais devant des bieraubeurres et du jus de citrouille. La taverne était remplie de moldus mélangés aux sorciers, les plaisanterie fusaient dans une atmosphère détendue et bon enfant bien agréable à contempler.

  • Je crois, fit le président allemand à Harry, que vous avez compris que cette conférence est un succès. Aucun de nous n'oubliera ce monde que nous avons découvert pendant ces deux semaines. Vous le savez mon mandat prendra fin le 30 juin et je laisserai la présidence au représentant espagnol qui est un des rares à ne pas être en votre faveur, ce que vous n'avez pas manqué de remarquer puisque c'est votre négociateur qui s'en occupe. Je vais donc faire préparer un projet d'accord reprenant les clauses que nous déterminerons ce soir et demain. Nous nous reverrons dans une quinzaine de jours en petit comité pour réétudier et signer le projet, il sera alors retranscrit au net et signé par toutes les parties.

  • Je suis content que cette conférence débouche sur un accord, je voudrais préciser que nous tenons avant tout à protéger notre monde de vos scientifiques et de la rapacité de certains. Notre mot d'ordre est donc sécurité.

  • Sir Spencer m'avait déjà fait part de vos inquiétudes et je ne vous donne pas tort. Je sais que nous n'avons vu qu'une petite partie de ce monde et je voudrais dès à présent vous demander une faveur. Bientôt je serai à la retraite, je ne compte pas me cramponner à la diplomatie jusqu'à quatre vingt ans, j'espère qu'à ce moment vous me ferez connaître une partie de ce que je n'ai pas vu.

  • Vous serez toujours le bienvenu et bien avant votre retraite si vous le désirez. Votre parole nous suffira.

  • Je ne suis pas le seul à avoir compris que nous n'avions vu de votre monde que ce que vous vouliez nous en montrer, méfiez-vous.

  • Je sais souffla Harry, je sais. Nous avons ouvert la boîte de Pandorre. Lord Malefoy nous avait averti, mais je ne voyais pas d'autre solution, nous lancer dans un nouveau conflit était impossible pas après sept ans de guerre civile. Nous avons trop subi et perdu.

Le diplomate regardait le visage marqué de souffrance du jeune Elu du monde sorcier. Ses yeux semblaient avoir devant eux l'horreur de la guerre passée. Son petit ami prit sa main posée sur la table et la serra le rappelant parmi eux. L'expression douloureuse fit place à la tendresse et il répondit à la pression de la main. Il a dix-huit ans pensa le représentant moldu et sept ans de lutte derrière lui, c'est impensable. Une main se posa sur l' épaule du garçon. Le politicien remonta le bras pour se trouver face aux yeux d'acier du jeune lord Malefoy.

  • Ça va, Harry? demanda une voix où l'on sentait l'inquiétude.

  • Ça va, Dray. Et toi?

  • Nous limitons les dégâts, fit-il en faisant une grimace.

  • Tu as besoin de nous?

  • Non. C'est inutile, ils ont reçu des instructions. Nous ne nous retrouvons pas devant des mandatés d'états mais devant les représentants d'une église qui nous a toujours honnis, poursuivis, brûlés... Il n'y a rien à faire.

  • A partir du mois de juin, le représentant espagnol deviendra président pour six mois, il faut que nos accords soient entérinés avant cela, répéta l'allemand pour Draco.

  • C'est possible?

  • Oui, sans problème.

Draco sourit à Harry et Jim, serrant l'épaule de son ami avant de retourner vers sa table.

  • Vous êtes très unis.

  • Oui. A combien de personnes pouvez-vous confier votre vie si demain vous n'étiez plus capable provisoirement de la diriger vous même?

  • Ma femme, mes deux fils.

  • Moi j'ai Jim, Draco, sa femme et Sylas. Il y en a d'autres en qui j'ai entière confiance, mais ils géreraient ma vie comme eux voudraient qu'elle soit et pas comme moi je le ferais, c'est toute la différence entre l'amour et le sens du devoir.

  • Il faudra définir une date pour la réunion suivante. Il n'y aura que quelques personnes. Il faut que je trouve quelqu'un de confiance pour mettre en forme et taper les documents nécessaires, ça fera encore un service en plus au courant, soupira-t-il.

  • Vous pouvez demander à Sir Spencer de vous déléguer sa secrétaire elle est très performante et tout à fait sûre, fit Harry en fixant le président.

  • Je vois, fit celui-ci en souriant. Je vais lui en parler et me consacrer à ça. Pouvons-nous définir une date dès maintenant? Un week-end suffira amplement.

  • Que diriez-vous du premier week-end de mai? Je suppose que la réunion aura lieu à Paris à l'hôtel des Saint-Maur. Cela vous conviendrait?

  • Tout à fait. Je vous demande de la discrétion, inutile que certains sachent que nous pressons le mouvement pour empêcher toute interaction dans le processus.

  • Aucun problème. Je vous confirme ça avant votre départ.





Harry, étendu sur son lit, se sentait presque soulagé du dénouement qui s'annonçait. Presque... Tant que l'accord n'était pas signé... mais c'était en bonne voie, il en était persuadé. Il fit l'effort de se lever et alla retrouver son amant dans les douches.

Draco, Hermione et Sylas relisaient les notes prises et les recoupaient, ils remettraient demain discrètement au président une ébauche d'accord, il s'en servirait pour rédiger le premier plan.

  • Ce que Harry écrit mal! s'exclama Sylas. Jim c'est parfait il a une écriture très soignée mais Harry!

  • Moi, je n'en peux plus! Quelle journée! se plaignit Hermione.

Draco doucement s'approcha de sa femme et commença à lui masser doucement les épaules. Malgré son humeur toujours rebelle envers lui, elle le laissa faire. Ses attentions lui avaient manqué tout le long du jour. Il y avait plus grave, elle avait senti à travers le lien qu'apparemment sa bouderie avait très peu affecté son mari et Sylas n'était pas intervenu pour arranger les choses comme à son habitude. Elle se sentait un peu perdue en face de cette attitude, elle avait l'habitude qu'ils se précipitent pour satisfaire le moindre de ses désirs, là ils semblaient vouloir lui démontrer qu'elle avait elle aussi à faire des efforts pour les mériter.

  • Qu'est qu'ils foutent? On ne va pas y passer la nuit! râla Sylas.

  • Harry avait besoin de décompresser, laisse lui un peu de temps.

  • Tu es aux petits soins pour lui, railla sa femme.

Il ne répondit pas mais ses mains quittèrent ses épaules. Sylas se contenta de soupirer. Elle était incroyable, il avait fallu qu'une fois de plus elle aggrave la situation. Lui aussi avait remarqué, lors de la sortie aux Trois Balais, la souffrance, le désespoir marqués sur le visage de leur ami. Draco avait été le premier à réagir mais ça aurait pu être lui. Elle leur avait dit que cet état durerait plusieurs jour, il était donc normal qu'ils s'en préoccupent, comme elle devrait le faire aussi mais elle n'arrivait pas à dépasser le sentiment de trahison qu'elle avait éprouvé le soir précédent. Ses pensées furent interrompues par des coups frappés à la porte.

  • Ce n'est pas trop tôt!

  • Juste le temps de prendre une douche et un café, fit Harry en souriant nullement troublé par le ton désagréable de son amie.

Il adressa à ses amis un clin d'œil qui signifiait entre mecs "Tiens, ta femme a ses humeurs?". Il regarda l'appartement arrangé par Minerva pour le trio. Elle avait réuni la chambre d'Hermione et de Draco en une seule grande pièce avec un coin dressing, avec un grande table de travail suffisante pour les trois occupants. Il savait qu'ils n'occuperaient pas souvent cette chambre, Teddy leur manquait trop.

  • Vous en êtes où? questionna Jim.

  • J'essaye de déchiffrer les pattes de mouche de ton petit ami.

  • J'ai une écriture de ministre, répondit le petit ami en question railleur.

  • De médicomage plutôt!

  • Donne je vais te le lire, fit Harry s'asseyant sur la table à côté des feuilles de Sylas.

Jim prit une chaise s'installa au coin de la table posant sa tête sur les genoux de Harry qui lui caressa les cheveux doucement tout en lisant. Hermione regarda le tableau puis se replongea dans ses notes les sourcils froncés. Ils travaillèrent ainsi une demi heure avant d'être interrompus par des coups frappés à la porte. Hermione alla ouvrir au père de Jim et au représentant belge. Ils embrasèrent d'un coup d'œil la scène. Le père de Jim eut un geste d'agacement en voyant son fils blotti une fois de plus contre son petit ami.

  • Nous sommes venus vous donner un coup de main.

  • Merci. Vous êtes plus habitués que nous à rédiger ce genre de protocole, soupira Sylas.

  • On peut voir ce que vous avez déjà fait, Comte? fit le représentant belge.

Sylas lui tendit le parchemin en souriant intérieurement. La Belgique était un royaume et le respect de la noblesse s'y faisait encore sentir, une notion que la république française avait quelque peu perdue, mais qu'on retrouvait aussi en Angleterre.

  • Cela me semble très bien rédigé. Peut-être faudrait-il insister sur votre façon de rendre la justice en cas d'infraction des lois sorcières par des moldus si vous laissez un vide juridique, ce sera la porte ouverte à tous les abus.

  • On voit que c'est ta spécialité. Pierre est criminologue, fit le père de Jim à l'intention des jeunes sorciers.

  • Par contre ce n'est pas la mienne, soupira Sylas et nous n'avons aucun représentant du mangenmagot dans notre délégation. On devrait demander à Kingsley peut-être? Je suppose qu'il s'y connait puisqu'il veut en occuper la place de directeur.

  • Préciser que tout contrevenant sera jugé comme un sorcier dans la même situation et qu'il n'y a aucune extradition possible devrait suffire non? intervint Harry. Sans oublier de préciser qu'ils seront incarcérés dans nos prisons et qu'ils devront en respecter les règlements. Nous sommes loin des prisons moldues et de leur confort.

  • Leur confort?

  • Oui! Chez nous une cellule c'est la solitude, 3 mètres sur 3 mètres, un coin d'aisance, une planche fixée au mur et un matelas, une chaise et une autre planche fixée au mur en guise de table. Pas de visite sauf dérogation, pas de télé, pas de livre, mais une chaîne au pied... les repas sont servis dans la cellule. Je suis resté deux mois à Azkaban j'ai cru devenir fou, fit Draco. Seul avec ses pensées vingt quatre heures sur vingt quatre, à tourner en rond sans avoir de nouvelles autres que celles surprises lorsque les gardiens parlent entre eux. Les seuls bruits qu'on entend sont ceux de la mer qui bat les falaises, le seul chauffage est la chaleur du corps... Je plains celui qui doit y passer un hiver. Je me demande comment des hommes sont assez forts et assez courageux pour y passer douze ans de leur vie sans devenir fou.

Draco avait balancé toute sa rancœur d'une seule traite, les yeux dans ceux de Harry.

  • Je changerai ça mon ami, promis.

  • Si tu ne m'en avais pas sorti, je serais mort.

  • Je le sais, Dray, fit Harry avec tendresse.

L'intensité de leur amitié était palpable.

  • Notre monde n'est pas parfait loin de là. Notre justice est expéditive et les punitions on ne peut plus exemplaires mais souvent inhumaines, encore quelques années et je pourrai changer beaucoup de choses. Je demanderai déjà l'organisation de visites dès que Kingsley sera nommé au mangenmagot. On peut réclamer une prison sur la terre ferme aussi pour les délits mineurs. On fera ça ensemble.

Comme tous, Sir Spencer regardait les deux garçons. La détermination qu'il lisait dans les yeux du jeune Survivant l'impressionnait plus qu'il ne pouvait le dire.

Celui-ci baissa les yeux vers Jim qui regardait son arbre de Noël comme disait son père. Son regard s'adoucit.

  • Continuons. Il faut que ce projet soit fini ce soir.

Moldus et sorciers penchèrent la tête vers le parchemin, œuvrant vers un même but.

 

 

 

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05-03-2010, 20:50:19 Licorne
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26-02-2010

Ma réalité

 

 

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Ma   réalité.

 

 

 

Encore quelques marches et j'y serai... Encore quelques marches et je te parlerai... Comme chaque soir depuis bientôt un mois, je monte en haut de la tour d'astronomie, je fouille du regard le parc, les bords du lac et la place sous le saule où nous allions nous asseoir, évidemment à des moments différents, la forêt interdite faite de pénombre et de louches frémissements, mais tu n'es pas là! Je te parle pourtant dans le secret de ce Poudlard que tu aimes... là, où comme moi, tu te sens chez toi!


Un mois sans nouvelle. Non pas que j'en attendais bien sûr mais je donnerais tout pour les entendre parler de tes exploits moi qui n'ai jamais supporté qu'on t'encense et ainsi être sûr que tu es vivant.

Où es-tu avec tes deux toutous? Et dans quel état? Et pourquoi as-tu pris la route, je ne comprends pas! Toi, l'Elu, le Survivant que fais-tu loin alors que la bataille se prépare?


J'ai failli ne pas te reconnaître au manoir, pâle, amaigri, sale... mais tes yeux lançaient toujours des éclairs. T'arrive-t-il, mon ennemi, de baisser tes satanées émeraudes? Même quand tu es entouré des pires mangemorts, il faut, Potty de mon cœur, que tu la ramènes! Stupide Griffondor!


Je me suis demandé souvent ce qu'il se serait passé si tu avais accepté ma main en première année. Aujourd'hui je pense que ça n'aurait pas changé grand chose. Nous étions trop différents. Je ne t'aurais pas suivi et toi non plus, maintenant, nous pouvons nous comprendre. Je l'ai lu dans ton regard, il est un livre ouvert pour moi, un livre que je feuillette depuis sept ans, sept ans de haine, sept ans de vie, de ma vie. Rien n'est jamais tout noir ou jamais tout blanc. Tout ce temps perdu à se chercher querelle, à se chercher des yeux, à s'épier, à se battre mais jamais à s'ignorer!


Te rappelles tu l'année dernière? Tu étais partout, toujours derrière moi. Je savais ce que tu cherchais, je savais ton obsession. Je ne l'ai pas! Mon bras est vierge de cette horreur! Mais pas mon âme! Si je ne suis pas un assassin, je n'ai pas pour autant fait le bon choix mais je ne veux pas de leur marque, je ne veux pas de leur monde. Si le rôle de meurtrier ne me convient pas, celui de bouffon du roi ne s'accorde pas à un Malefoy, alors ne parlons pas d'être celui d'un fou sanguinaire!


Pourquoi a-t-il fallu que tu me suives dans ces toilettes? J'aurais pu te tuer pour avoir vu ma faiblesse! Et j'ai failli le faire! Il me fallait effacer ce sentiment de tes yeux d'habitude glacés, je ne veux pas de ta pitié. Ce n'est pas digne de nous. Et comme toujours c'est moi qui me suis retrouvé couché sur le carreau avec la poitrine lacérée! Et tu étais là mon ennemi, l'horreur inscrite sur ton visage, regardant tes mains pleines de mon sang, tu t'en voulais et moi j'avais envie de te dire merci de m'enlever tous mes soucis. Oublier enfin tout et mourir de ta main, que pouvais-je, à cet instant là, désirer de plus?


Je t'ai soufflé d'aller chercher Rogue. Je ne voulais pas être le cauchemar de ton existence future, mais à la place, tu t'es agenouillé dans l'eau rougie de sang, tu m'as pris dans tes bras et tu as pleuré! Et j'ai failli mourir. Dès qu'il s'agit de l'autre, nous n'avons jamais été rationnels. Et depuis nous savons que le bien et le mal sont proches comme l'amour et la haine et que le noir et le blanc n'existent que dans les âmes torturées.


Où es-tu encore en train de jouer au héros? J'espère, impétueux Griffondor, que tu n'as pas encore été te fourrer dans la gueule du loup. J'ai si froid, j'aimerais tant me réchauffer à ta haine, être vivant enfin. Je mange, je bois, je suis les cours mais mon esprit revit les horreurs que j'ai surprises au manoir, elles ne me quittent plus. Et pour oublier un regard de la couleur du sang, j'ai besoin de me rafraîchir aux yeux du Survivant. C'est risible non?


Il est temps que tu rentres, bientôt ils seront là, je le sens, je le sais. Ils chuchotent dans le dortoir, ils échangent des rires complices et se taisent dès que j'arrive. Draco Malefoy n'est plus vraiment bien vu par ses pairs. Je ne suis pour eux qu'un pion en sursis. Je sais que le jour venu les autres maisons seront derrière toi, professeurs et élèves. Moi, je ne sais pas! Je ne veux pas me battre mais personne ne me demande mon avis. Je ferai ce que je peux pour rester vivant. Pour quel avenir? Je ne sais pas! D'un côté je serai le mangemort fils de mangemort, de l'autre le lâche qui a échoué puis les a vendus. Dans ma désespérance, il n'y a qu'un élément immuable...


Tout ça pour en arriver à te dire que c'est fini! Pour moi, c'est fini. Demain, dans une semaine, dans un mois, peu importe, nous serons peut-être encore face à face, mais il n'y aura plus jamais d'avada kedavra ou alors si je dois donner le change, je serai le jeune sorcier le plus maladroit de tous les temps. Si il ne doit en rester qu'un je veux que ce soit toi, toi mon ennemi.


 



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26-02-2010, 12:53:47 Licorne
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19-02-2010

Chapitre XXV. HARRY POTTER ET LE PACTE D'AMOUR.

Chapitre XXV. LE RETOUR  AUX  SOURCES.





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Harry et Jim s'étaient levés d'un même mouvement et entouraient le vieux serviteur.

  • Il est allé à l'école comme d'habitude et il n'est pas revenu. Nous avons téléphoné au directeur, il a bien assisté aux cours toute la journée et puis il a disparu entre l'école et l'hôtel Saint-Maur.

  • C'est une manoeuvre d'Ombrage pour que nous nous retirions de la conférence, nous attendions des attentats contre notre vie ou celles des représentants, elle a préféré s'en prendre à un enfant que nous aimons, fit Draco.

  • Tu es sûr de ce que tu avances Draco? demanda Sir Spencer.

  • Je ne le serais pas, si nous n'avions une des coupables ici même, fit-il en se retournant vers une des traductrices qui était déjà tenue en joue par Hermione et Sylas.

  • Faites attention à sa bague, avertit Draco, elle contient un poison.

Jim se précipita et ôta la bague à la jeune femme. Il se demanda comment Draco allait faire sans révéler son don de légilimencie pour l'interroger. Il se souvint de ce que lui avait raconté Harry sur Ombrage qui en cinquième faisait prendre du veritaserum à ses élèves pour connaître la vérité au sujet de l'armée Dumbledore.

  • Tu vas lui donner du veritaserum?

Draco regarda Jim qui tout moldu qu'il était lui donnait la solution à son problème.

  • C'est le seul moyen. Je vais en chercher.

  • Qu'est-ce que le veritaserum? Interrogea le président.

  • Une potion dont les effets sont semblables au serum de vérité, répondit Harry qui depuis son arrivée avait sa main sur l'épaule du vieux Gauthier pour le rassurer. Nous ne pouvons pas perdre de temps. Les sbires d'Ombrage n'ont pas vraiment d'états d'âme.

Draco revint avec une petite fiole contenant un liquide incolore. La sorcière le regarda d'un air dédaigneux, pourtant deux minutes plus tard, soumise discrètement à l'imperium par Draco, elle avalait toute la fiole d'un air soumis. C'est Sylas qui se chargea de commencer l'interrogatoire. Harry l'interrompit à plusieurs reprises pour poser des questions.

Les représentants de l'Europe, les aurors, les gardes du corps qui assuraient la sécurité étaient tous là. Ils n'avaient pu bénéficier de la protection des unités spéciales de la police belge la conférence n'ayant rien d'officiel. La CGSU n'agissait jamais de sa propre initiative mais seulement avec l'accord formel d'une autorité judiciaire ou administrative, ils avaient donc fait appel à une société privée, spécialisée dans la sécurité rapprochée mais nullement formée pour faire face à un problème tel qu'un enlèvement d'enfant. D'un autre côté, ça laissait les coudées franches aux aurors sorciers ce qui n'auraient pas été le cas avec la police belge.

Au bout de quelques minutes qui parurent des heures, la vérité qu'ils redoutaient depuis que Gauthier était arrivé, s'imposait, l'enfant était détenu au château d'Antoing, dans la grosse tour. Ils retournaient à la case départ. Ils se regardèrent tétanisés.

  • Qu'y a-t-il Harry? interrogea le père de Jim.

  • C'est une très longue histoire qui remonte à l'été dernier.

Il raconta les prémonitions d'Hermione, leur identification du château d'Antoing, Ombrage et ses idées puis sa faction et sa recherche du pouvoir sur le monde sorcier, leur combat politique, les attentats contre Lucius, contre Harry et enfin leur affrontement au château des Princes de Ligne pour détruire le miroir qui devait servir de piège reliant les deux châteaux et la destruction de ce dernier par Harry.

  • Comment pouvons nous vous croire? murmura le président.

  • Moi, je les crois sans peine, fit le propriétaire du château. J'avais aperçu, il y a environ trois semaines, chez un de mes amis antiquaire un très beau et très ancien miroir, il venait de l'acheter pour une bouchée de pain à un inconnu qui prétendait avoir un pressant et important besoin d'argent. J'en ai fait l'acquisition et l'ai fait installer dans le hall de nuit au premier étage dans l'aile réservée à nos invités. Il y a dix jours, le dimanche vers dix-huit heures il s'est brisé en mille morceaux sans aucune raison.

  • Qu'avez-vous l'intention de faire?

  • Nous allons renforcer notre groupe et nous allons intervenir.

  • Mais ils vous attendent!

  • En effet, nous le savons.

  • Je vous accompagne, fit Sir Spencer.

  • Papa non!

  • Tu crois que je vais laisser un enfant dans les mains de gens pareils?

  • Nous vous accompagnons aussi fit le responsable de l'équipe de gardes du corps.

  • Jim, je vais à Poudlard chercher l'AD. Plusieurs transplanages à deux vont me fatiguer et je serai moins fort pour combattre, pour une fois, il faut que tu m'attendes.

Dans une demi heure exactement, enlevez les protections pendant une quinzaine de minutes, nous transplanerons.

Sa main posée sur son épaule, il échangea un long regard avec Jim, enleva les protections d'un coup de baguette et transplana, le trio s'empressa de remettre les protections magiques autour du château.

  • Il est parti où? demanda le représentant danois.

  • En Ecosse, chercher des renforts.

  • Et il sera de retour dans une demi-heure? demanda-t-il incrédule.

  • Oui.

  • Et vous, que faites vous? fit le même politicien danois.

  • Nous protégeons le château aussi bien contre les transplanages ou les sortilèges que contre vos armes, un tir de rockets ou de mortier ne passerait pas le dôme invisible que nous avons déployé.

Les représentants échangèrent des regards stupéfaits. Pendant ce temps, Lucius et Liam donnaient quelques coups de téléphone. Jim discutait à voix basse avec son père. Hermione réconfortait le vieux Gauthier qui regardait avec reconnaissance l'expédition se préparer. Le comte était bien le digne descendant des Saint-Maur.

  • Monsieur le Comte?

  • Oui, Gauthier?

  • J'aimerais rassurer ma fille et son mari.

  • Je suis désolé de ne pas y avoir pensé, lui répondit Sylas en lui tendant son téléphone portable. Dites leur bien que Sylvain est vivant et que nous allons le chercher.

  • Pourquoi vous donne-t-il le titre de comte? Interrogea le diplomate luxembourgeois.

  • Le nom entier de ce jeune homme est Sylas van Neeren, comte de Saint-Maur, intervint Pierre Moscovici, il provient d'une des plus anciennes familles de la noblesse française, il y a même des Bourbons dans ses ancêtres, il est apparenté avec presque toutes les familles royales européennes. Il a un château dans le sud-ouest et un très bel hôtel particulier à Paris où j'ai eu le plaisir d'être reçu et de faire la connaissance avec le personnel qui sert la famille de Saint-Maur depuis cinq générations dont la maman de l'enfant enlevé.

Les représentants commençaient à se rendre compte que certains de leurs homologues étaient déjà bien liés avec les sorciers et que ces derniers étaient introduits dans le monde moldu depuis longtemps et sans que personne ne le sache. Si, comme il leur avait été dit, il y avait des mondes sorciers parallèles aux leurs, il y avait fort à parier qu'il y avait aussi des sorciers dans leur entourage.

  • Monsieur Draco, appela timidement Gauthier, il est temps d'enlever le bouclier.

Dray vérifia l'heure et enleva la protection. Quelques instants plus tard, ils virent transplaner des sorciers de tous âges. Toute une tribu de sorciers roux, plusieurs sorciers inconnus, aurors du ministère convoqués par Lucius et Liam et enfin une troupe de jeunes sorciers menés par Minerva Mac Gonagall, parmi eux Ginny, Neville, Luna, Dean Thomas, Michael Corner, Seamus Finnigan, Ernie Mac Millan, Lee Jordan, Mara. Toutes les maisons étaient présentes

  • Ginny? interpella Jim, où est Harry?

  • Je ne sais pas il a transplané en même temps que nous mais manifestement pas au même endroit.

  • Jim, ne te tracasse pas il va arriver, il reste cinq minutes, lui fit Hermione.

Les minutes passèrent.

Crac! Le bruit d'un transplanage, deux yeux verts qui sourient et deux yeux bleus qui reprochent. Un garçon qui se moque de l'opinion des autres et qui s'accroupit devant son amour assis, une main sur son genou pour le rassurer à voix basse.

Quand Harry se releva, il était de nouveau le survivant, le visage calme et froid. Il expliqua ce qu'il attendait d'eux, leur décrivit les lieux et la façon dont ils allaient tomber au milieu des sbires d'Ombrage. Il forma trois équipes de quatorze personnes mélangeant aurors, moldus et sorciers. Enfin il leur expliqua le danger d'intervenir à visage découvert et la menace d'éventuelles représailles. Il agrandit un sac de voyage et en sortit des capes et des masques de cuir noir qu'il fit passer à tous.

  • Je me doutais bien que vous étiez ce mystérieux groupe d'intervention de sorciers qui se battaient aussi avec des armes moldues, lui fit Neville en souriant.

D'un autre sac il sortit des pistolets 9mm assortis de silencieux, des grenades lacrymogènes. Il distribua les armes uniquement à ceux qui savaient s'en servir et les grenades à ceux qui avaient fait l'entraînement de Joshua.

  • Je sais que je ne vais pas vous aider avec mes recommandations mais pas de blessures mortelles, nous n'allons pas à la chasse et le moins de dégâts possible, c'est une merveille de château. Minerva, Charlie, Neville, Luna, je ne vous ai pas répartis dans les groupes, vous allez chercher et protéger Sylvain. Je suppose qu'il est dans la pièce ronde du troisième étage. Ils ne laisseront que peu de sorciers avec lui lorsqu'ils verront notre nombre, sachez donc attendre un peu avant d'y aller. Quoiqu'il arrive, ne vous laissez pas détourner de votre tâche et dès que vous l'avez trouvé, transplanez avec lui à Poudlard, l'hôtel Saint-Maur n'est pas assez sécurisé. Le groupe de Kingsley atterrira au premier étage. Le groupe de Lucius au second étage, nous dans la galerie des tableaux.

Les membres du trio échangèrent un long regard ainsi ils allaient quand même l'affronter cette galerie et cette mort promise depuis des mois. Ils s'enlacèrent ignorant du regard des autres.

  • Pour les non sorciers, la rapidité est votre seul avantage. Si vous voyez un trait vert sortir d'une baguette évitez le quel que soit le prix à payer c'est le sortilège de mort, si vous entendez le mot avada kedavra c'est encore lui. Le sortilège doloris est un sortilège de torture et souvent employé par ce genre de personnages, je suppose que vous pratiquez tous les arts martiaux, si vous n'avez qu'un seul adversaire concentrez vous, vous arriverez à le supporter en continuant à combattre. Voilà, arrangez vous entre vous pour faire transplaner ceux qui ne savent pas le faire. Notez bien le visage de votre partenaire, vous aurez peut-être besoin de le retrouver vite pour repartir. Dès que l'enfant est en sûreté nous rentrons, nous ne sommes pas là pour faire du combat de rue.

Nous allons remettre les protections autour du château avant de transplaner à Antoing. Ne vous tracassez pas, vous êtes en sûreté.

  • Si tous les sorciers les brisent aussi vite que vous tantôt, nous ne sommes pas vraiment à l'abri.

  • Non, personne n'y arrivera, elles sont trop puissantes pour les autres sorciers, fit Harry en souriant.

  • Merci et bonne chance à vous, fit Pierre Moscovici.

  • Ça va aller Gauthier.

  • Merci Monsieur Harry, je vous fais confiance.



Les quatre groupes se rendirent dans la deuxième cour. Le trio recouvrit le château de son bouclier protecteur puis tous disparurent aux yeux des politiciens.

  • Ils ne nous reste qu'à attendre, constata le luxembourgeois.

  • Quelle étrange aventure, nous sommes venus pour une conférence avec des sorciers que nous supposions faciles à écarter de notre chemin et nous nous retrouvons à nous morfondre en attendant leur retour, fit la représentante de la Grèce.

  • Et puis, ils sont loin d'être ce que nous attendions, soupira le suédois.

Nous nous apprêtions à affronter le diable et nous sommes devant des gens cultivés, agréables, parfaitement intégrés dans notre monde tout en vivant dans le leur, ayant apparemment les mêmes préoccupations que nous... et des jeunes gens de dix-huit ans qui assument des responsabilités d'hommes mûrs alors que nos enfants du même âge s'inquiètent juste de leurs amours et de sortir en boîte.

  • Et un jeune homme aux yeux verts et au charisme intense à qui tout le monde obéit même les ministres, vous ne trouvez pas ça dangereux? intervint l'italien.

  • Ils le suivent parce que sans lui le monde sorcier n'existerait plus que soumis au mal. Les sorciers l'appellent le Survivant ou l'Elu, il est le seul à avoir supporté à l'âge d'un an un sortilège de mort lancé par le sorcier noir Voldemort lui-même, c'est ce qui lui a marqué cette cicatrice au front, les informa Gauthier nullement troublé par ce panel de ministres. Le mage l'a ainsi désigné comme celui qui allait le vaincre et accomplir la prophétie.

  • Je le trouverais dangereux si ce jeune homme était voué au mal, défendit le français.

  • Je ferai remarquer qu'ils sont partis armés jusqu'aux dents.

  • Pour délivrer un enfant de ses ravisseurs, sorciers eux aussi.

  • Mais sur votre territoire! fit valoir l'espagnol.

  • Un jeune homme qui a dans le cœur ce qu'exprimait ses yeux quand il a rassuré son compagnon ne peut être mauvais, émit le néerlandais.

L'espagnol leva les yeux au ciel se demandant qui avait bien pu décider de l'envoi d'un homosexuel fleur bleue comme représentant de son pays.

  • Il combat du bon côté. Votre entêtement serait-il un souvenir de la très sainte inquisition? s'enquit le belge qui n'était pas encore intervenu et qui n'avait jamais aimé cette période de l'histoire de son pays pendant laquelle il avait été soumis au duc d'Albe.





Ils étaient non loin du château d'Antoing, on en voyait la tour une centaine de mètres plus loin. Voir le lieu s'avérait très utile pour un transplanage précis. Kingsley, Lucius et Harry donnaient leurs dernières instructions à leur groupe.

  • Le trio, dès que vous avez transplané je veux voir en animagi et vous ne reprendrez votre forme que quand ce sera sécurisé et pour une fois j'aimerais que vous respectiez ce que je vous demande quoi qu'il se passe! commanda Harry.

  • Nous ne servirons alors à rien!

  • Ah bon? Les plus rapides et puissants des félins ne servent à rien? Quant à toi Draco ce sont tes yeux qui nous serviront. Il y a une tapisserie représentant l'entrée de Jehanne la Pucelle à Orléans, derrière elle il y a un couloir et des hommes cachés, il faut les neutraliser avant toute chose! Les non sorciers, faites attention aux traits verts et aux avada kedavra. Ne restez jamais seuls!

Jim, ce n'est pas à toi à me protéger alors pas de folie! Je t'en prie! fit-il à voix basse.

  • Je ferai ce que je dois faire pour qu'on soit tous les deux vivants!

  • Tout le monde y est? À trois on transplane, un, deux, trois! fit-il tenant Jim contre lui, ses yeux dans les siens.

Ils étaient dans un long couloir, silencieux et sombre, aux murs les portraits des ancêtres de la branche cadette des princes de Ligne. Manifestement dans la tour les choses n'étaient pas aussi calmes malgré les silencieux on entendait déjà des bruits de lutte. Tout le château devait être alerté. Harry posa la main sur la tête du jaguar qui feulait doucement à côté de lui, il devait sentir la présence de leurs ennemis.

Ils avancèrent vers l'escalier au fond du couloir. Dès qu'il arriva à avoir un angle de tir possible, Harry tira vers la tapisserie, un cri se fit entendre ainsi que le bruit sourd d'un corps qui tombe. Jim avait tiré presque en même temps que lui d'un angle un peu différent, mais manifestement ils avaient pris du recul. Harry vit les deux panthères se glisser comme des ombres derrière la tapisserie, il les montra des yeux à Jim qui acquiesça, ils les suivirent arrachant au passage la tringle qui maintenait la tapisserie au mur, laissant le couloir à la vue du reste du groupe. Les 9mm crachèrent encore une fois en même temps que les sorts se croisèrent. Les deux panthères maintenaient chacune un adversaire étendu sur le sol une gueule aux dents redoutables ouvertes sur leur gorge.

Le reste du groupe sur les talons ils affrontèrent une troupe de sorciers qui n'avait pas l'air de se tarir, dès qu'un tombait un autre prenait sa place. Enfin, ils se retrouvèrent à court d'ennemis.

Draco se matérialisa à leurs côtés quittant sa forme animagus. Il avait été faire une petite reconnaissance dans les divers étages de la tour. Les combats se poursuivaient avec acharnement au premier étage, le troisième groupe venait donc de rejoindre le second pour l'appuyer. Il y avait pourtant un problème de taille, Sylvain n'était pas dans la pièce du dernier étage.

  • Il ne reste qu'une solution, fit Hermione, cette tour date du moyen âge, il y a certainement des cachots et des souterrains, je suppose que c'est là que nous trouverons Sylvain.

  • Il nous faut alors d'abord éliminer tous les sbires d'Ombrage pour ne pas risquer de nous retrouver coincés dans les sous-sols.

  • Nous allons de toute façon laisser deux groupes en haut, confirma Harry.

Jim? souffla-t-il.

  • Ça va!

  • Non, ça ne va pas! Qu'est-ce qu'il y a?

  • Je te dis que ça va! s'impatienta le garçon.

Harry ne dit rien mais il ne le lâcha plus des yeux.

Les deux équipes avaient enfin nettoyé les deux étages de la tour, les divers sorciers étaient ligotés, aucun n'avait réussi à transplaner. Harry, le trio, Jim, Jimmy, Erwin et Lucius descendirent un escalier en colimaçon et se trouvèrent dans une pièce circulaire dallée. Plusieurs portes à droite et à gauche avec des judas devaient s'ouvrir sur des cachots, pourtant Sylvain n'y était pas, il était attaché, assis sur le sol, à une poutre placée au milieu de la pièce. Il était inconscient et semblait avoir été drogué.

Instinctivement, ils s'arrêtèrent avant l'entrée dans la pièce.

  • Ce serait trop facile, murmura Harry. Je suis sûr qu'ils ont prévu un dernier piège au cas où nous arriverions jusqu'ici. Il ne faut pas oublier que c'est un château d'anciens sorciers.

Jim regardait autour de lui, il n'y avait rien, seul un tas de grosses pierres plates retint son attention. Il ne voyait pas à quoi elles pouvaient servir. C'était un élément incongru dans cette nudité environnante. Il examinait avec attention toute la pièce. Il prit une pierre et la fit glisser sur une des dalles d'environ un mètre carré qui s'enfonça avec un bruit sourd. Il essaya d'en lancer une seconde sur la dalle voisine qui s'enfonça de la même manière. Au troisième lancé, une dalle resta à sa place. Jim eut un sourire moqueur.

  • Ça sert de jouer à Tomb Raider!

  • Hein? fit Harry.

  • Playstation! Lui répondit Jim, je t'expliquerai.

  • Je sais ce que c'est, Dudley en avait une.

Il nota l'amertume contenue dans le ton de voix de son amour... encore une blessure semblait-il. Il demanderait à Hermione.

Harry fit léviter les pierres sur les dalles et ainsi se forma, jusqu'au centre de la pièce, un étroit chemin entouré de vide.

Jimmy s'engagea sur une des dalles vers le jeune garçon. Harry ne semblait pas satisfait.

  • C'est encore trop facile.

  • Couche-toi, hurla Hermione à son frère, couche-toi.

Un petit déclic s'était fait entendre quand Jimmy avait posé son pied sur la quatrième dalle et des flèches libérées par le mécanisme avaient manqué de peu Jimmy. On entendit un second déclic, le mécanisme était de nouveau en place.

  • Jimmy, reviens ici, fit son beau-frère, on va procéder autrement. Ne te relève pas! Le mécanisme est de nouveau activé.

Draco se changea en Gwaihir et vola jusqu'au centre de la pièce, examinant de son œil acéré de rapace le jeune garçon attaché et son environnement immédiat. Il se posa de nouveau à côté de ses amis reprenant sa forme humaine.

  • Il ne semble rien y avoir de suspect pourtant Sylvain est attaché avec des cordes qui sont soigneusement nouées. Il y a bon nombre de nœuds et je n'en vois pas la nécessité, à moins de vouloir qu'on y mette le temps.

  • Un sortilège de rétrécissement de la pièce! murmura Hermione, c'était employé fréquemment au moyen-âge et cette tour doit dater de cette époque.

Ils se regardèrent perplexes.

  • Il faudrait désactiver le processus.

  • Un mot, un seul mot, défini par le sorcier qui a jeté le sort, met un jour en branle ce genre de magie, intervint Lucius et ce mot nous ne le connaissons pas! Dès que vous aurez posé un pied sur la rosace centrale de la pièce, le sortilège débutera.

  • Quelqu'un a un couteau et une corde? interrogea Jim.

  • Moi, j'ai un couteau intervint le responsable des gardes du corps en le tendant à Jim qui examina la lame tendue ressemblant plus à un poignard qu'à un couteau suisse mais qui présentait l'avantage d'être parfaitement aiguisée.

  • Une corde on peut t'en faire une. Si tu nous exposais ton idée? Tu veux faire Tarzan? demanda Sylas.

  • Non, la corde c'est pour attacher Sylvain pour le sortir. Une fois qu'il est attaché, il suffit que vous le tiriez.

  • Et toi tu sors comment après? questionna Harry.

  • Par le petit chemin de dalles en rampant.

  • Et tu vas faire tout ça avec la balle que tu as dans le bras gauche? Tu crois que je ne l'ai pas vu? railla Harry en posant sa main sur le bras de Jim au niveau du biceps et en serrant légèrement amenant dans les yeux devenus trop brillants de son amant une expression involontaire de souffrance. Il faudra d'ailleurs que tu m'expliques qui t'a tiré dessus alors que nous étions les seuls à avoir des armes à feu, asséna-t-il en montant le ton.

Je le saurai, tu sais! Je ne laisserai pas tomber, continua-t-il rageusement, voyant que Jim n'avait pas l'intention de répondre.

Un expression triste passa sur le visage du garçon, qui émut son petit ami. Il posa doucement sa main sur son épaule pour atténuer ce que sa voix avait eu de coléreux. Il commençait à le connaître, il voulait le protéger de quelque chose, mais de quoi?

  • Draco en tant que Gwaihir tu peux porter Sylvain?

  • Je n'ai jamais essayé mais oui, je devrais pouvoir y arriver.

  • Bon il nous faut un homme qui peut couper les cordes de Sylvain et qui peut revenir en rampant.

  • Je peux le faire, fit Sylas et je peux ramener Sylvain aussi. En tant que Onca, je ne risque pas de recevoir les flèches, je serai trop bas. Je tirerai le petit pour revenir.

  • Mon ange... fit Hermione d'un ton presque suppliant.

  • Il faut le faire, ma vie. Si Sylvain se réveille tout sera bien plus compliqué encore. En plus c'est le fils de notre gouvernante et il a été enlevé à cause de nous.

Sylas après un regard pour ses deux amours se transforma en jaguar, Jim lui tendit le poignard qu'il prit dans sa gueule et il avança vers le centre de la pièce. Mais avant que quiconque puisse intervenir, Draco se transforma en Gwaihir et se posta au-dessus de l'enfant.

Lorsque Sylas eut atteint la rosace, il coupa les liens sous sa forme humaine avant de reprendre sa forme de jaguar. Il saisit le garçon par une de ses chaussures et commença à la traîner vers la sortie. Dès qu'il s'était dressé sur la rosace, un chuintement s'était fait entendre. Le plafond et les murs avaient commencé leur marche en avant. Draco progressait en même temps que Onca. Les autres suivaient leur avancée avec inquiétude. C'était trop lent, bien trop lent!

  • Sylas il faut que tu ailles plus vite même si tu le meurtris, autrement vous n'aurez pas le temps. Draco sort! cria Harry.

Au lieu de l'écouter, Draco se posa sur la troisième pierre et se transforma, il était déjà obligé de se tenir un peu voûté. Il saisit Sylvain dès qu'il fut à sa portée et le lança littéralement vers l'entrée. Il plongea pour atteindre la sortie suivi de Onca. Un gardien de football n'aurait pas renié ce qui ressemblait fort à un plongeon. Le jaguar se frotta doucement contre son amant qui n'avait pas voulu le quitter. Lucius s'avança et examina son fils en poussant un soupir.

  • Tu as l'épaule démise.

  • On verra ça à Haultepenne. Il faut transplaner.

  • On va voir si les autres ont sorti tous les sbires du crapaud rose, ils vont aller faire un petit tour à Azkaban., fit Harry.

Je vais mettre des protections sur le château ainsi ils ne sauront plus y entrer et nous serons tranquilles de ce côté. Hermione tu viens avec moi?

Viens, mon grand, souffla-t-il à Jim qui maintenant était livide, tout en le prenant par la taille pour le soutenir.

  • Arthur, vous avez transporté tout le monde dehors et remis un peu d'ordre?

  • Oui c'est fait, je vais transplaner avec tout ce monde au ministère en attendant de les conduire à Azkaban demain matin à la première heure.

  • Moi, je vais mettre des protections pour qu'il ne se servent plus du château.





  • Ils sont partis depuis plusieurs heures maintenant, dit la représentante finnoise.

  • Faisons leur confiance, ils avaient l'air de savoir ce qu'ils faisaient et, si j'ai bien compris, ce n'est pas la première fois qu'ils se battent contre cette faction .

  • N'empêche ça commence à être long.

  • Nous pouvons peut-être profiter de leur absence pour définir une attitude commune, suggéra le représentant italien.

  • Qui serait? demanda le belge avec un sourire moqueur.

  • Leur demander d'ouvrir leur monde et de remettre en nos mains leur gouvernement.

  • Ouvrir leur monde? Ça c'est nous le donner.

Je suggère plutôt une coopération avec leur gouvernement, la reconnaissance de celui-ci et la possibilité de nous entretenir avec les dirigeants sorciers des autres pays. Il ne nous ont jamais fait le moindre tort, je ne vois pas pourquoi nous déciderions de leur nuire.

  • Les voilà! S'exclama la représentante irlandaise. Apparemment ils ont des blessés.

Gauthier fixait la porte avec espoir. Sylas entra le premier avec le petit Sylvain dans les bras. Gauthier n'avait même plus la force de se lever, il attendait simplement qu'on lui dise de son petit fils qu'il était vivant, même si il avait la tête ballante et ne semblait plus bouger.

  • N'ayez pas peur Gauthier, il est seulement drogué. Demain il n'y paraîtra plus.

  • Merci, Monsieur le Comte. Merci.

Où sont Madame la Comtesse, Monsieur Draco, Monsieur Harry et Monsieur Jim?

  • Draco a l'épaule démise, Jim a reçu une balle dans le bras et Erwin a reçu un sort de découpage et a perdu beaucoup de sang. Lord Malefoy les soigne.

Je crois, Monsieur Le Président, qu'il va nous falloir remettre la suite de nos débats à demain matin quand tout le monde sera en pleine forme.

  • Il n'y a pas de problème, Comte, de toute façon il se fait tard. Nous allons souper, comme disent nos amis belges puis nous prendrons des nouvelles de vos blessés.

  • Le seul qui ne sera pas disponible avant demain, c'est Erwin Mac Feal, il a perdu trop de sang, il faut le temps que la potion de régénération fasse effet. Les autres seront près de nous dans le courant de la soirée.

  • L'épaule démise je veux bien le croire mais la balle dans le bras...

  • Notre médecine est différente de la vôtre, la chirurgie chez nous n'existe pas. La balle va être ressortie grâce à un sortilège d'attraction, la plaie refermée grâce à des incantations, l'infection prévenue grâce à un liniment et enfin le sang perdu remplacé grâce à une potion.

  • Lord Malefoy est médecin?

  • Non, il n'est pas médicomage mais il soigne très bien et Draco aussi, c'est ce dernier qui soigne Jim Spencer. Lord Malefoy s'occupe d'Erwin. Ils ont un don pour percevoir les faiblesses et les manquements des corps et ils sont puissants. Ils sont tous les deux des spécialistes en potion. Chez Draco c'est une vraie passion. Nous ne nous adressons à vos hôpitaux qu'en de rares cas. Vous mettez six semaines pour ressouder un bras cassé, nous mettons une demi-heure.

Les élèves de Poudlard conduits par leur directrice avaient aidé à ramener les gardes du corps par transplanage et ils attendaient pour prendre congé et rentrer à l'école.

  • Madame la Directrice, Harry demande que vous l'attendiez, il arrive d'ici cinq minutes.

  • Il y a un problème, Draco?

  • Oui, mais je laisse Harry vous l'expliquer.

  • En attendant les enfants vous repliez les capes et vous les mettez ici en pile et les masques à côté, ordonna Mac Gonagall.

  • Minerva, je peux vous voir un moment en privé?

  • J'arrive Harry.

Elle revint quelques minutes plus tard le visage fermé et soucieux. Ils prirent congé immédiatement et repartirent vers Poudlard.

  • Si j'ai bien compris, Monsieur Malefoy, c'est la directrice de votre école et certains de vos condisciples? interrogea le représentant italien.

  • En effet.

  • C'est habituel chez vous que les élèves de votre école, poussés par leur directrice, servent de mercenaires?

  • Je crois que nous n'avons pas la même définition. Aider des amis à libérer un enfant enlevé et ceci sans attente de récompense, ça ne me parait pas être les caractéristiques du travail des mercenaires.

Les élèves de notre école apprennent à combattre le mal dès leur jeune âge. Seuls les élèves majeurs et volontaires étaient ici ce soir. Si Harry avait attendu d'être adulte pour éliminer Lord Voldemort, notre monde n'existerait plus.

  • Vous avez agi très courageusement, tous autant que vous êtes, apprécia le danois en regardant Sylas qui administrait une médication à Sylvain. Cet enfant vous doit la vie. A aucun moment, vous n'avez hésité à intervenir. Vous avez organisé une opération en un minimum de temps et vous l'avez menée à bien. Nous vous avions catalogué avant de vous connaître. Ce que nous ne connaissons pas effraie les humains, nous allons apprendre à vous envisager. Je vais demander que notre façon de travailler soit modifiée, nous allons étudier votre monde ensemble. Et pour commencer, je voudrais voir à quoi il ressemble.

  • Nous serons heureux de vous montrer tout ce que vous voulez en voir.





Harry approcha du lit où se reposait Jim assommé par un léger somnifère. Il devrait se réveiller dans deux ou trois heures. Il se coucha à ses côtés. Appuyé sur son coude, il l'observait. Il se rappelait un jour pas tellement lointain où, pour la première fois réunis sur la même couche, dans la même position, il l'avait regardé dormir. Il avait eu tellement peur d'éprouver des sentiments pour un garçon. Aimer au masculin ou au féminin, quelle importance? L'essentiel c'est d'aimer et d'être aimé en retour.

Il lui était devenu tellement cher. Comment pourrait-il vivre sans lui maintenant? Petit sorcier solitaire amoureux d'un chaud et blond rayon de soleil qui lui réchauffait le cœur. Jamais on ne le lui enlèverait même si pour ça il devait faire quelques entorses à ses propres principes. Comme voir dans son esprit ce qu'il refusait de lui dire pour le protéger...

Si je ne t'ai jamais parlé d'elle, mon amour, c'est que justement elle n'avait aucune importance, je ne l'ai jamais aimée et tu ne m'aurais fait nulle peine en me parlant de son attitude. J'aurais juste été, comme maintenant, en colère. Ce n'est même plus de la colère, nul n'a le droit de vouloir t'arracher à moi sans en payer le prix. M'aimes-tu assez que pour mettre de côté ta jalousie pour ce que tu crois être mon bonheur? Tu es fou d'avoir pu croire un seul instant qu'elle comptait pour moi.

Il caressa doucement l'ovale de son visage de la pointe de son majeur puis ces lèvres. Il nicha sa tête dans son cou retrouvant sa capiteuse odeur et soupira d'aise. Il voulait oublier pour quelques instants le monde sorcier, leur conférence, la prophétie, le crapaud rose pour ne se souvenir que de lui, encore et toujours lui, uniquement lui. Il noua sa main à la sienne, la porta à ses lèvres et y posa un doux baiser puis s'endormit pour un court repos.





Draco et Sylas échangèrent un sourire complice, tout semblait se dérouler au mieux. Certains délégués avaient changé d'avis sur pas mal d'éléments. Si ils étaient prêts à visiter leur monde, c'était une bonne chose, rien ne vaut le contact et le visuel pour comprendre et accepter les choses. La salle de conférence était vide, le propriétaire avait mis à la disposition de Gauthier une chambre pour lui et Sylvain qu'ils voulaient garder en observation jusqu'à ce que la drogue sorcière soit éliminée de son organisme. Françoise et son mari avaient été rassurés par téléphone. Les politiciens étaient allés manger. Draco soupira de soulagement.



  • Quelle journée!

  • C'est vrai qu'on a connu plus calme, fit Sylas en s'approchant de Draco assis sur la table de conférence. Tu te rends compte de ce que tu fais? Quel crime de t'asseoir sur notre table de conférence!

  • ...

  • Dray, je voudrais te dire pour tantôt...

  • Chut, mon grand.

  • Non! Cette fois tu vas m'écouter. Ta présence à mes côtés, c'était pour moi la plus belle des preuves d'amour.

  • ...

Draco attira Sylas entre ses jambes et referma ses bras autour de sa taille l'attirant pour un baiser passionné qu'il n'interrompit qu'à bout de souffle pour poser son front contre celui de Sy.

  • Chaque jour je t'aime plus, tendre ami.

  • Je sais. Tu te rappelles, tu m'a appris à me servir du pacte pour connaître les sentiments de Mia? T'attendais-tu à ce que je l'utilise, chaque jour, pour lire les tiens? C'est pourtant ce que je fais car tu ne me l'as jamais dit.

  • Je réservais ce mot à ma mie.

  • Et maintenant? demanda Draco en passant tendrement sa main dans la mèche sombre qui s'entêtait à lui cacher les yeux d'ébène.

  • Je l'aime bien sûr, mais mes sentiments ont évolué, je suis devenu plus proche encore de toi. Je t'aime.

  • Finalement, c'est une belle journée, soupira-t-il sur les lèvres de Sy.

Il mit sa joue contre celle de Sylas, sa main caressant doucement la nuque de son homme alangui contre lui, ils restèrent de longues minutes ainsi, l'un contre l'autre, appréciant juste leur présence réciproque.

  • Elle se réveille, fit Dray.

  • Je sais mais j'aimerais encore savourer ces instants.

Draco resserra son étreinte sur Sylas. Mia allait les chercher sans aucun doute, allait les trouver et bouder. C'était de plus en plus fréquent, mais là il était tellement bien. Avec Sy tout était toujours facile, ils n'avaient pour ainsi dire jamais besoin de parler, ils se comprenaient.

  • Profite mon grand, bien que tu aies toute la vie pour ça. Je te le rappelle, peut-être que dans quelques années, tu ne sauras plus me voir et que tu me supporteras tant bien que mal.

  • Tu cherches à ce que je te le redise encore et encore? fit Sylas un sourire tendrement moqueur.

Pour toute réponse son amant l'emmena dans la volupté d'un de ses baisers passionnés.





Jim ouvrit les yeux avec difficulté, il lui semblait être dans un cocon blanc et silencieux. Il referma les yeux. A ses côtés une chaleur douce, une odeur fraîche citronnée qu'il reconnaitrait entre mille, Harry. Il se rappella la journée, il revoyait l'arrivée des élèves de Poudlard, le coup d'œil de Mara, leur transplanage lui dans les bras de son amour, le regard incendiaire de la jeune fille sur eux, leur combat dans la galerie, la sensation de choc, puis de brûlure, la douleur qui vrille et enfin les yeux de la serpentard posés sur lui, le pistolet à la main. Il entendait encore la voix sèche de son amour l'accusant de lui cacher sa blessure et son agresseur devant tous!

Harry, c'est pour toi que je l'ai fait! Tu m'as dit qu'il y avait eu si peu de choses entre vous... tellement peu qu'elle veuille me tuer par jalousie? M'as-tu menti Harry? Je ne peux pas le croire.

Une main lui broie le cœur à cette idée. Il se force à ouvrir les yeux une seconde fois pour les poser sur le corps allongé à ses côtés. Il rencontre un regard posé sur lui... son regard. Des pupilles un peu voilées par la tendresse, par le désir... et par l'amour?

  • Ça va, mon grand?

  • Oui... Il y a longtemps que je dors?

  • Non, à peine deux heures.

    Tu te sens assez en forme pour une petite discussion?

  • ...

  • Tu te rappelles on doit toujours parler de Mara et de Dean.

Harry se redressa et prit Jim dans ses bras avant de lui raconter l'histoire de la serpentard, son désir de vengeance sur Ron, son intégration au groupe, sa jalousie envers Hermione et l'amour des serpentards, les quelques baisers échangés, les fiançailles d'Hermione avec Draco, le statut de petite amie affiché alors qu'ils en étaient loin mais qui l'arrangeait bien lui car ça mettait une barrière entre lui et Ginny, son instabilité psychique, enfin le renvoi à Poudlard et la modification de sa mémoire.

  • Voilà, tu sais tout! Nous aurions dû parler de ça de suite, tu te serais peut-être méfié d'elle. Je suis désolé, Jim.

  • Je veux bien admettre tout ça mais pas de m'avoir reproché en criant devant tous de te cacher ma blessure. As-tu si peu de respect pour moi?

  • Je suis désolé, j'étais en colère et j'ai eu si peur rétrospectivement. Je n'ai pas pensé que tu attendais simplement le bon moment pour me le dire, puisque de toute façon on ne pouvait rien faire immédiatement pour te soigner. Je t'assure que ça ne se reproduira plus.

Jim referma les yeux et soupira. Il était tellement mature pour certaines choses et tellement impulsif pour d'autres.

  • Pourquoi si vous lui avez modifié la mémoire a-t-elle ce comportement?

  • On peut effacer les souvenirs mais jamais apporter ou modifier des sentiments ni non plus le fait que manifestement elle est quelque peu déséquilibrée. Elle ne te nuira jamais plus, Jim. J'ai averti aussi bien Minerva que Kingsley. Elle va bien entendu être renvoyée de Poudlard et éventuellement jugée, ça dépend de toi. Je pense que sa place est plus à Sainte Mangouste qu'à Azkaban.

  • Tu imagines le scandale, Harry.

  • Oui, mais tu as droit à la justice, compagnon du survivant ou pas.

  • Non! Je ne peux pas te faire ça! Et surtout pas maintenant! Déjà, si ils apprennent que tu as un petit ami.

  • Ah! fit en souriant Harry, ça si tu le veux bien, le monde sorcier le saura officiellement après le choix du nouveau ministre en juin.

  • Tu veux officialiser le fait que nous sortions ensemble? fit Jim abasourdi.

  • Le fait que nous vivions l'un avec l'autre, oui. J'aurai fini à Poudlard et je voudrais que nous habitions juste toi et moi.

  • Je ne sais pas quoi dire, je...

  • Dis juste : oui!

  • Je ne sais pas Harry. Je veux d'abord savoir ce que ça implique pour toi et pour ton image, je ne voudrais pas que tu y perdes ta réputation.

  • Arrête de vouloir me protéger. Je veux juste être heureux, j'en ai assez de me sacrifier pour le monde sorcier, fit le Survivant avec humeur.

  • Alors c'est oui.

  • Oui?

  • Oui!

Harry ferma les yeux, un sourire de pure félicité sur ses lèvres.



Ils descendirent main dans la main dans la salle à manger. Tous avaient fini mais dès que le châtelain les vit arriver, il s'éclipsa dans la cuisine.

Quelques minutes plus tard, une jeune femme vint poser devant eux une assiette de potage, puis leur plat et enfin leur dessert. La discussion autour de la table était générale et l'humeur était à la détente. Harry ne put s'empêcher de trouver cocasse le fait que les efforts d'Ombrage pour les mettre en difficulté leur apportait en général l'effet opposé. Cela avait été le cas à Cambridge, ce l'était encore cette fois.

Lord Spencer regardait le couple que formaient son fils et Harry, il avait craint une dispute après l'éclat de Harry dans la tour, il les retrouvait plus unis encore et manifestement épanouis. Le néerlandais se pencha vers lui pour lui souffler que c'était un plaisir de les voir ensemble. L'angoisse de l'attente avait manifestement fait réaliser aux politiciens à quel point ces jeunes sorciers étaient attachants.



Le lendemain matin, ils reprirent place autour de la grande table ovale mais le ton des débats avaient changé. Les sorciers répondaient avec bonne humeur aux questions les plus diverses. Enfin, ils établirent un programme de visites dans le monde sorcier incluant le Chemin de Traverse, la banque Gringotts l'après-midi même, le ministère de la magie, l'hôpital de Sainte-Mangouste, l'université le lendemain et enfin Poudlard et Pré au Lard le lundi suivant.

Se posa bien vite la question des transports, ils décidèrent d'un commun accord avec les politiciens et le châtelain qui comptait les accompagner, d'aller au Chemin de Traverse en transplanant chacun avec un sorcier. Il y avait vingt quatre personnes à transporter par dix-neuf sorciers, Harry prendrait Jim et son père, Kingsley et Liam prendrait chacun deux gardes du corps, le trio se chargerait de Sylvain et son grand-père qui étaient de la fête. Ils rentreraient à Paris le soir même. Pour le lendemain, Kingsley ferait la demande pour des portoloins. Ils étaient invités par Lucius pour déjeuner au manoir. Enfin le lundi, ils se retrouveraient à la gare de King's Cross pour aller à Poudlard. Ils rentreraient à Haultepenne par le réseau de cheminettes. Les représentants auraient ainsi fait le tour des moyens de transport utilisés sauf le magicobus mais étant donné la façon de conduire de Ernie Danlmur, c'était préférable.

En début d'après-midi, quarante et une personnes transplanèrent dans une ruelle discrète. Ils se retrouvèrent dans le hall de marbre blanc de la banque sous les grands lustres de cristal et devant le gobelin grimaçant de l'accueil. Le contact de Lucius à Gringotts leur fit visiter différents services, ils montèrent dans les wagonnets et s'enfoncèrent dans les boyaux sous-terre découvrant les différentes portes de coffre avec des numéros. Ils virent même un coffre vide ouvert. Enfin ils ressortirent de l'atmosphère lourde de l'antre des gobelins.

Ils flânèrent ensuite dans le Chemin de Traverse. D'un regard Draco et Harry s'étaient accordés pour former des petits groupes. Deux ou trois moldus étaient escortés du même nombre de sorciers. Ils n'avaient pas osé demander aux représentants de mettre des robes sorcières comme eux. Seuls Jim, son père et Joshua en avait revêtu une. Comme ils ne voulaient pas choquer la population en guidant une troupe de vingt moldus rassemblés, instinctivement c'était le seul compromis qu'ils avaient trouvé.

Ils s'attardaient devant les vitrines expliquaient l'utilité de chaque chose du balai aux chaudrons en passant par les hiboux et les livres sorciers. Harry arrêté devant la boutique de quidditch expliquait les règles du jeu quand le commerçant sortit pour le saluer et l'informer de l'arrivée du nouvel éclair de feu. Le groupe de Harry était composé du représentant néerlandais, du danois, du père de Jim et de ce dernier. Les moldus étaient impressionnés du respect accordé à l'Elu, rares étaient les sorciers croisés qui ne le saluaient pas au moins d'un signe de tête.

La boutique des jumeaux Weasley tenue maintenant par George et son amie Angelina remporta un franc succès auprès de Sylvain et des politiciens. Ils avaient changé un peu d'argent moldu en noises et en mornilles chez Gringotts et trouvèrent là une excellente occasion de le dépenser en de petits achats farceurs pour leur famille. Quant à Sylvain il ressortit les bras serrés autour d'un énorme sachet de choses diverses offertes par Harry qui avait acheté le tout en deux exemplaires, mettant de côté le second sachet sous l'oeil ému de Jim qui se doutait qu'il était destiné à un insupportable petit serpentard.

Chez Honey-Dukes, il regarda Harry remplir un sachet des bonbons qu'il avait dit avoir préférés. Quand il lui mit le sachet en mains comme lors de leur première sortie, ils échangèrent un long regard de tendre complicité. Jim se rappela son sentiment à ce moment là, il l'avait trouvé beau à Cambridge, là il l'avait trouvé troublant ce garçon qu'on disait hétérosexuel et qui lui offrait avec des gestes remplis de sensualité un morceau de son enfance. Ce jour là avait vu sa reddition avant même le début du combat.

Ils se retrouvèrent tous chez Fortarôme dans la nouvelle salle de dégustation de glaces du premier étage qu'il avait mis à leur disposition. Une fois de plus, ils répondaient aux questions des politiciens. Jim avait un petit air railleur, il se rappelait son propre étonnement quand il avait découvert le monde de son amour. Il sentit le poids de son regard et posa discrètement la main sur sa cuisse, une main tendre vint se nouer à la sienne lui faisant perdre un peu le suivi des conversations.

Il se remémorait leur discussion du matin et se posait la question de savoir pourquoi Harry avait retiré autant d'argent à la banque. Etait-ce pour ce qu'il croyait? Il lança un regard en coin vers lui mais il était occupé à répondre au néerlandais qui ne ratait pas une occasion de le monopoliser et, depuis le matin, Jim maîtrisait tant bien que mal son irritation. Il serra la main enlacée à la sienne, Harry répondit doucement en la caressant du pouce.

Il leur restait quelques boutiques à voir, puis ils visitèrent les locaux du Chicaneur dont Neville leur fit les honneurs. Lorsque ce fut fait, ils prirent d'assaut les tables de la terrasse préférée de Harry décorée de parasols multicolores. Ils terminèrent la journée en monde sorcier devant des bièraubeurres et des whisky pur-feu avant de rentrer à Haultepenne.





Ils voulaient passer une soirée calme en dehors de tout ce monde, se retrouver, se blottir, se ressourcer, ça leur était devenu indispensable. Ils avaient donc quitté tout le monde pour s'isoler dans leur chambre. Draco discutait de leur journée avec Hermione blottie dans ses bras. Ils n'avaient plus vu Teddy depuis cinq jours, il leur manquait. Il guettait les bruits provenant de la salle de bain où Sylas traînait à son habitude. Elle l'attira à elle pour un baiser passionné , il s'exécuta de bonne grâce, la renversant dans le canapé. Les mains perdues dans ses boucles soyeuses, il explorait sa bouche. Elle posa des petits baisers dans son cou, il la caressait doucement, avec sensualité.

Hermione se sentait bien dans ses bras et cette tendresse, pourtant elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il réservait maintenant sa fougue à Sylas. Ils étaient devenus tellement fusionnels. Elle savait que même sans s'en rendre compte, il ne la touchait plus jamais sans lui et Sylas faisait de même. Si elle passait des heures blottie dans les bras de l'un ou de l'autre en train de se faire câliner, il lui arrivait souvent maintenant de les trouver l'un contre l'autre chuchotant tendrement ou s'embrassant et elle avait difficile de l'accepter.

Avec le recul, elle était consciente d'avoir provoqué la situation avec son amour pour Sylas mais il y a longtemps que celle-ci lui avait échappé, en fait depuis la proposition de Draco de vivre leur amour à trois et l'acceptation de Sylas, ce qu'elle avait considéré comme une ultime preuve d'amour de ce dernier. Elle avait compté sans l'amour profond qui s'était développé entre eux.

Une des mains de Draco quitta son corps pour attirer à lui l'arrivant qui s'assit contre lui avec un soupir de bien-être. Ils se mirent en symbiose à trois pendant un long moment avant d'aller se coucher. Elle était serrée dans les bras de son ange qui l'embrassait avec amour, cet amour dont elle était sûre, le pacte le lui confirmait chaque jour mais il lui racontait aussi celui infini que se portaient ses deux hommes. Elle s'endormit blottie entre eux sachant qu'ils ne passeraient pas toute la nuit loin l'un de l'autre, elle les retrouverait certainement ayant changé de place au matin.



Après une soirée passée à évoquer ce qu'ils avaient découvert pendant la journée et ce à quoi ils devaient s'attendre le lendemain, les représentants les avaient quitté pour rentrer à leur hôtel.

Les jeunes sorciers et Jim se retrouvèrent enfin entre eux. Harry attira Jim dans ses bras et alluma la télévision pour voir les informations puis une émission musicale pour les jeunes. Erwin, éreinté par la journée alors qu'il était encore mal rétabli, était étendu sur un canapé sa tête posée sur les genoux de Jimmy, Liam et Ginny qui n'était pas rentrée la veille avec la directrice discutaient à voix basse assis côte et côte, Violaine sommeillait blottie contre Jareth.

Charlie contemplait ses élèves et amis, son préféré, Draco, n'était pas là, c'était souvent son interlocuteur du soir avec Sylas. Il aimait son humour railleur parfois féroce. Il appréciait aussi l'intelligence sensible de Sylas mais prenait plus de plaisir à provoquer la hargne de Draco en le contrariant, il n'en fallait pas beaucoup pour qu'il démarre au quart de tour. Ils se lançaient alors dans des controverses interminables et si ça dérapait parfois, il savait que Sylas avec doigté calmerait le jeu et son amant avec un sourire tendrement moqueur.

Quand il avait entendu parler de leur pacte d'alliance, connaissant le caractère possessif de Draco, il avait pensé que ça ne marcherait jamais. Il devait reconnaître qu'il avait tort, les deux garçons s'entendaient à merveille et s'aimaient autant qu'ils aimaient Hermione. Cette dernière semblait par contre effacée devant ses hommes beaux, brillants et charismatiques chacun à leur manière, éclatante chez Draco toute en nuance chez Sylas. Si ils décidaient de se consacrer à la politique, ils constitueraient un binôme particulièrement intéressant et redoutable.





Le vendredi matin, ils commencèrent par visiter l'hôpital de Sainte-Mangouste, puis le ministère de la magie. Bien entendu, Kingsley, Lucius et Arthur les guidaient dans leur univers et répondaient à leurs questions. A plusieurs reprises, Jim intervint posant des questions pertinentes et pointues sous l'oeil étonné des politiciens et de Lucius.

Au Manoir Malefoy, ils furent reçu par une Narcissa souriante.

  • Papa! Papa! babilla Teddy qui courut sur ses petites jambes encore incertaines se jeter dans les bras de son père accroupi pour le recevoir.

Il y eut un moment de flottement quand le bébé voulut passer des bras de Draco à ceux de Sylas en l'appelant Papa aussi. Draco éclata de rire tout en le posant dans les bras de son homme, les prenant tous les deux dans ses bras. Ils avaient oublié tous les yeux qui les regardaient et, il faut bien l'avouer, l'attente d'Hermione. Ce n'est que quand le petit gazouilla « Maman » que Sylas le passa à Hermione.

Les politiciens quant à eux étaient assez choqués de ce qu'ils venaient de découvrir, un couple de jeunes mariés de dix-huit ans à peine qui se révélaient être parents d'un enfant d'environ un an et dont un des deux avait manifestement une relation adultère homosexuelle avec leur meilleur ami.

  • Je pense qu'il va falloir que vous expliquiez votre relation, fit Harry doucement une main posée sur l'épaule des deux garçons.

  • Je crois aussi qu'il est temps, fit Lucius en les invitant tous à le suivre dans le grand salon pour prendre l'apéritif.

  • Moi pendant ce temps, je vais discuter sérieusement quidditch avec mon filleul, fit Harry sortant de sa poche un petit cadeau qu'il agrandit et qui se révéla être un petit balai pour enfant fort semblable à celui qu'il avait vu sur les photos le représentant au même âge que Teddy avec ses parents.

Avec patience, il expliqua à l'enfant comment se cramponner au balai puis celui-ci doucement démarra, volant à vingt centimètres du sol. Le petit riait aux éclats entre Jim et Harry qui marchaient de part et d'autre de lui pour remédier à un éventuel problème. Ils vinrent ainsi rejoindre tout le monde au salon.

Draco expliquait le pacte d'amour et le lien entre lui et Hermione. Il raconta la franchise et le serment inviolable de Sylas consacrant sa vie à défendre Hermione. Il parla de l'amour de Mia pour leur ami, de la naissance de sa tendresse pour Sylas puis de son amour, de sa demande de vivre à trois et enfin de la transformation du pacte d'amour en pacte d'alliance officialisé.

  • Vous voulez dire que dans le monde sorcier il y a des unions légales de trois personnes?

  • Il n'y avait plus eu de pacte d'alliance depuis trois cents ans, répondit Lucius, c'est un contrat sorcier qui ne se réalise que si les conditions sont remplies; si les trois personnes vouent leur vie aux deux autres et le contrat est passé jusqu'à la mort. Il n'est pas choisi par les jeunes sorciers, il s'installe de lui-même quand l'amour des jeunes gens atteint le niveau voulu.

  • Et l'enfant est de qui? questionna la représentante grecque.

Les personnes présentes sursautèrent de son sans-gêne.

  • La guerre contre le mage noir a fait bien des victimes et parmi elles ma cousine qui était auror et son mari qui était professeur à Poudlard, ils étaient les parents naturels de Teddy. Quand Draco et Hermione qui était alors sa fiancée l'ont adopté il avait quatre mois, il aura un an la semaine prochaine.

  • Vous avez dit que le contrat sorcier est passé jusqu'à la mort?

  • Oui. Si l'un décède, les autres le suivent, mais c'était déjà le cas du pacte d'amour, expliqua Lucius.

Les moldus étaient bien trop choqués pour émettre des commentaires.

Les politiciens regardaient Sylas qui avait pris sur ses genoux le bébé qui lui gazouillait de grands discours que personne ne comprenait mais auxquels le jeune sorcier répondait gravement avec un regard mouillant d'amour. Le représentant Danois voulut poser une question à Draco mais s'interrompit devant la vision que leur offrait le jeune sorcier qui couvait son amant et son fils d'un lumineux regard acier pailleté de bleu. Il tourna alors la tête vers la jeune femme, elle les observait avec un sourire tendre et rêveur. Aurait-il la chance un jour d'aimer autant que ceux-là?

Le repas fut délicieux et plein de découvertes pour les représentants européens et leur suite. Les elfes de maison d'Astor's Lodge et Fiane et Niéré, étaient venus renforcer ceux du manoir Malfoy et servaient le repas composé uniquement de plats de la cuisine sorcière.

Ils terminèrent par la visite de l'université sorcière de Cambridge. Ils y accédèrent par le réseau de cheminette prévu par Lucius. Les elfes de maison attendaient rassemblés dans le hall.

  • Bonjour Maître Harry, Maître Jim.

  • Bonjour Ballic. Bonjour à tous. Où en sommes nous?

  • Depuis la semaine dernière, nous avons terminé le nettoyage du parc, ils restent les plantations. L'installation du réseau informatique est finie.

    Nous attendons les meubles pour l'aile des logements, les chambres sont presque toutes repeintes.

Ils firent tout le tour de l'université avec leurs invités.

  • Ballic?

  • Oui Maître Jim?

  • Où est le grand écran qui devrait être dans mon amphithéâtre?

  • Je ne sais pas Maître, l'installateur n'a rien dit.

Jim ouvrit un tiroir, prit un agenda et téléphona à la firme après son écran montrant son mécontentement d'une façon sèche qui ne lui était pas habituelle. Sir Spencer le regardait faire.

  • TON amphithéâtre, Jim?

  • Oui, Papa. Je vais partager les années suivantes entre les cours de politique moldue que je vais donner ici et les cours que je suivrai ici aussi pour apprendre le monde sorcier. Je ferai ça le temps qu'il termine des études équivalentes aux sciences politiques.

  • Tu es brillant, Jim, tu pourrais espérer une très belle carrière dans la diplomatie internationale.

  • Mon avenir, c'est lui. Je serai le diplomate du monde sorcier. Je suis certain qu'il y aura bien des conflits à gérer. D'ores et déjà, je crois que cette conférence, sera un succès, mais ils vont être obligés d'ouvrir leur monde. Ils le feront le moins possible, j'en suis sûr, et certaines choses resteront cachées à jamais mais ce sera déjà trop. Le monde moldu est incapable de comprendre un monde où rien n'est rationnel. Tu n'as vu, Papa, que la partie immergée de l'iceberg.

    Il y a chez eux des créatures fantastiques qui font partie de notre mythologie, les licornes, les phénix, les dragons, les basilics... Il y a des lycans, des centaures, des géants et des vampires... et je ne sais pas encore tout, j'en découvre chaque jour dans les récits de Harry.

    Que crois-tu que notre monde fera de ses naïfs qui croient que l'honneur et le respect de l'ennemi ont encore un sens. Pour eux la plupart de nos ambitieux seront autant de nouveaux Voldemort. Le premier mot d'ordre de Harry quand il dirige une opération c'est : pas de mort. Alors que nous faisons cent quarante mille victimes en lâchant une seule bombe sur d'innocents civils. Lucius et Draco n'étaient pas dans le même camp que Harry dans cette guerre fratricide particulièrement infâme que livrait Voldemort. Pourtant c'est lui qui les a sortis de la prison d'Azkaban! C'est lui encore qui a donné une seconde chance à Draco et une ènième à Lucius. Si il est devenu le meilleur ami de Draco, il se méfie encore du second dévoré d'ambition, pourtant ils se battent ensemble pour le lendemain d'un monde sorcier.

    Je n'ose penser à la réaction de nos scientifiques quand ils verront leurs dons de guérisseurs, quand ils verront leurs façon de se déplacer. Même le quidditch ne sera pas préservé, j'en suis sûr! Mon pauvre Harry quand il va voir tout ça...

  • Nous pouvons soulever le problème mais j'ai bien peur qu'il soit déjà trop tard, bien trop tard. Les recteurs de Cambridge, les firmes qui ont installé le réseau à l'université et les différents services des ministère de quinze pays, trop sont déjà au courant... On va essayer de définir une soupape de sûreté mais je ne suis pas persuadé qu'elle freinera vraiment le phénomène mais on va essayer.



Ils dînèrent dans le futur restaurant universitaire et quittèrent tard les lieux. Les politiciens jetèrent un dernier regard au grand hall éclairé de centaines de bougies en lévitation qui formait un magnifique plafond lumineux, ce fut leur dernière vision de l'université sorcière. Ils regagnèrent le château de Haultepenne pour la dernière réunion de la semaine. Le père de Jim aborda de suite le problème de la confidentialité et obtint que la discrétion soit de mise le temps de terminer la conférence où on aborderait le problème de façon plus sérieuse. Jim lança un regard de remerciement à son père. Les sorciers répondirent à une foule de questions mais Sir Spencer s'aperçut que certains problèmes n'étaient jamais abordés ou soigneusement contournés.

Les deux jours suivant furent consacré à la détente, à la visite de la ville belge. Les jeunes sorciers firent aussi la navette avec l'hôtel Saint-Maur.



Le lundi matin, avec Sylvain qu'ils avaient été chercher à Paris, ils arrivèrent à la gare de King Cross. Discrètement par groupe de deux ou trois, ils rejoignirent la voie 9 ¾ et le Poudlard Express qui les attendait. Quand il s'agit de traverser le mur, aucun moldu n'hésita à suivre son guide sorcier. Draco comme Jim avant lui comprit que sauf incident majeur le pari était gagné. Il fit part de ses réflexions à Sylas qui lui souffla que les négociations allaient maintenant commencer pour obtenir des conditions valables pour une coopération la plus discrète possible entre les deux mondes. Sans le savoir, il rejoignait l'opinion de Jim.

Harry était particulièrement content comme chaque fois qu'il partageait avec son amour un morceau de son enfance. Il racontait en chuchotant la découverte du quai en première année, puis la naissance de son amitié avec Ron et Hermione, l'attitude insultante et pleine de morgue de Draco à chaque voyage de rentrée scolaire, son évanouissement lors de la visite du train par les détraqueurs et sa rencontre avec Remus Lupin un des meilleurs amis de son père et le papa biologique de Teddy, son aventure dans le wagon des serpentards en sixième année qui lui avait valu un nez cassé par Draco...

Comme d'habitude Jim avide de tout savoir de lui écoutait Harry les yeux brillants. Enfin, il lui décrivit le dernier voyage en date qui lui semblait pourtant déjà lointain tant il était arrivé de choses depuis. Le changement d'attitude de Draco, son entente immédiate avec Hermione, sa demande de sortir avec sa sœur de cœur, le comportement de Ron et le début de son amitié pour le serpentard nouvelle cuvée.

  • Tu l'aimes autant qu'Hermione, hein? interrogea Jim avec une pointe de jalousie que Harry ne perçut pas.

  • Oui, c'est vrai. Il est le frère que j'aurais voulu avoir. Draco et moi c'est un passé commun, ce sont des sentiments forts même si c'était de la haine, il a occupé ma vie pendant des années autant que mes amis! En sixième année, il était devenu une véritable obsession. J'avais tellement peur de le découvrir avec la marque que je lui en voulais à lui rien que pour cette idée qui me taraudait jour après jour. Ça a été tellement loin cette année là que nous avons failli nous entretuer, fit-il rêveur, je ne maîtrisait plus ma colère, je lui ai lancé, sans le connaître, un sortilège de découpage, j'étais là devant lui, le regardant se vider de son sang, tétanisé... C'est Rogue qui est intervenu. Je m'en veux encore maintenant.

    Si quelqu'un m'avait dit du petit snobinard insupportable, orgueilleux comme un paon, qui traitait mes amis comme des lépreux offensant sa vue, qu'il deviendrait mon meilleur ami, je l'aurai fait interner à Sainte Mangouste. Pourtant, un peu plus d'un an après, je ne pouvais trouver mieux que lui pour prendre soin de ma meilleure amie.

    Lui connaissait Sylas depuis sept ans puisqu'ils sont en classe ensemble depuis leur arrivée à Poudlard, moi il ne fait partie de ma vie que depuis huit mois comme Erwin. J'aime beaucoup le caractère de Sylas et je sais qu'il veillera sur eux plus que sur sa propre vie. Il est d'un courage étonnant, c'est quelqu'un de solide sur qui Draco pourra toujours s'appuyer et qui l'aidera à affronter ses périodes d'incertitude. Je crois que je l'admire notre beau serpentard brun, fit-il en souriant moqueusement.

  • Draco aime plus Hermione ou Sylas, tu crois?

  • Avant je t'aurais répondu Hermione sans hésiter maintenant je ne sais plus. Le principal c'est qu'ils soient heureux tous les trois car il n'y a pas de retour en arrière possible. Ils vont déjà être libérés de cette crainte d'Antoing, mais il va leur falloir affronter la prophétie.

  • Toi aussi, Amour.

  • Moi aussi mais cette fois je l'affronterai avec toi et c'est toute la différence, fit-il en posant ses lèvres sur la main qu'il tenait dans la sienne, parce que je t'aime.

 

 

 

bar3c


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19-02-2010, 17:17:22 Licorne
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